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Etat d’urgence: « Hier comme aujourd’hui, résistons à toutes les barbaries ! »

Communiqué confédéral du 29 novembre 2015

 Hier comme aujourd’hui, résistons à toutes les barbaries !

 Suite aux terribles attentats du 13 novembre dernier, la situation sécuritaire et répressive a pris une dimension très particulière. Interdictions de manifestations, perquisitions administratives, gardes à vue : l’usage politique fait par le gouvernement de l’état d’urgence a conduit ces derniers jours à la multiplication des interventions dans des milieux militants – notamment écologistes – et à de nombreuses assignations à résidence pour motifs politiques. Notre organisation n’est pas en reste : une maraîchère bio et son compagnon ont subi une perquisition à leur domicile en Dordogne, sans que rien ne le justifie, tant au préalable que par la suite. De même, une réunion publique a été interdite dans le Val-de-Marne. Partout en France, les squats et les militants syndicaux, politiques ou associatifs, sont frappés par les mesures dérogatoires au Droit qu’implique l’état d’urgence.

 Les chiffres sont éloquents : moins de 10% des perquisitions administratives ordonnées par les préfets ont abouti à des interpellations. Il est donc évident que l’objectif de l’état d’urgence est bel et bien de réprimer le mouvement social dans un contexte intérieur et international particulièrement tendu.

Sur le plan intérieur, le gouvernement cherche à pratiquer la politique de la peur pour museler les opposants à sa politique antisociale qui ne cesse de détruire tous les acquis sociaux, allant jusqu’à vouloir réduire le code du travail à sa plus simple expression. Afin d’asseoir sa politique internationale hyper agressive et guerrière, il s’efforce de faire taire toutes les voix discordantes dans l’union nationale qu’il tente d’imposer, notamment autour de la COP 21 en interdisant toutes les manifestations initiées par la société civile. C’est ainsi qu’il faut analyser les affrontements de ce dimanche 29 novembre à Paris. Ils ne sont que la conséquence de l’interdiction de manifester formulée par les autorités, leurs donnant ainsi prétexte de réprimer les manifestant-e-s ayant osé braver l’interdiction et se retrouvant interpellé-e-s par dizaine, voire par centaines, sans compter les centaines de contrôles d’identités. La CNT exprime toute sa sympathie et sa solidarité à ces camarades, elle exige leur libération immédiate et qu’aucune poursuite ne les vise !

 En termes de politique étrangère, après avoir invité en janvier dernier les pires dictateurs de la planète, voilà que le président de la République s’en va avec son bâton de maréchal frapper à toutes les portes pour trouver ici des soldats, là des avions, dans l’objectif de former une coalition militaire internationale allant de Poutine à Bachar el-Assad, en passant par la Chine, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Qatar, ces pays de haut niveau en matière d’exigences démocratiques et de respect des droits de l’Homme. Mais il est vrai que la France a communiqué publiquement son intention de déroger à la Charte européenne des droits de l’Homme… Elle le fait déjà sur son sol en frappant son propre peuple et notamment ses classes populaires, pourquoi se gênerait-elle ailleurs ?

La CNT s’étonne du maintien de grandes manifestations sportives et des marchés de Noël ainsi que de l’ouverture des centres commerciaux – toutes activités générant de gros profits – alors que dans le même temps, les droits syndicaux, politiques et démocratiques sont menacés, voire déjà suspendus.

Fière de son histoire et héritière de celles et ceux qui ont participé aux combats pour la liberté tout au long de ces dernières décennies – de la résistance à la libération de Paris du joug fasciste, des luttes syndicales ayant permis l’amélioration des conditions de travail à celles pour les droits des femmes et de toutes les minorités – la CNT est solidaire de toutes les initiatives visant au maintien des libertés individuelles et collectives. Elle revendique le respect intégral du droit de manifester et de s’opposer à la politique du gouvernement ainsi que les droits d’expression et d’organisation. Elle appelle à s’opposer à l’application de l’état d’urgence en participant partout où cela est possible aux diverses initiatives populaires, syndicales, politiques ou associatives allant dans ce sens. Vaincre le fascisme vert de Daesh, bleu du FN ou rose du PS passe par le combat populaire pour le maintien des acquis sociaux et démocratiques, qui ne doivent pas sombrer ni vaciller dans cette période si trouble mais pourtant charnière quant à l’avenir de nos sociétés.

La CNT tient à réaffirmer ici sa plus totale solidarité avec les victimes des tueries du 13 novembre, tout comme avec celles et ceux qui subissent les fanatismes politiques et religieux de par le monde, en Turquie, au Liban, au Mali, au Kurdistan et ailleurs. Notre solidarité n’est pas et ne sera jamais nationale. Elle est internationale et cohérente entre nos désirs de vie ici et le respect de la vie des autres là-bas.

 La CNT.

Le communiqué en pdf ICI

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Contre les politiques discriminatoires de la gauche: solidarité avec les Roms !

Pendant ces 5 dernières années, les sans-papiers et les migrant-e-s n’ont cessé-e-s d’être contrôlé-e-s, chassé-e-s, battu-e-s, et expulsé-e-s. À Calais ou dans les autres villes, la traque contre les « indésirables » était quotidienne. C’était le temps du régime Sarkozy. Mais aujourd’hui nous sommes en pays socialiste ! Tout va mieux ! Quoique…

Ceux qui il y a trois mois encore étaient de farouches défenseurs des droits des Roms et qui fustigeaient les politiques inhumaines de la droite semblent prendre le relais des Hortefeux et Guéant, ces « anciens » militants de l’extrême droite radicale.

En effet, jeudi 9 août 2012, l’État socialiste a organisé l’évacuation de plus de 300 Roms séjournant sur des terrains municipaux à Villeneuve d’Ascq et Hellemmes. Les caravanes et certaines voitures ont été confisquées sans possibilité apparente de restitution, certain-e-s sont menacé-e-s d’expulsions, et des familles entières avec enfants en bas âges se retrouvent à la rue dans les pires conditions.

Pour mener cette sale besogne, 150 policiers ont été mobilisés, soit un pour deux personnes ! Autant dire que les socialistes n’y vont pas avec le dos de la cuillère. D’ailleurs, les expulsions se multiplient dans tout le pays : 240 personnes ont même été expulsées par charter à Lyon. Manuel Valls, celui qui réclamait plus de « whites » lorsqu’il se promène dans des quartiers populaires, mène selon ses propres mots une croisade contre « des organisation criminelles » ! Belle leçon d’antiracisme « camarade » !

La commission européenne a suite à cette vague de harcèlement, à nouveau placé la France sous surveillance afin de s’assurer que la France respecte ses engagements en matière de respect des droits fondamentaux des individu-es.

Pour la CNT, il est intolérable de constater de tels agissements, qui plus est de la part d’un gouvernement qui a su leurrer de nombreuses personnes à grand renfort de discours humanistes, mais qui ne fait que perpétuer les politiques racistes menées par l’UMP ces dernières années.

Nous soutenons les initiatives qui permettront aux Roms expulsés de retrouver un logement décent et qui leur permettront de vivre là où bon leur semble. Pour nous, cette lutte ne peut être efficace et démocratique que par l’auto-organisation des Roms pour la reconquête de leurs droits les plus élémentaires.

Alors que la « crise » du capitalisme creuse de plus en plus les inégalités sociales et prive des milliers de personnes de leurs emplois, nombreux sont celles et ceux qui souhaitent rejeter la faute sur les étranger-e-s, les sans-papiers, les migrant-e-s, les Roms etc. Nous ne sommes pas dupes de cette manœuvre et savons pertinemment que celui qui nous exploite n’est pas le ou la collègue immigré-e, mais les patrons qui s’engraissent sur nos défaites.

Internationaliste, la CNT Lille réaffirme son attachement à la liberté de circulation et d’installation des individu-e-s et souhaite la mise en place d’un véritable rapport de force permettant d’exiger la fin de ces politiques discriminatoires et obtenir des logements décents pour les Roms.

Les travailleur-se-s n’ont pas de pays, les travailleurs-se-s n’ont pas de patrie ! Solidarité internationale !

Le 17 août 2012

Union locale des syndicats CNT de Lille
- site internet : http://www.cnt-f.org/59-62/
- adresse mail : ul-lille@cnt-f.org

[Tract ] 29 février: Rassemblons nous pour promouvoir et préparer la grève générale ! Contre le capitalisme, ses crises et son austérité !

Encore un appel intersyndical à sortir la tête du trou une journée (le 29 février), pour mieux l’y enfouir de nouveau le lendemain. Encore une fois on nous dissuade de faire grève en faisant mine de nous y appeler.
Cette fois, la « mobilisation » se veut européenne, c’est déjà un progrès par rapport aux simulacres de contestation que les bureaucrates syndicaux du monde mettent en scène en ordre dispersé. L’appel émane de la Confédération européenne des syndicats (CES), organisme intégré aux structures de l’Union européenne qui regroupe la plupart de ceux qui ont renoncé à défendre les intérêts des travailleurs pour mieux collaborer à la gestion du système qui nous broie chaque jour un peu plus. En France, il est à peine relayé et promet d’être assez peu suivi. Les fossoyeurs de la lutte de classe sabotent eux-mêmes leur démonstration de faiblesse.
Pourtant, les raisons ne manquent pas de retrouver les chemins d’une lutte radicale contre le capital et ses États. Celle invoquée ici, le refus des plans d’austérité, est même excellente : il s’agit d’affirmer que les travailleurs – nous, vous, toi – ne sont pas disposés à payer les dégâts de la crise du capital. Les exemples ne manquent pas non plus, d’Oakland à Athènes, de travailleurs résolus à mettre des bâtons dans les roues de l’exploitation, à affronter, physiquement si nécessaire, les classes dominantes. Malgré les hésitations, malgré toutes les trahisons de la gauche politicienne et syndicale, la perspective qu’ils indiquent est la seule à même de nous sortir par nous même de l’impasse capitaliste, ses bases sont :

– l’action directe, celle entreprise par les travailleurs eux-mêmes, sans intermédiaire en cravate ni délégation de pouvoir ;
– la démocratie directe, la souveraineté des assemblées de base, horizontales et librement fédérées ;
– la solidarité de classe, par delà les frontières et les corporatismes ; le refus des fausses solutions réformistes et électoralistes, qui ne sont que renoncements et plans de carrière ;
– la grève générale, pour couper les vivres aux puissants, débrancher l’aliénante machine à profit, pour enfin vivre et construire ensemble la société.

En Espagne, durant l’automne dernier, divers mouvements anti-autoritaires et révolutionnaires (à l’initiative des organisations syndicales libertaires et d’une partie du mouvement des « indignés ») ont entamé un regroupement unitaire à la base dans le but de populariser un moyen d’action radical (grève générale illimitée) et une revendication largement consensuelle (l’arrêt des plans d’austérité et la contestation globale de ce système d’exploitation). Ils n’en sont certes pas encore à faire la révolution, mais du moins leur voix ont plus d’échos qu’en agissant séparément.
Au delà des déclarations de principes, c’est une dynamique similaire que nous devons mettre en place, avec tous ceux qui souhaiteront s’y associer, en veillant toutefois à ne pas faire le jeu de fractions politiciennes ou bureaucrates, quelles qu’elles soient. Le point de départ pourrait être l’appel européen pour une journée d’actions anti-capitalistes le 31 mars, lancé par diverses organisations révolutionnaires anti-autoritaires (syndicales, anti-fascistes, libertaires autonomes…). Plus d’informations sur le site http://march31.net/

… C’est sur nos propres efforts qu’il faut compter pour que cette journée ne reste pas sans lendemain.

Pour afficher le tract en pdf, cliquez sur l’image

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Rassemblement à Besançon le 29 février

11h – Place de la Révolution

[Confédéral] Austérité: Un 29 février insuffisant !

Les différents plan d’austérité décidés dans chaque pays européen ne manquent jamais d’instaurer des sacrifices sociaux supplémentaires. La Grèce et l’Espagne viennent encore de le subir de plein fouet ces derniers jours, les travailleurs étant une nouvelle fois utilisés pour sauver les bénéfices des plus riches.

Face à cet état de fait alarmant la riposte reste toujours aussi mesurée et l’intersyndicale nationale n’a pas réussi à se mettre d’accord sur autre chose qu’une simple journée de mobilisation, excluant majoritairement le recours à la grève.

Pourtant à l’opposé de la nécessité d’une quelconque « Union Nationale » que la majorité des candidats à la présidentielle tentent de nous faire gober, en nous promettant « du sang et des larmes », il est urgent de porter un autre discours. Un discours qui fasse appel à un véritable partage des richesses. Car les bénéfices sont toujours largement redistribués à ceux qui en ont le moins besoin. Si le chiffre des bénéfices du CAC 40 pour 2011 n’est pas encore tombé, ceux du premier semestre montraient déjà une hausse de plus de 10%.

Bref, l’argent est là, il ne reste qu’à défendre un autre discours et un autre projet de société. C’est ce que feront certains syndicats de la CNT en se joignant aux mobilisations du 29 février pour défendre l’idée d’une solidarité internationale entre les travailleurs et la nécessité d’une grève générale, seule à même d’amener le rapport de force permettant d’obtenir une redistribution des produits du travail.

La CNT poursuit d’ailleurs sur le terrain sa campagne « pour un partage égalitaire des richesses. »

Par le Secrétariat Relations Médias de la CNT

Un quizz pour bien débuter l’année…

La fin de la trève des confiseurs approche, aussi pour bien commencer l’année, la CNT propose un petit jeu :

> Quel est le pays européen qui compte le plus de millionnaires ?
A : La France
B : La Suisse
C : L’Angleterre

> Quel est le montant annuel des niches fiscales créant artificiellement des déficits ?
A : 50 milliards d’euros
B : 5 milliards d’euros
C : 500 millions d’euros

> Dans quel pays les 0,5 % des foyers les plus riches sont-ils le moins soumis aux impôts sur le revenu et sur le patrimoine ?
A : La France
B : Les Etats-Unis
C : L’Angleterre

Alors ?

Si vous avez coché triple A, vous avez gagné !

Et oui d’après les calculs du Crédit Suisse, c’est bien la France qui a le plus de millionnaires en Europe. De son côté, l’inspection des Finances décompte plus de 50 milliards attribués aux niches fiscales. Si une partie est constituée par des aides sociales, plus de la moitié profite aux plus riches ou est jugée inefficace par ce même rapport. A ces 50 milliards s’ajoutent les 30 milliards d’exonérations patronales. Pour rappel, les déficits cumulés des régimes de retraites et de la Sécu sont de 37 milliards d’euros pour 2010.

D’après une étude de l’économiste Thomas Piketty, le taux d’imposition des ménages les plus riches était le plus faible en France, avec un taux d’imposition de 21,5 %.

Effectivement, les richesses existent, le PIB de la France (la production des richesses)  n’a jamais été aussi haut et la situation sociale actuelle est bien le résultat de choix dans la répartition des richesses. Mais les exonérations salariales et fiscales ne sont pas le seul levier qui a permis la création des déficits qui servent aujourd’hui à liquider les différents avantages sociaux.

En effet depuis 30 ans, le poids des salaires dans le PIB a diminué de plus de 10 %. C’est à dire que si la répartition du gâteau des richesses produites était resté la même, aujourd’hui il y aurait plus de 120 milliards d’euros supplémentaires distribués aux revenus du travail. Autant de salaires et de cotisations sociales en plus. Car aujourd’hui ces 8% existent toujours, mais, par les conditions imposées par le patronat et le pouvoir politique, ils sont revenus à la rémunération des dividendes et aux revenus du capital. Ces 8% de PIB se retrouvent par exemple dans les plus de 40 milliards de bénéfices reversés en 2010 par le simple CAC 40.

Bref, la nouvelle crise imposée par les tenants des pouvoirs économiques et politiques est une nouvelle excuse pour nous soumettre un peu plus aux lois du marché. Une autre répartition des richesses est possible et il est urgent d’organiser une riposte sociale d’envergure. En ce début d’année 2012, la CNT poursuivra donc sa campagne « Pour une répartition égalitaire des richesses ! » afin de convaincre la population de la possibilité d’imposer une autre politique.

Le Secrétariat Relations Médias de la CNT

Site Internet : www.cnt-f.org
Courriel : relations-medias@cnt-f.org