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[Besançon] Résumé de la manifestation du 12 septembre

C’est sous la pluie que près de 2000 personnes se sont rassemblées le 12 septembre à Besançon pour manifester notamment contre la loi travail XXL d’Emmanuel Macron. Localement, de nombreux syndicats du public et du privé étaient présents, même ceux n’appelant pas à la grève au niveau national.

Le cortège, compact et animé, a commencé par bloquer le tram Place de la Révolution, avant de sillonner le centre et de ponctuer son avancée par des slogans, des distributions de tracts et… de la peinture. Quelques banques, agences immobilières ou locaux administratifs ont subi – de façon méritée – les assauts de quelques bombes… de peinture ! Les distributeurs étant – étonnamment ?! – protégés par un membre, voire plusieurs, de la milice du capital, à savoir… la police nationale.
Cette manif s’est terminée sous le soleil, à voir pour les prochaines… car la rentrée sociale s’annonce chargée !
Toutes et tous uni.e.s contre Macron et ses sbires, pour abattre le capitalisme et construire une société libertaire et solidaire !

 

 

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[Besançon] Solidarité face à la répression – Mercredi 31 mai à partir de 9h30 devant le TGI

Solidarité face à la répression !

Solidarite31maiCette année 2016-2017 a vu un déferlement répressif à l’encontre des luttes sociales et de celles et ceux qui n’entendent pas se résigner au rouleau-compresseur du capital et de l’Etat. Que ce soit contre l’austérité à l’université, ou bien dans la rue et devant les lycées contre la mascarade électorale, il existe encore des individus qui refusent d’abdiquer en se faisant entendre dans la rue et leurs lieux de travail et d’étude.

Ainsi, ce mercredi 31 mai 2017, quatre personnes seront déférées devant le TGI de Besançon pour leur participation à ces luttes :

Pour l’occupation de la Maison de l’Université du 22 novembre, un étudiant est inculpé pour « intrusion ; outrage et violence aux forces de l’ordre ; refus de prélèvements d’empreintes et d’ADN ». Cette action visait à empêcher la tenue du Conseil d’Administration de l’Université, qui s’apprêtait alors à voter des mesures d’austérité (suppression de filières, diminution d’heures de cours à l’UFR SLHS). Ce jour-là, plusieurs centaines de personnes ont investi le hall d’entrée du bâtiment. Un groupe d’étudiant.e.s a tenté de monter à l’étage pour empêcher le vote, mais les policier.e.s sont intervenu.e.s violemment, n’hésitant pas à frapper sur les doigts d’une étudiante suspendue dans le vide à coups de matraque. La répression à la fac de lettres a franchi un nouveau palier le 14 février 2017, lorsqu’une vingtaine d’étudiant.e.s a fait irruption dans cette même salle de réunion afin d’empêcher le vote entérinant la sélection en master. Le président de l’UFC, Jacques Bahi, a eu recours aux forces de l’ordre, qui ont déboulé à une quarantaine pour expulser et placer en garde à vue (allant jusqu’à 24h pour la plupart et jusqu’à 45h pour les deux soi-disant « meneurs ») ces récalcitrant.e.s à la marchandisation de l’université. Des poursuites judiciaires sont également à prévoir.

Dimanche 7 mai, peu de temps après la dispersion de la manif « contre la mascarade électorale » à l’occasion du 2ème tour des élections présidentielles, deux manifestants ont été arrêtés par la police puis placés en GAV pour 24h. Ils sont poursuivis pour des « dégradations » sur des banques.

Enfin, lors du blocus au lycée Pasteur contre « la mascarade électorale » mardi 9 mai, une lycéenne a été arrêtée puis emmenée au poste pour « outrage et violences à l’égard des forces de l’ordre ». Son tort ? Avoir pris la défense d’une de ses potes prise à partie par les policier.e.s (insultée et bousculée).

Toutes et tous devant le TGI (rue Mégevand, en face de la mairie) mercredi 31 mai dès 9h30 pour montrer notre solidarité avec les quatre personnes inculpées !

La répression ne fera jamais taire la rébellion ! La solidarité est notre arme !


Par ailleurs, un militant libertaire bisontin est poursuivi pour « diffamation » à l’encontre d’un responsable des expulsions de sans-papiers à Besançon, le secrétaire général de la préfecture du Doubs, Jean-Philippe Setbon. Il passera en procès le mercredi 7 juin pour avoir publiquement dénoncé la politique inhumaine de la préfecture du Doubs à l’encontre des migrant.e.s sur le blog du « Libertaire Bisontin » (plus d’infos sur https://lelibertairebisontin.wordpress.com et sur https://nantes.indymedia.org/articles/35853).

Affichons notre solidarité et soyons présent.e.s au TGI ce mercredi 7 juin à 13h30.

Voir / Télécharger le tract au format PDF

[Besançon] Contre la mascarade électorale, prenons la rue ! (Dimanche 7 mai à partir de 20h place de la Révolution)

Nous relayons l’appel de « Génération Ingouvernable Besançon », qui appelle à manifester le soir du 2ème tour des élections présidentielles à partir de 20h place de la révolution.

NI LEPEN NI MACRON, NI PATRIE NI PATRON – REVOLUTION !

Le tract A5 au format PDF

[Tract du 1er mai libertaire] De l’abstention à l’anarchie

S’abstenir, oui mais pourquoi ?

	Face au manque de confiance de plus en plus évident, envers le système politique en place, de plus en plus de gens, conscient.e.s chacun.e à leur façon, s'abstiennent d'aller voter. Même si le discours républicain, omniprésent, décrit les "abstentionnistes" comme des feignants ou des irresponsables désintéressés, nous savons que beaucoup de celleux qui refusent d'élire ont une réelle conscience politique. Que ce soit par écœurement de la "politique politicienne" (promesses, mensonges, opportunisme carriériste, affaires judiciaires et autres frais de bouche indécents) et / ou par une forme de lucidité motivée par un idéal politique, comme l'anarchie, les raisons de ne pas se soumettre au jeu électoral sont multiples.
	En tant qu'anarchistes, nous n'oublions pas que l'abstention, loin d'apporter une solution immédiate, reste néanmoins une façon de ne pas donner son accord, son adhésion à cette forme d'organisation politique qu'est la démocratie dite "représentative". En effet, moins le taux de participation au scrutin est élevé, moins les candidat.e.s, quel que soit leur score, se trouveront légitimes dans leur tentative de prendre le pouvoir.

Donc on ne vote pas, mais après ?

	L’abstention est loin d'être une fin en soi, c'est un moyen d'expression contestataire, mais pas un moyen concret d'avancer. Si nous, anarchistes, refusons pour la plupart de voter, c'est parce que, à l'opposé de la démarche électorale, nous préférons lutter par nous-mêmes, de façon concrète et active. Le temps et l'énergie que nous investissons quotidiennement dans des mobilisations contestataires et / ou solidaires, représentent à nos yeux la meilleure résistance possible contre le capitalisme, tout en démontrant dès aujourd'hui qu'une organisation autogestionnaire est possible, en plus d'être souhaitable. Pour nous, cet engagement est bien plus efficace et prometteur pour l'avenir, que ne peut l'être l'élection d'un chef, aussi bien d'un point de vue politique que pour des avancées concrètes dans nos vies personnelles.
	Nous pensons que la libération des individu.e.s et l'égalité sociale ne s'obtiendront que par les luttes solidaires des classes dominées. Les congés payés, la limitation du temps de travail hebdomadaire, le salaire minimum, les systèmes de solidarité comme le financement des retraites, sont quelques exemples de droits acquis suite à de nombreuses luttes. L'Etat-providence n'est pas un cadeau que nous auraient fait les dirigeants, par altruisme ou philanthropie. Il n'existe que parce qu'il a aidé à contenir les révoltes.

 Alors on fait la révolution, mais après ?

	Nous ne prétendons pas avoir de solutions toutes faites et toutes prêtes, qu'on diffuserait comme une vérité dogmatique. D'ailleurs, une telle attitude s'apparenterait bien plus à l'approche des partis politiques, voire à celle de la "mouvance"conspirationniste.
Nous pensons que l'expérimentation est un principe nécessaire à une progression politique et sociale, sur des bases autogestionnaires. Nous la développons déjà quotidiennement dans les organisations de nos groupes, syndicats, squats, et dans nos relations humaines en général.

Donc l'autogestion c'est quoi ?

	La forme d'organisation sociale et politique que nous promouvons repose sur le principe d'horizontalité (absence de hiérarchie), indispensable pour traiter toute personne de façon égalitaire, et nous préserver du pouvoir qui découle des statuts de "supérieur.e.s". Un autre élément central est l'exigence d'une participation des individu.e.s dans le processus de prise de décisions, au sein d'assemblées générales (discussions collectives), afin de ne pas abandonner ce droit et ce devoir à d'autres. 
Un des principes fondamentaux de l’autogestion est aussi que tout mandat soit impératif et révocable. C'est à dire que quand quelqu'un est élu, c'est pour une tâche bien précise qu'il ne peut pas outrepasser, et que la personne peut être démise de son mandat à n'importe quel moment, si on estime qu'elle ne fait plus ce qu’on lui a demandé.
	C'est un des gros défauts dans l'organisation électorale que nous contestons : donner tout le pouvoir à une personne pendant cinq ans, sur la base d’un programme qui ne nous convient déjà pas au départ, et que rien ne l'oblige à mettre en application par la suite.
	Selon nos principes de base, toutes les décisions sont prises en assemblées générales, assemblées auxquelles tout le monde a le droit de participer, et a exactement les mêmes droits et les mêmes pouvoirs que tou.te.s les autres. Certes, on choisit quelques personnes au début de chaque assemblée pour former un bureau chargé d'organiser les discussions, mais justement, avec un mandat impératif et révocable. Nous considérons que c'est sur ces bases-là qu'on peut parler de démocratie.
Ok, mais comment on s'organise dans l'espace ? Si il n’y a plus d'État, il n’y a plus de pays ?

	Par le fédéralisme, sans pour autant reproduire le système suisse ou américain. Par exemple, on pourrait très bien construire une société dans laquelle différents groupes se réuniraient en assemblées générales. Les principaux axes de regroupement seraient les lieux de production et les lieux de vie (quartiers, villages), mais on peut très bien en imaginer d'autres. Chaque personne concernée par sa propre situation (en tant que travailleur/euse, habitant.e ou n'importe quel autre critère d'appartenance posant un problème social) pourrait alors s'exprimer et prendre part aux décisions qui impacteront ensuite ses conditions de vie. Entendu de cette façon, le travail serait radicalement différent de ce qu'il est aujourd'hui pour la majorité des gens, c'est à dire un monde où règnent la pénibilité, la peur, l’égoïsme, le harcèlement sexuel, et le manque d'utilité et donc de reconnaissance sociale.
	Nous sommes tout à fait conscient.e.s qu'une fois que le capitalisme sera détruit, il faudra quand même bien produire de quoi vivre. Mais l'avantage du modèle d'organisation que nous défendons, c'est que tout le monde pourra participer aux décisions d'investir, ou pas, nos forces de travail dans telle ou telle ressource ou telle ou telle cause jugée utile et prioritaire.
Ces assemblées locales pourront se concerter dans des assemblées régionales, avec ces fameux mandaté.e.s impératifs et révocables, qui pourront à leur tour mandater et se concerter dans des assemblées elles mêmes à plus grande échelle, c'est à dire nationales, continentales, voire mondiales… sans que le pouvoir sur les décisions ne passe dans les mains de quelques-un.e.s.

Super principe, mais ça ne risque pas de prendre beaucoup de temps ?

	Si, en effet ce système demande nettement plus de temps. Mais si on veut tou.te.s avoir notre part de pouvoir pour réellement peser dans l'organisation collective et avoir notre légitime "part du gâteau", il faut
s'investir beaucoup plus que de mettre un papier dans une boite tous les cinq ans. Par exemple, si le pouvoir était réparti équitablement, on ne dépenserait pas toutes ces forces à construire des produits de luxe pour les riches. Qui, à l'heure actuelle, peut s'acheter une porsche? Qui se déplace fréquemment en avion au point de vouloir construire un nouvel aéroport comme celui de Notre Dame des Landes? 
La haute bourgeoisie ou les "très très riches", en possédant la plus grande partie du capital, orientent la production dans les secteurs qui les intéressent et qui génèrent le plus de profits, même si cela passe par des guerres ou un recul de nos conditions de vie. 
	Dans une société libertaire, l'obsolescence programmée, qui consiste à prévoir un dysfonctionnement inévitable afin de créer une panne et contraindre les gens à racheter de nouveaux biens de consommation, n'existerait tout simplement pas. Nous produirions utile et efficace pour que personne ne manque de rien de fondamental. En sélectionnant ainsi nos priorités sociales et économiques, on pourrait dégager suffisamment de temps pour nous consacrer à une vraie citoyenneté. Cet élan citoyen devrait nécessairement s'accompagner d'une refonte de l'école, laquelle laisserait une place importante pour une réelle instruction civique des enfants et des adolescent.e.s, orientée vers l’apprentissage de la réflexion politique et de l’organisation collective.

Voici quelques principes de base théorisés, et surtout utilisés concrètement, par les anarchistes depuis maintenant plus d'un siècle. Nous ne sommes pas contre tout, nous n'allons pas manifester ou organiser des  actions juste pour le plaisir de caillasser quelques flics (même si ça peut largement se comprendre) ; nous avons un projet concret derrière tout ça, trop souvent occulté par les partis politiques, les médias et aussi par les groupes non libertaires avec qui nous sommes alliés sur certaines causes. C'est pourquoi nous prenons aujourd'hui la peine d'expliquer quelques-uns de ces principes qui définissent l'anarchie, trop souvent ignorés des gens lorsqu'on leur parle de ce mouvement politique.

Et si je veux essayer tout ça, ou si je veux en savoir plus, je fais comment ?

Différents groupes anarchistes publient et vendent des journaux, des livres, mettent des documents et des ressources à disposition, organisent des rencontres, des projections, des discussions ou simplement des permanences. Si tu es intéressé.e, tu peux t’adresser à la librairie L' Autodidacte, située place Marulaz à Besançon, lors de ses permanences.

 
Vive la révolution, vive l'autogestion, vive l'anarchie !!!

[Besançon] Logements abandonnés : aidons-les à trouver de nouveaux habitant.e.s !

[En écho à l’ouverture d’un squat rue Denfert-Rochereau au début du mois de décembre à Besançon, occupé majoritairement par des migrant.e.s]

2017-01-15-09-57-18Entre un logement et ses habitants, c’est une histoire d’amour qui se noue au quotidien. Votre logement, c’est un peu comme si il faisait partie de la famille… Hélas, de trop nombreuses personnes oublient leurs devoirs envers leurs logements et les abandonnent lâchement, sans se soucier de leur sort.

Ainsi en France, c’est près d’un logement sur huit qui se trouve actuellement en situation d’abandon, sans chauffage ni paillasson. Quelle honte ! Des propriétaires n’hésitent pas à mettre un tour de clé en partant, ce qui ôte au logement tout espoir d’être occupé par d’autres personnes. D’autres les laissent simplement béants, vides et désolés.

Les squatteurs vont bénévolement à la rencontre des logements abandonnés pour leur apporter un peu de chaleur humaine. Ils les adoptent afin de prendre soin d’eux. Lorsque ce n’est pas possible, ils essaient de les aider à trouver de nouveaux humains pour les habiter.

Parfois la réadaptation est difficile : beaucoup d’entre eux n’ont plus d’eau, plus d’électricité. Certains souffrent de vétusté, ou du syndrome des voisins méfiants. La plupart ont perdu tout ameublement. Leur boîte aux lettres est étranglée par les prospectus, leurs fenêtres sales ne laissent plus passer le soleil.

Heureusement, à force de patients travaux, ces troubles vont disparaître. Le logement retrouve peu à peu sa gaieté et sa joie de vivre. Nos équipes suivent pas à pas les progrès des appartements et maisons adoptés ; au bout de quelques mois, 80 % des habitants se déclarent satisfaits de l’état de leur nouveau logement.

Vous aussi, adoptez un logement abandonné !

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Au cœur de notre mission, un nouveau projet : l’opération « Des migrants pour les logements vides »

Le mouvement des squatteurs a toujours concerné les publics les plus disposés à adopter des logements. Saluons au passage la générosité des SDF, qui sont nombreux et très impliqués dans le secours aux logements abandonnés. Anarchistes, punks et étudiants pauvres ne sont pas en reste et participent activement à cette grande cause.

Aujourd’hui, les migrants constituent un nouvel espoir pour nos petits protégés. En effet, de nombreux migrants rencontrent des obstacles pour obtenir un logement auprès des autorités ou dans le parc de la location privée. Ils sont donc particulièrement intéressés par le système d’adoption mutuelle que nous promouvons.

Si vous connaissez des migrants désireux d’adopter un logement, parlez-leur de notre projet. Et bien sûr, si vous remarquez un logement en situation d’abandon, signalez-le nous sans tarder ! Nous nous occuperons de les mettre en relation, soutiendrons les migrants dans leurs démarches d’adoption, et accompagnerons leurs travaux de remise en état des logements.

Ensemble, donnons une nouvelle chance aux logements abandonnés. Merci pour eux.

Ils sont arrivés près de chez vous…

Au sujet de l’implantation des catholiques intégristes de la « Fraternité Saint-Pie X » au cœur de la boucle.

spxLorsqu’on parle de fanatisme religieux aujourd’hui, beaucoup se figurent DAESH et les islamistes radicaux: ces assassins qui frappent aux quatre coins du monde, de l’Irak au Mali pour « venger Dieu des mécréants ». Ces soldats du Sacré voient aussi l’Occident « impur et décadent » comme une cible de choix pour semer la terreur parmi la population. Mais toutes les religions ont leurs extrémistes qui usent de la violence pour faire régner la terreur au nom du Ciel.

Pourtant, d’autres fanatiques religieux existent et, même si on entend beaucoup moins parler d’eux, ils ont toujours été ancrés sur le territoire national. Leur présence n’y est pas moins néfaste. Parmi les divers courants présents chez les catholiques, on retrouve la société de prêtres catholiques traditionalistes appelée « Fraternité Sacerdotale St-Pie X », fondée en 1970 à Mezingen (Suisse) qui se réclame de Monseigneur Lefebvre et regroupe en son sein les intégristes qui rejettent le Concile Vatican 2 de 1965. Ce texte de l’Église, qui marque l’abandon entre autre du prosélytisme religieux et adopte l’œcuménisme (unité et dialogue entre chrétiens : catholiques, orthodoxes et protestants), est avant tout une réflexion interne propre aux catholiques qui pour nous n’a pas vraiment d’importance, si ce n’est qu’elle nous permet de comprendre de manière un peu plus approfondie l’organisation intégriste St-Pie X.

Aujourd’hui, cette organisation milite contre la contraception, l’avortement, le mariage gay et plus généralement l’homosexualité… Régulièrement, elle s’accapare la rue pour prier, la plupart du temps contre l’accès à l’IVG, sous la bienveillance des autorités (que ce soit lors des rosaires « SOS TOUT-PETITS » ou lors de l’évacuation de l’église Sainte-Rita à Paris en août 2016, bâtiment occupé par des militant-e-s d’extrême-droite, lors de laquelle un néonazi qui faisait le service d’ordre a violemment agressé un passant). De plus, ces cul-bénis exercent une pression sur le personnel médical qui pratique les avortements, tout comme sur les femmes qui cherchent à y avoir accès. Leurs intimidations vont jusqu’à des opérations commandos dans les centres hospitaliers et des menaces physiques envers les personnels soignants. Au nom de leur divinité, ils imposent leur logique de reproduction aux femmes, y compris celles qui sont victimes de viol (pour ces réacs, si une femme se fait violer, elle est jugée autant responsable, voire davantage, que le prédateur sexuel lui-même), en les dissuadant d’avorter. Vis-à-vis des hommes et de la société, la femme se doit d’être dévouée, servile et un moyen de procréer (« le plaisir, c’est pêché »). Ils se sont illustrés aussi en menant des campagnes de sabotage de distributeurs de préservatifs, ou encore d’expositions artistiques qu’ils jugent « blasphématoires ». Pour résumer, ces intégristes à la logique destructrice s’opposent à nos libertés (sexuelles, de mœurs…) acquises grâce aux luttes passées (que le mouvement de Mai 68 a clairement participé à amorcer).

Si l’on revient sur l’histoire des intégristes de la Fraternité Saint-Pie X, on peut constater que leurs prédécesseurs ont protégé d’anciens collaborateurs du régime nazi : Paul Touvier, milicien recherché après 1945 pour « crimes contre l’humanité », a été caché par « l’ordre des chevaliers de Notre-Dame » jusqu’en mai 1989, date de son arrestation dans le prieuré St-Joseph de Nice et Jean-Pierre Lefevre, secrétaire général de la Fraternité Notre-Dame-de-la-Merci et ancien de la Division « Charlemagne » (Waffen-SS), finançait la cavale du collabo Touvier. Tout naturellement, ce sont aussi des nostalgiques du régime de Pétain, puisqu’ils se rendent chaque année sur l’île d’Yeu pour se recueillir sur sa tombe. Le 22 septembre 2007, l’abbé de Cacqueray « compare le combat du maréchal Pétain pour la France à celui de Mgr Lefebvre pour l’Église. ». On peut aussi se remémorer les propos antisémites et négationnistes à la télévision suédoise le 1er novembre 2008 d’un des quatre évêques de la FSSPX, Richard Williamson : « Je ne crois pas qu’il y ait eu des chambres à gaz. Je crois que 200 000 à 300 000 juifs sont morts dans les camps de concentration, mais aucun dans des chambres à gaz ». La liste est bien top longue pour répertorier tous les propos répugnants de ces culs-bénis. Il s’agit juste d’en donner un petit aperçu général.

Si on prend le temps de revenir sur cette organisation catholique, c’est bien parce qu’elle vient de racheter pour la somme de 270.000 euros une ancienne chapelle (appelée « chapelle des Visitandines ») qui servait encore il y a peu d’amphis pour la faculté de lettres de Besançon. Pour ces partisans du « droit naturel » – comprendre la loi de leur Dieu – et d’une « France catholique », ce bâtiment situé dans le centre-ville (au 5, rue Sarrail), sera destiné à la pratique de leur culte et à la diffusion de leur idéologie moisie. Ceci marque une nouvelle étape quant à leur volonté de gagner en visibilité et en influence (ou plutôt en nuisance) à Besançon, puisqu’ils ont également domicile au 14, rue Lyautey dans le quartier Saint-Claude. A l’annonce de l’acquisition de leur nouveau lieu au début de l’été 2016 en plein cœur de Besançon, la riposte ne s’est pas faite attendre : des anonymes déterminés sont allés signifier leur hostilité à ces moralisateurs en soutane par du sabotage et des slogans antifascistes et anti-religieux inscrits à la peinture sur leurs façades, au centre-ville comme à Saint-Claude. Depuis, ils ont opté pour l’installation d’une caméra filmant l’entrée principale de la chapelle. Cependant, en ce début de mois de décembre, il semblerait qu’ils n’aient pas encore trouvé les fonds nécessaires pour réaliser les travaux de réhabilitation.

En Franche-Comté, la société de prêtres intégristes est présente un peu partout : à Cressia et aux Rousses dans le Jura ; à Cravanche dans le Territoire-de-Belfort ; elle a aussi pignon sur rue dans la capitale bourguignonne au 4, rue Pierre Thévenot (Dijon).

Leur implantation ne peut laisser personne indifférent, car leur ordre moral est incompatible avec la liberté et l’émancipation de tout individu.

Alors voisin-e-s, habitant-e-s du quartier ou non, tenez-vous informé-es et rejoignez-nous pour marquer votre refus face à ces fanatiques en soutanes !