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[Besançon] Toutes et tous devant le TGI les mercredis 11 juillet à 9h30 et 18 juillet à 15h00 !

La répression d’État continue plus d’un an après l’action contre la sélection en master !

2ème volet – l’État n’en a pas fini avec son acharnement : après les comparutions du 8 mars dernier, sept personnes sont appelées à comparaître le 18 juillet 2018 devant le tribunal correctionnel pour l’occupation du Conseil d’Administration de l’université du 14 février 2017, tandis qu’une autre est convoquée à une composition pénale 7 jours plus tôt. Leur but était alors d’empêcher la direction de l’université de voter, dans l’ombre des salons, le renforcement de la sélection en master. Les chefs d’inculpation vont de « dégradations en réunion », « rébellion » jusqu’à « séquestration » pour trois d’entre elles.

La procureure générale de Besançon, Edwige Roux-Morizot, s’acharne à vouloir traîner devant les tribunaux plusieurs personnes ayant participé à cette action. Au moment des faits, elle avait qualifié les occupant.e.s de « terroristes ». Pourtant, ce type d’action s’est (re)produit dans d’autres universités à la même période et n’a non seulement pas été qualifié de « terroriste » mais n’a, de plus, pas été réprimé avec la même violence. Comble d’une hypocrisie stratégique et diffamatoire, la procureure avait osé parler d’une direction « séquestrée » et d’un élu du Conseil d’Administration « molesté », versions contredites par de multiples témoignages d’autres membres du CA présent.e.s ce jour là.

Cette répression judiciaire n’aurait en effet certainement pas eu lieu si plusieurs membres du conseil d’administration n’avaient pas porté plainte. Parmi eux, aux côtés d’autres membres de l’équipe présidentielle comme les vice-président.e.s Macha Woronoff et Frédéric Muyard, André Mariage, doyen de la faculté de lettres, s’est empressé de déposer plainte contre ses propres étudiante.s en étant parfaitement conscient des suites judiciaires que cela engendrait au vu de la situation (marquée notamment par une surexposition médiatique de l’affaire).

On assiste, avec ce procès, à une forme judiciarisée et disproportionnée de répression des actes de contestation (fussent-ils classiques!) de l’ordre -universitaire- établi et aujourd’hui en cours de durcissement.

Tandis que l’action du 14 février 2017 s’inscrivait contre la logique de tri social à la fac; tandis que cette année, un mouvement social de grande ampleur a secoué de nombreuses universités pour ces mêmes raisons, l’État tente aujourd’hui encore de justifier non seulement le battage médiatique orchestré par la procureure à grands coups de déclarations sensationnelles, mais aussi d’entraver la poursuite de la lutte -contre la sélection notamment- à l’université.

La justice, en plus de jouer la différenciation entre les sujets de sa répression en multipliant les dates et types de procédures,  a décidé de reconvoquer les 8 personnes en plein été, en-dehors de la période universitaire: il s’agit clairement d’entraver l’exercice de notre solidarité. Rappelons que l’État et sa justice ont toujours cherché à isoler les personnes qu’ils répriment, à nous de nous unir face à eux !

Quand l’État s’acharne sur certain.e.s d’entre nous, c’est l’ensemble du mouvement qui est dans sa ligne de mire !

Soyons massivement présent.e.s devant le tribunal pour soutenir les inculpé.e.s les mercredis

11 juillet à 9h30 & 18 juillet à 15h00

 

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[Besançon] Rassemblement de soutien aux 7 inculpé.e.s de l’occupation à la présidence de la fac (14.02.2017) – Mercredi 18 juillet 2018 dès 15h00 devant le TGI

La répression d’État continue plus d’un an après l’action contre la sélection en master ! Toutes et tous devant le tribunal mercredi 18 juillet dès 15h00 !

2ème volet – l’État n’en a pas fini avec son acharnement : après les comparutions du 8 mars dernier, sept personnes sont appelées à comparaître devant le tribunal correctionnel pour l’occupation du siège de la présidence d’université du 14 février 2017. Les chefs d’inculpation vont de « dégradations en réunion », « rébellion » jusqu’à « séquestration » pour trois d’entre elles. Leur but était alors d’empêcher les directions d’universités de voter, dans l’ombre des salons, le renforcement de la sélection en master.

Ainsi, la procureure générale de Besançon, Edwige Roux-Morizot, s’acharne à vouloir traîner devant la justice plusieurs personnes ayant participé à cette action. Au moment des faits, elle avait qualifié les occupant.e.s de « terroristes » : pourtant, ce type d’action s’est (re)produit dans d’autres universités à la même période et n’a non seulement pas été qualifié de « terroriste » mais n’a, de plus, pas été réprimé avec la même violence, ce qui prouve le caractère disproportionné de ce procès. Comble de l’ignominie et de la mythomanie, la procureure avait osé parler d’une direction « séquestrée » et d’un élu du Conseil d’Administration « molesté », versions contredites par de multiples témoignages d’autres membres présent.e.s.

Cette répression judiciaire n’aurait pas eu lieu si plusieurs membres du conseil d’administration présent.e.s ce jour-là n’avaient pas porté plainte. En effet, aux côtés d’autres membres du conseil d’administration tel.le.s que la vice-présidente Woronoff ou encore Frédéric Muyard, André Mariage, le doyen de la faculté de lettres, s’est empressé de déposer plainte contre ses propres étudiante.s, en étant parfaitement conscient des suites judiciaires que ça engendrait au vu de la situation (comme par exemple, la surexposition médiatique de l’affaire).

Cette action du 14 février 2017 s’inscrivait alors contre la logique de tri social à la fac. Tandis qu’aujourd’hui, un mouvement social de grande ampleur secoue de nombreuses universités pour ces mêmes raisons, il s’agit, pour l’État, de justifier non seulement le battage médiatique orchestré par la procureure à grands coups de déclarations sensationnelles, mais aussi d’entraver la lutte actuelle à l’université.

Dans un premier temps, les sept personnes devaient comparaître le 2 mai dernier. Pour des raisons non détaillées, la justice a décidé de les reconvoquer en plein été, en dehors de la période universitaire afin de briser toute solidarité : rappelons que l’État et sa justice a toujours cherché à isoler les personnes qu’elle réprime.

Quand l’État s’acharne sur certain.e.s d’entre nous, c’est l’ensemble du mouvement qui est ciblé !

Soyons massivement présent.e.s devant le tribunal ce mercredi 18 juillet dès 15h pour soutenir les inculpé.e.s !

Le tract au format PDF

[Besançon] La répression d’État continue plus d’un an après l’action contre la sélection en master ! Rassemblement devant la fac de lettres mercredi 2 mai à 13h30

[Texte lu lors de l’Assemblée Générale de la fac de lettres de ce mercredi 25 avril. Une motion de soutien et un appel à se joindre au rassemblement ont également été votés.]

La répression d’État continue plus d’un an après l’action contre la sélection en master !

2ème volet – l’État n’en a pas fini avec son acharnement : après les comparutions du 8 mars dernier, six personnes doivent comparaître devant le tribunal correctionnel pour l’occupation du conseil d’administration de l’université du 14 février 2017. Les chefs d’inculpation vont de « dégradations en réunion », « rébellion » jusqu’à « séquestration » pour trois d’entre eux. Leur but était alors d’empêcher les directions d’universités de voter, dans l’ombre des salons, le renforcement de la sélection en master.

Ainsi, la procureure générale de Besançon, Edwige Roux-Morizet, s’acharne à vouloir traîner devant la justice plusieurs personnes ayant participé à cette action. Au moment des faits, elle avait qualifié les occupant.e.s de « terroristes » : pourtant, ce type d’action s’est (re)produit dans d’autres universités à la même période et n’a non seulement pas été qualifié de « terroriste » mais n’a, de plus, pas été réprimé avec la même violence, ce qui prouve le caractère disproportionné de ce procès. Comble de l’ignominie et de la mythomanie, la procureure avait osé parler d’une direction « séquestrée » et d’un élu du Conseil d’Administration « molesté », versions contredites par de multiples témoignages d’autres membres présent.e.s.

Cette répression judiciaire n’aurait pas eu lieu si plusieurs membres du conseil d’administration présent.e.s ce jour-là n’avaient pas porté plainte. En effet, aux côtés d’autres membres du conseil d’administration tel.le.s que la vice-présidente Woronoff ou encore Frédéric Muyard, André Mariage, le doyen de la faculté de lettres, s’est empressé. de déposer plainte contre ses propres étudiante.s, en étant parfaitement conscient des suites judiciaires que ça engendrait au vu de la situation (comme par exemple, la surexposition médiatique de l’affaire).

Cette action du 14 février 2017 s’inscrivait alors contre la logique de tri social à la fac. Tandis qu’aujourd’hui, un mouvement social de grande ampleur secoue de nombreuses universités pour ces mêmes raisons, il s’agit, pour l’État, de justifier non seulement le battage médiatique orchestré par la procureure à grands coups de déclarations sensationnelles, mais aussi d’entraver la lutte actuelle à l’université.

Quand l’État s’acharne sur certain.e.s d’entre nous, c’est l’ensemble du mouvement qui est ciblé !

Bien que la comparution de ce 2 mai à 13h30 ait été reportée, rassemblons-nous devant la faculté de lettres rue Mégevand, même jour même heure, pour pointer la responsabilité de cet acharnement judiciaire de la part des membres du conseil d’administration de l’UFC, et notamment celle du doyen de l’UFR SLHS, André Mariage.

Restez informé.e.s quant à la date de la prochaine comparution !

[Besançon] Un an après, l’Etat continue de s’acharner sur les étudiant.e.s en lutte contre la sélection : Appel à la solidarité jeudi 8 mars dès 9h devant le TGI

Appel à solidarité

Le 14 février 2017 le président de l’université de Franche Comté, Jacques Bahi, faisait intervenir la police contre 19 étudiant-e-s alors que ces dernie-r-es tentaient d’empêcher la tenue du Conseil d’administration censé officialiser la mise en place de la sélection en Master. L’occupation du CA se faisait de façon pacifique : les membres de l’administration discutaient et mangeaient de la brioche avec les étudiant-e-s venu-e-s lire une liste de revendications, comprenant celle de ne pas voir s’installer la sélection en master à l’université. Plus largement, cette action s’inscrivait dans une lutte pour une fac émancipatrice, pour un lieu de savoir libre et gratuit. Pour mettre un terme à cette contestation, la police est intervenue avec une violence inouïe.

Tel un commando, en tenue anti-émeute, équipés de boucliers et matraques à la main, les policiers ont fait voler en éclat tables et chaises qui se trouvaient devant eux avant de frapper, mettre et menotter au sol les étudiant-e-s bloqué-e-s dans le coin de la pièce. Une vidéo de cette intervention est disponible sur le site de Radio BIP. Après cette attaque dont certain-e-s ont gardé des séquelles physiques et gardent encore des séquelles psychologiques, 17 personnes ont été placées 24h en garde à vue et 2 pendant 45h pour « séquestration en réunion », comme le clamera à chaud la procureure générale E. Roux-Morizet en conférence de presse.

Nous pensions, au vu du temps qui s’était écoulé, sans nouvelle de cette affaire et du peu de choses dont on pouvait nous accuser, que l’histoire avait été classée. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous avons reçu la semaine du 19 février une convocation pour une composition pénale le 8 mars, avec comme chef d’accusation « dégradation en réunion ». 11 personnes ont été convoquées, 8 personnes ne savent pas ce qui les attend pour l’instant, et après quelques informations récoltées ici et là, une personne est concernée par un jugement en correctionnel.

Les poursuites pour « séquestration » n’ayant, bien sûr, pas pu aboutir, l’État, à travers sa justice, cherche à sauver sa face en trouvant un nouveau chef d’inculpation. Pour lui, il s’agit avant tout de justifier (un minimum) ces nombreuses gardes à vue et tout le battage médiatique orchestrée par la procureure au moment des faits, qui n’hésitait pas à utiliser le terme de « méthode terroriste » pour qualifier cette occupation.

Nous, les 19 personnes, ayant participé à l’occupation du CA, réfutons l’ensemble des chefs d’accusation portés contre nous et affirmons que nous resterons solidaires les un-e-s des autres face à la justice.

Cette convocation s’inscrit dans une politique menée par l’État visant à punir celles et ceux qui s’opposent aux politiques autoritaires et néo-libérales mises en place par le gouvernement. Syndicalistes d’air France jugés, militant-e-s contre la loi travail emprisonné-e-s dans l’affaire du quai de Valmy… la liste est encore longue.

Nous appelons à un rassemblement devant le TGI jeudi 8 mars à 9h pour soutenir les personnes qui passeront devant le délégué du procureur. Un comité de soutien est mis en place depuis l’année dernière auquel vous pouvez vous joindre en contactant l’AMEB solidaire étudiant-e-s.

Les 19 inculpé.e.s du 14 février 2017


Ci-dessous le communiqué de soutien de l’intersyndicale, qui appelle au rassemblement :

Cliquer sur le tract pour ouvrir le fichier PDF

[Besançon] Occupation et blocage à la fac de lettres – Retours sur la lutte contre le tri social à l’université

Depuis le 1er février 2018, première journée de grève nationale lancée par la Coordination Nationale Etudiante, la mobilisation contre la sélection sociale à l’université ne cesse de s’amplifier partout en France.

A Besançon, cette première journée a été organisée dans la précipitation. Pourtant, entre 80 et 100 personnes se sont rassemblées devant le rectorat. Bien qu’il n’y ait pas eu de manif, de puissants slogans ont retenti sous les fenêtres de celles et ceux qui décident de notre avenir et bien que nous estimions complètement inutile d’aller discuter au rectorat, une délégation composée de syndicats (notamment avec le syndicat étudiant AMEB) a été reçue par le recteur : celui-ci, sans honte, n’a pas hésité à lâcher un laconique : « la fac de lettres est un débarras où les élites n’osent pas mettre leurs enfants ».

Mardi 6 février, nouvelle journée de grève dans le supérieur. Un gros cortège part de la fac de lettres en direction du rectorat. Le rassemblement réunit plus de 150 personnes devant le rectorat.  Une banderole affirmant « Contre leur fac réservée… aux riches ! Pour une fac libre et autogérée. Soyons réalistes, demandons l’impossible » est suspendue aux grilles du bâtiment. Quelques prises de parole syndicale ont lieu, mais plutôt que de rester statique, un manifestant intervient pour proposer un départ en manif. Le cortège s’élance en scandant : « Sélection piège à cons», « Facs fermées aux intérêts privés, facs ouvertes aux enfants d’ouvriers ! », « le savoir n’est pas une marchandise, l’université n’est pas une entreprise » ou encore « Besac debout, soulève-toi ! » et prend des directions contraires à celles anticipées par la police, ce qui a le don d’énerver les flics. Un fourgon de police démarre en trombe et contourne dangereusement le cortège en roulant sur le trottoir et en étant à deux doigts de renverser un manifestant. Le fourgon se barre sous les huées et des « tout le monde déteste la police ». Malheureusement, la tension redescend très vite et le cortège continue sa route en direction du lycée Pasteur, en pensant rameuter quelques lycéen.ne.s : à notre grande déception, peu d’entre elles/eux sont réceptif.ve.s aux slogans contre la réforme du Bac et la mise en place de la sélection à l’université. La manif s’arrêtera là.

Jeudi 8 février se tient une nouvelle assemblée générale à la faculté de lettres qui vote l’appel à la grève pour mercredi 14 février, un an après la répression contre 19 personnes ayant occupé et bloqué le conseil d’administration de l’université de Franche-Comté.

Mardi 13 février, près de 80 personnes prennent part à l’assemblée générale. L’appel à la grève est prolongé au 15 février et le blocage du bâtiment Mégevand est acté à une grande majorité pour les 14 et 15 février, tout comme l’occupation de l’amphi Donzelot. Un autre événement a certainement motivé l’ensemble des personnes à bloquer dès le 14 février, outre l’envie de marquer le coup en souvenir du 14 février 2017 : la tenue d’une conférence organisée par l’Université Ouverte sur la réserve de la gendarmerie le même jour à 18h à l’amphi Cloché, avec la venue d’un gradé de la gendarmerie de Besançon.  Une banderole sera d’ailleurs suspendue juste au-dessus de l’amphi : « Rémi Fraisse, tué par les gendarmes en octobre 2014 à Sivens – Ni oubli ni pardon – Flics gendarmes assassins ».

Dès mardi soir, près d’une quarantaine de personnes se retrouvent amphi Donzelot pour cette première nuit d’occupation afin d’organiser le blocage. Toutes les portes des bâtiments Mégevand sont bloquées avec tables et chaises, ainsi qu’avec du matériel de chantier éparpillé un peu partout. Des banderoles sont accrochées sur la façade donnant sur la rue Mégevand : « 14 février : 1 ans après – on n’oublie rien, on ne pardonne rien – en master comme en licence, à bas la sélection » mais aussi « aux frontières comme à la fac, refusons le tri macroniste ».

Le lendemain matin, un membre du personnel pète les plombs lorsqu’il constate qu’il est impossible d’accéder au bâtiment. Sa conscience de travailleur docile le pousse à forcer les barricades et à exploser une porte vitrée du bâtiment D. Quelques personnes tiennent un piquet de grève devant l’entrée principale en diffusant des tracts et en informant de la situation pour la journée et le lendemain. Un tract expliquant les raisons du blocage est affiché sur la porte principale [cf en fin d’article]. Beaucoup d’étudiant.e.s sont énervé.e.s en voyant barricades et portes bloquées, mais celleux-ci, après quelques minutes de discussion, finissent par comprendre la situation catastrophique que ces dernières réformes gouvernementales vont engendrer. Si certaines rentrent chez elles, d’autres décident d’aller à la réunion d’information qui a lieu à 10h à l’amphi occupé. Bien que l’on puisse penser qu’il s’agisse d’une AG étant donné le nombre important de personnes présentes (plus de 150), cette réunion n’est pas décisionnelle. Il s’agit surtout d’ouvrir un espace pour l’échange et la discussion.

Pour la deuxième nuit d’occupation, il y a un peu moins de monde mais les gens sont toujours déterminés. Alors que les barricades aux entrées du bâtiment Parisiana sont renforcées, les occupant.e.s décident de bloquer le bâtiment Hérodote situé juste en face. Deux banderoles sont suspendues à la façade du bâtiment donnant sur la rue : « Delenda Est Societas Macronis » [« Il faut détruire la société de Macron »] et « Si la fac te prend plus, prends la rue ! ». La première banderole est écrite en latin en référence à la menace qui pèse sur les options à petits effectifs, au collège et au lycée comme à la fac.

Contrairement à la veille, le blocage pour cette journée de grève nationale du 15.02 est bien plus solide. Un tract est diffusé, appelant à l’AG prévue à 10h pour discuter et décider des suites du mouvement (cf en fin d’article). Plus de 200 personnes y prennent part et les discussions portent une nouvelle fois sur les contenus des lois (réforme du bac, parcoursup, plan Etudiant, loi ORE…). Il est décidé de la levée du blocage pour ce vendredi (dernier jour avant les vacances) à quelques voix près (une majorité d’abstention). Pas mal de personnes mobilisées depuis le début sont très fatiguées et des tensions apparaissent quant aux « dégradations », à savoir des tags inscrits dans l’enceinte de la fac occupée. Mais on retiendra les quelques prises de parole venues recadrer le rôle de l’AG, qui n’a pas vocation à s’ériger en juge, à condamner certaines formes d’action, que les tags sont une manière de se réapproprier la faculté, de la décorer, de reprendre la parole et de contester la censure de l’administration. A celles et ceux qui pensent que ces inscriptions sauvages dégradent davantage les locaux, nous répondons au contraire qu’elles les rendent un peu moins tristes. Certains d’entre eux disaient notamment : « Des profs pas des flics », « Université libre », « Nous ne sommes rien soyons fous », « Plutôt l’émancipation que la sélection (et la soumission) », « Les murs prennent la parole », « Fac libre accessible à tou.te.s » … D’ailleurs, il est plutôt intéressant de voir que ces personnes qui critiquent cette forme d’action n’ont absolument rien à proposer. Aucune action n’a été proposée en dehors des murs de la fac à l’issue de ces nombreuses AG et discussions. Aucune manif n’a eu lieu depuis le 6 février et il serait bien temps que ça change. On remarque par ailleurs qu’une grande partie des profs qui se disent opposés aux réformes en cours ne se mettent pas en grève et maintiennent leurs cours lorsque ceux-ci ne se tiennent pas dans les bâtiments bloqués.

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On a toutes et tous remarqué que le blocage a permis aux gens de s’impliquer concrètement dans le mouvement, de faire respecter la grève, loin des contraintes des cours et du flicage mise en place par la grande majorité des profs et l’administration concernant l’assiduité aux cours. Il n’y a rien de pire qu’un « retour à la normale » et qu’une semaine de vacances pour casser une dynamique active de lutte. Nous pouvons voir ces deux premières journées de blocage comme un avant-goût de ce qui peut se passer par la suite. Comme dans de nombreuses facs (Paris I, VIII et XIII, Rennes II, Lille, Poitiers, Nantes, Toulouse Le Mirail, Montpellier…), ce mouvement tend à s’amplifier en vue des journées de grève des 15 et 22 mars prochain !

A la fin de l’AG a été votée l’occupation de l’amphi Donzelot et fixée la prochaine AG au mardi 27 février à 12h au même endroit. On s’est laissé une journée après les vacances pour diffuser des tracts d’appel à cette AG, en espérant que la mobilisation soit au rendez-vous. On ne relâchera pas la pression face à la politique du gouvernement Macron qui impose sa logique de l’université Start-Up qui n’est accessible qu’aux personnes les plus fortunées et qui axe les débouchés professionnels sur la rentabilité économique et la répression, à savoir les forces de l’ordre (armée, police et gendarmerie), les nouvelles technologies et l’industrie lourde, ainsi que les jobs de plus en plus précaires (Deliveroo, Uber…) où l’exploité.e devient son/sa propre exploiteur.euse avec toutes les conséquences que cela entraîne.

A suivre…

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Tract diffusé en début de matinée jeudi 15 février:

En marche contre le tri social à l’université !

Plan Etudiants (ORE), ParcoursSup, réforme du BAC… Ce sont autant de réformes en voie d’adoption, relativement difficiles à comprendre pour la majorité d’entre nous, entre la manipulation du gouvernement et la désinformation médiatique… Et pourtant, toutes rentrent dans la même logique d’offensive du capital contre nos vies, amorcée depuis plusieurs années déjà (Processus de Bologne, LRU, LMDE, Loi Fioraso…). C’est bien la majorité des (futurs) étudiants et de tous ceux qui font vivre l’université qui vont subir de plein fouet ces dernières mesures gouvernementales.

La sélection à tous les niveaux

En prenant pour prétexte le baby-boom des années 2000 et la hausse prévue du nombre d’étudiants de ces dernières années, l’Etat saisit l’occasion de rendre notre avenir encore plus incertain. Avec la loi Vidal, il s’agit d’établir une sélection toujours plus accrue concernant l’accès à l’université. Concrètement, la sélection à l’entrée à l’université, ça signifie une faculté de plus en plus réservée aux plus riches. Elle se fera sur la base des « attendus » fixés pour chacune des formations avec des critères tels que : les cinq derniers bulletins de note, lettre de motivation, notes au bac de français ou l’investissement associatif. Tout est mis en place afin que le futur étudiant se conforme aux exigences impitoyables du monde du travail. On le contraint à se vendre pour accéder au savoir universitaire. Le but est clair : dégager ceux n’ayant pas de « projets professionnels » et les jeter directement dans les mailles de l’exploitation capitaliste.

Le gouvernement ne compte pas s’arrêter là. Comble du cynisme, il compte désormais organiser un tri social et élitiste dès la fin du collège, en forçant les futurs lycéens à « choisir » leur orientation professionnelle en fonction de leurs résultats. La réforme du Bac, qui ne sera plus national mais territorial, va davantage accentuer les inégalités, établissant ainsi une hiérarchie entre ceux des centre-ville et ceux estampillés « REP » !

Début de mobilisation qui ne demande qu’à s’amplifier

Jeudi 1er février a marqué le début des hostilités contre ces nouvelles lois du gouvernement : plusieurs dizaines de lycées et de facultés sont bloqués et plusieurs milliers de personnes manifestent partout en France (Caen, Paris, Poitiers, Nantes, Rennes, Brest, Toulouse, Montpellier, Marseille, Lyon, Dijon, Besançon…). Une nouvelle journée de grève et de manifestation est prévue pour ce jeudi 15 février. Il est plus que temps d’amplifier le mouvement, de s’organiser dans chaque fac et lycée en AG (ou autres) afin de marquer un coup d’arrêt au rouleau-compresseur du profit et de l’élitisme en marche.

Pour une université libre et émancipatrice !

A l’heure où l’Etat compte, sans honte, commémorer les « événements de mai 68 » en cherchant à les récupérer et à les enfouir dans le passé, montrons-lui que son esprit de révolte et d’émancipation sociale est plus que vivant ! Comme pour la société en général, nous luttons pour une université libre et émancipatrice, sans hiérarchie et autogérée, pour le bien de tous et non pour les intérêts d’une minorité concentrant toutes les richesses.


Des années de galère à la fac de lettres

Depuis plusieurs années, on ne compte même plus les suppressions de postes, la généralisation du précariat (travailleurs payés une misère, éjectables à tout moment), les fermetures de filières et les classes surchargées, la hausse des frais d’inscription, l’augmentation du prix du ticket-repas du Resto-U de 0.50 euros en huit ans, la baisse de l’attribution des bourses et la diminution de leur montant (la fac de lettres est celles où le taux d’étudiants boursiers est le plus élevé !)… Et s’il fallait évoquer l’insalubrité des locaux et des conditions de vie et d’étude indignes et désastreuses (comme par exemple le fait de manger par terre dans les couloirs lorsqu’on ne veut pas consommer les merdes du Resto U ou renflouer les caisses des banques en se mettant au diapason IZLY), on pourrait rédiger un mémoire. Ces nouvelles lois viendront donc renforcer les inégalités existantes

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Affiche collée sur les portes de l’entrée principale du site Mégevand mercredi 14 février 2018:

Pourquoi bloquer la fac ?

Nous voyons le blocage comme un moyen nécessaire pour se mettre en grève active. Bloquer sa fac ou son lycée, c’est rendre possible la grève, en permettant à chacun de ne pas subir les pressions des professeurs, des notes et des partiels et en rendant possible l’organisation concrète de la lutte. Voici quelques contre-arguments à destination de ceux qui s’opposeraient au blocage :

« C’est vrai, ça ne leur suffit pas de passer dans les amphis, nous déranger en plein cours… Moi, ça ne me concerne pas… Ils sont vraiment chiants ! »

Nous sommes peut-être chiants, ça, on ne dit pas le contraire, mais c’est dans l’intérêt de tous. D’abord dans toutes les facs en France, aujourd’hui, les étudiants mobilisés bloquent les accès aux cours ; et depuis jeudi 1er février, la mobilisation des étudiants ne fait qu’augmenter !!! L’idée, c’est d’informer tous les étudiants des réformes en cours. Parce qu’entre la réforme du Bac, la mise en place de la plate-forme ParcoursSup avant même qu’elle soit votée, le Plan Étudiant ou plus globalement les attaques contre le monde universitaire (sur l’autonomie ou la fusion des universités), c’est aux moins privilégiés que l’État s’en prend, en réservant les études supérieures aux plus riches. Pourquoi ? Parce que d’abord, cela veut dire la dévalorisation totale du Bac (permettant l’accès à l’université pour tous ceux ayant obtenu le bac, peu importe la filière), ce qui se traduit par une inégalité entre les diplômes suivant les régions, et donc des lycéens et étudiants. Ensuite, c’est la professionnalisation : le fait d’adapter la formation aux besoins des entreprises locales. De plus, c’est l’individualisation des cursus avec la mise en place d’un cursus « à la carte ». C’est la fin pure et simple d’un minimum de cohérence pédagogique. Et enfin, il est question de supprimer le système de compensation entre semestre, ce qui rendrait encore plus incertain l’obtention des bourses et notre avenir après la licence (car la sélection, c’est aussi en master!).

« C’est dégueulasse, moi j’ai un partiel dans la semaine et c’est mon dernier cours avec ce prof là !!! »

Ben… c’est pas grave ; De toute façon toute la promo est dans ta situation !!! Il vaut mieux que personne n’assiste au cours et dans ce cas, il n’ait pas lieu ; plutôt que quelques étudiants y assistent et que les autres soient pénalisés, non ???

« En plus, c’est carrément pas démocratique ! ! ! Ils nous empêchent d’aller en cours ! ! Sans nous laisser le choix. »

Parce que pondre des réformes qui remet en cause l’égalité entre les étudiants et mettent à mort l’université, c’est laisser le choix ? Aussi, pour choisir il faut d’abord peser le pour et le contre, non ? Pour peser le pour et le contre il faut au moins savoir ce qu’il y a dans la balance et donc être informé… !! Ce n’est pas choisir que d’aller en cours, en menant la politique de l’autruche…

« C’est cool que vous bloquiez… Chui contre les réformes mais j’arrivais pas à me décider à faire grève. C’est pas toujours simple de prendre la responsabilité de louper des cours quand on a la pression des examens, des parents, etc… Enfin, je vais pouvoir venir à l’AG discuter un peu… « 

Enfin si on bloque, c’est parce qu’on défend des acquis et qu’on pense qu’il est de notre responsabilité à tous de nous mobiliser pour l’abrogation de ces lois qui renforcent les inégalités et qui entérinent définitivement l’accès à la fac réservé à une élite (sociale, culturelle et économique). C’est notre avenir à tous qui est en jeu. Plusieurs centaines de grévistes ne suffiront pas à contraindre le gouvernement, alors…

Tous en grève !!!


Le 14 février, une date particulière :

Si nous nous positionnons en faveur du blocage à partir de ce mercredi 14 février, c’est notamment parce qu’il y a un an, jour pour jour, dix-sept d’entre nous ont fini en garde-à-vue de 24h (48 heures pour deux autres) pour s’être opposés à la sélection en master : après avoir fait irruption en plein conseil d’administration de l’université qui s’apprêtait à voter cette mesure, le président de l’Université de Franche-Comté Jacques Bahi, a  immédiatement fait appel à la police qui, comme il se doit, a usé de la force physique et psychique pour les expulser. Lors de cette occupation, le doyen de l’UFR SLHS, André Mariage, s’est montré particulièrement agressif à l’encontre des personnes occupantes, n’hésitant pas à les insulter et à porter plainte contre elles (notamment pour « séquestration ») : bien qu’il la retirera quelques jours plus tard, il ne s’est pour autant ni excuser ni remis en question. Pire, il a traîné devant le conseil de discipline de l’UFC un étudiant en lutte, qui a écopé de deux ans d’exclusion avec sursis. Bloquer la fac est donc un des moyens à notre disposition de lui rappeler que nous n’oublions absolument rien de sa collaboration active avec la répression.

[Besançon] Solidarité face à la répression – Mercredi 31 mai à partir de 9h30 devant le TGI

Solidarité face à la répression !

Solidarite31maiCette année 2016-2017 a vu un déferlement répressif à l’encontre des luttes sociales et de celles et ceux qui n’entendent pas se résigner au rouleau-compresseur du capital et de l’Etat. Que ce soit contre l’austérité à l’université, ou bien dans la rue et devant les lycées contre la mascarade électorale, il existe encore des individus qui refusent d’abdiquer en se faisant entendre dans la rue et leurs lieux de travail et d’étude.

Ainsi, ce mercredi 31 mai 2017, quatre personnes seront déférées devant le TGI de Besançon pour leur participation à ces luttes :

Pour l’occupation de la Maison de l’Université du 22 novembre, un étudiant est inculpé pour « intrusion ; outrage et violence aux forces de l’ordre ; refus de prélèvements d’empreintes et d’ADN ». Cette action visait à empêcher la tenue du Conseil d’Administration de l’Université, qui s’apprêtait alors à voter des mesures d’austérité (suppression de filières, diminution d’heures de cours à l’UFR SLHS). Ce jour-là, plusieurs centaines de personnes ont investi le hall d’entrée du bâtiment. Un groupe d’étudiant.e.s a tenté de monter à l’étage pour empêcher le vote, mais les policier.e.s sont intervenu.e.s violemment, n’hésitant pas à frapper sur les doigts d’une étudiante suspendue dans le vide à coups de matraque. La répression à la fac de lettres a franchi un nouveau palier le 14 février 2017, lorsqu’une vingtaine d’étudiant.e.s a fait irruption dans cette même salle de réunion afin d’empêcher le vote entérinant la sélection en master. Le président de l’UFC, Jacques Bahi, a eu recours aux forces de l’ordre, qui ont déboulé à une quarantaine pour expulser et placer en garde à vue (allant jusqu’à 24h pour la plupart et jusqu’à 45h pour les deux soi-disant « meneurs ») ces récalcitrant.e.s à la marchandisation de l’université. Des poursuites judiciaires sont également à prévoir.

Dimanche 7 mai, peu de temps après la dispersion de la manif « contre la mascarade électorale » à l’occasion du 2ème tour des élections présidentielles, deux manifestants ont été arrêtés par la police puis placés en GAV pour 24h. Ils sont poursuivis pour des « dégradations » sur des banques.

Enfin, lors du blocus au lycée Pasteur contre « la mascarade électorale » mardi 9 mai, une lycéenne a été arrêtée puis emmenée au poste pour « outrage et violences à l’égard des forces de l’ordre ». Son tort ? Avoir pris la défense d’une de ses potes prise à partie par les policier.e.s (insultée et bousculée).

Toutes et tous devant le TGI (rue Mégevand, en face de la mairie) mercredi 31 mai dès 9h30 pour montrer notre solidarité avec les quatre personnes inculpées !

La répression ne fera jamais taire la rébellion ! La solidarité est notre arme !


Par ailleurs, un militant libertaire bisontin est poursuivi pour « diffamation » à l’encontre d’un responsable des expulsions de sans-papiers à Besançon, le secrétaire général de la préfecture du Doubs, Jean-Philippe Setbon. Il passera en procès le mercredi 7 juin pour avoir publiquement dénoncé la politique inhumaine de la préfecture du Doubs à l’encontre des migrant.e.s sur le blog du « Libertaire Bisontin » (plus d’infos sur https://lelibertairebisontin.wordpress.com et sur https://nantes.indymedia.org/articles/35853).

Affichons notre solidarité et soyons présent.e.s au TGI ce mercredi 7 juin à 13h30.

Voir / Télécharger le tract au format PDF

[Besançon] Contre la mascarade électorale, prenons la rue ! (Dimanche 7 mai à partir de 20h place de la Révolution)

Nous relayons l’appel de « Génération Ingouvernable Besançon », qui appelle à manifester le soir du 2ème tour des élections présidentielles à partir de 20h place de la révolution.

NI LEPEN NI MACRON, NI PATRIE NI PATRON – REVOLUTION !

Le tract A5 au format PDF

[Tract du 1er mai libertaire] De l’abstention à l’anarchie

S’abstenir, oui mais pourquoi ?

	Face au manque de confiance de plus en plus évident, envers le système politique en place, de plus en plus de gens, conscient.e.s chacun.e à leur façon, s'abstiennent d'aller voter. Même si le discours républicain, omniprésent, décrit les "abstentionnistes" comme des feignants ou des irresponsables désintéressés, nous savons que beaucoup de celleux qui refusent d'élire ont une réelle conscience politique. Que ce soit par écœurement de la "politique politicienne" (promesses, mensonges, opportunisme carriériste, affaires judiciaires et autres frais de bouche indécents) et / ou par une forme de lucidité motivée par un idéal politique, comme l'anarchie, les raisons de ne pas se soumettre au jeu électoral sont multiples.
	En tant qu'anarchistes, nous n'oublions pas que l'abstention, loin d'apporter une solution immédiate, reste néanmoins une façon de ne pas donner son accord, son adhésion à cette forme d'organisation politique qu'est la démocratie dite "représentative". En effet, moins le taux de participation au scrutin est élevé, moins les candidat.e.s, quel que soit leur score, se trouveront légitimes dans leur tentative de prendre le pouvoir.

Donc on ne vote pas, mais après ?

	L’abstention est loin d'être une fin en soi, c'est un moyen d'expression contestataire, mais pas un moyen concret d'avancer. Si nous, anarchistes, refusons pour la plupart de voter, c'est parce que, à l'opposé de la démarche électorale, nous préférons lutter par nous-mêmes, de façon concrète et active. Le temps et l'énergie que nous investissons quotidiennement dans des mobilisations contestataires et / ou solidaires, représentent à nos yeux la meilleure résistance possible contre le capitalisme, tout en démontrant dès aujourd'hui qu'une organisation autogestionnaire est possible, en plus d'être souhaitable. Pour nous, cet engagement est bien plus efficace et prometteur pour l'avenir, que ne peut l'être l'élection d'un chef, aussi bien d'un point de vue politique que pour des avancées concrètes dans nos vies personnelles.
	Nous pensons que la libération des individu.e.s et l'égalité sociale ne s'obtiendront que par les luttes solidaires des classes dominées. Les congés payés, la limitation du temps de travail hebdomadaire, le salaire minimum, les systèmes de solidarité comme le financement des retraites, sont quelques exemples de droits acquis suite à de nombreuses luttes. L'Etat-providence n'est pas un cadeau que nous auraient fait les dirigeants, par altruisme ou philanthropie. Il n'existe que parce qu'il a aidé à contenir les révoltes.

 Alors on fait la révolution, mais après ?

	Nous ne prétendons pas avoir de solutions toutes faites et toutes prêtes, qu'on diffuserait comme une vérité dogmatique. D'ailleurs, une telle attitude s'apparenterait bien plus à l'approche des partis politiques, voire à celle de la "mouvance"conspirationniste.
Nous pensons que l'expérimentation est un principe nécessaire à une progression politique et sociale, sur des bases autogestionnaires. Nous la développons déjà quotidiennement dans les organisations de nos groupes, syndicats, squats, et dans nos relations humaines en général.

Donc l'autogestion c'est quoi ?

	La forme d'organisation sociale et politique que nous promouvons repose sur le principe d'horizontalité (absence de hiérarchie), indispensable pour traiter toute personne de façon égalitaire, et nous préserver du pouvoir qui découle des statuts de "supérieur.e.s". Un autre élément central est l'exigence d'une participation des individu.e.s dans le processus de prise de décisions, au sein d'assemblées générales (discussions collectives), afin de ne pas abandonner ce droit et ce devoir à d'autres. 
Un des principes fondamentaux de l’autogestion est aussi que tout mandat soit impératif et révocable. C'est à dire que quand quelqu'un est élu, c'est pour une tâche bien précise qu'il ne peut pas outrepasser, et que la personne peut être démise de son mandat à n'importe quel moment, si on estime qu'elle ne fait plus ce qu’on lui a demandé.
	C'est un des gros défauts dans l'organisation électorale que nous contestons : donner tout le pouvoir à une personne pendant cinq ans, sur la base d’un programme qui ne nous convient déjà pas au départ, et que rien ne l'oblige à mettre en application par la suite.
	Selon nos principes de base, toutes les décisions sont prises en assemblées générales, assemblées auxquelles tout le monde a le droit de participer, et a exactement les mêmes droits et les mêmes pouvoirs que tou.te.s les autres. Certes, on choisit quelques personnes au début de chaque assemblée pour former un bureau chargé d'organiser les discussions, mais justement, avec un mandat impératif et révocable. Nous considérons que c'est sur ces bases-là qu'on peut parler de démocratie.
Ok, mais comment on s'organise dans l'espace ? Si il n’y a plus d'État, il n’y a plus de pays ?

	Par le fédéralisme, sans pour autant reproduire le système suisse ou américain. Par exemple, on pourrait très bien construire une société dans laquelle différents groupes se réuniraient en assemblées générales. Les principaux axes de regroupement seraient les lieux de production et les lieux de vie (quartiers, villages), mais on peut très bien en imaginer d'autres. Chaque personne concernée par sa propre situation (en tant que travailleur/euse, habitant.e ou n'importe quel autre critère d'appartenance posant un problème social) pourrait alors s'exprimer et prendre part aux décisions qui impacteront ensuite ses conditions de vie. Entendu de cette façon, le travail serait radicalement différent de ce qu'il est aujourd'hui pour la majorité des gens, c'est à dire un monde où règnent la pénibilité, la peur, l’égoïsme, le harcèlement sexuel, et le manque d'utilité et donc de reconnaissance sociale.
	Nous sommes tout à fait conscient.e.s qu'une fois que le capitalisme sera détruit, il faudra quand même bien produire de quoi vivre. Mais l'avantage du modèle d'organisation que nous défendons, c'est que tout le monde pourra participer aux décisions d'investir, ou pas, nos forces de travail dans telle ou telle ressource ou telle ou telle cause jugée utile et prioritaire.
Ces assemblées locales pourront se concerter dans des assemblées régionales, avec ces fameux mandaté.e.s impératifs et révocables, qui pourront à leur tour mandater et se concerter dans des assemblées elles mêmes à plus grande échelle, c'est à dire nationales, continentales, voire mondiales… sans que le pouvoir sur les décisions ne passe dans les mains de quelques-un.e.s.

Super principe, mais ça ne risque pas de prendre beaucoup de temps ?

	Si, en effet ce système demande nettement plus de temps. Mais si on veut tou.te.s avoir notre part de pouvoir pour réellement peser dans l'organisation collective et avoir notre légitime "part du gâteau", il faut
s'investir beaucoup plus que de mettre un papier dans une boite tous les cinq ans. Par exemple, si le pouvoir était réparti équitablement, on ne dépenserait pas toutes ces forces à construire des produits de luxe pour les riches. Qui, à l'heure actuelle, peut s'acheter une porsche? Qui se déplace fréquemment en avion au point de vouloir construire un nouvel aéroport comme celui de Notre Dame des Landes? 
La haute bourgeoisie ou les "très très riches", en possédant la plus grande partie du capital, orientent la production dans les secteurs qui les intéressent et qui génèrent le plus de profits, même si cela passe par des guerres ou un recul de nos conditions de vie. 
	Dans une société libertaire, l'obsolescence programmée, qui consiste à prévoir un dysfonctionnement inévitable afin de créer une panne et contraindre les gens à racheter de nouveaux biens de consommation, n'existerait tout simplement pas. Nous produirions utile et efficace pour que personne ne manque de rien de fondamental. En sélectionnant ainsi nos priorités sociales et économiques, on pourrait dégager suffisamment de temps pour nous consacrer à une vraie citoyenneté. Cet élan citoyen devrait nécessairement s'accompagner d'une refonte de l'école, laquelle laisserait une place importante pour une réelle instruction civique des enfants et des adolescent.e.s, orientée vers l’apprentissage de la réflexion politique et de l’organisation collective.

Voici quelques principes de base théorisés, et surtout utilisés concrètement, par les anarchistes depuis maintenant plus d'un siècle. Nous ne sommes pas contre tout, nous n'allons pas manifester ou organiser des  actions juste pour le plaisir de caillasser quelques flics (même si ça peut largement se comprendre) ; nous avons un projet concret derrière tout ça, trop souvent occulté par les partis politiques, les médias et aussi par les groupes non libertaires avec qui nous sommes alliés sur certaines causes. C'est pourquoi nous prenons aujourd'hui la peine d'expliquer quelques-uns de ces principes qui définissent l'anarchie, trop souvent ignorés des gens lorsqu'on leur parle de ce mouvement politique.

Et si je veux essayer tout ça, ou si je veux en savoir plus, je fais comment ?

Différents groupes anarchistes publient et vendent des journaux, des livres, mettent des documents et des ressources à disposition, organisent des rencontres, des projections, des discussions ou simplement des permanences. Si tu es intéressé.e, tu peux t’adresser à la librairie L' Autodidacte, située place Marulaz à Besançon, lors de ses permanences.

 
Vive la révolution, vive l'autogestion, vive l'anarchie !!!