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Reprenons le chemin de la lutte ! Manif les 24 et 31 mars

Contre la « loi travail » et pour des conditions de vie décentes

Manif jeudi 24 mars – 11h, Place de la Révolution – Besançon

Manif jeudi 31 mars – 11h, Esplanade des droits de l’Homme – Besançon

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Reprenons le chemin de la lutte !

logo-chat-cnt-cercleManuel Valls aura au moins eu une bonne idée, il est temps de changer le nom du parti socialiste, celui-ci n’a en effet plus rien de social. Sur tous les plans (stigmatisation, politique sécuritaire, régressions sociales) le PS aura montré qu’il était aussi nuisible que la droite, voire plus. On appréciera aussi la compromission des « organisations de gauche » de la « société civile » qui n’ont pas bougé le petit doigt face à la politique réactionnaire du gouvernement.

Cette politique cible particulièrement le code du travail.

Après « l’Accord national interprofessionnel », le « Pacte de responsabilité », la « loi Macron », c’est au tour du projet de loi « El Khomri » de supprimer nos droits. Fractionnement du repos journalier, assimilation de l’astreinte au repos, remise en cause de la majoration des heures supplémentaires, licenciements facilités, plafonnement des indemnités prud’homales… La liste des mesures anti-sociales est longue. Mais au delà de ces points précis, c’est la philosophie générale du code du travail qui est en train de changer. Tous les nouveaux articles sont suivis de la mention « sauf accord de branche ou d’entreprise ». On s’oriente vers un droit du travail morcelé, fait au cas par cas en fonction des besoins des entreprises. On entend déjà le discours du patron à ses salarié-es : « Bon, ça va pas fort en ce moment. Soit vous me signez cet accord, soit je ferme la boîte. » Nous ne défendons pas une vision centraliste et légaliste, pas plus qu’un code qui ne nous protège pas de l’exploitation patronale, mais nous refusons que ceux qui vivent de notre travail puissent déroger par le chantage aux droits durement conquis.

Le bilan du gouvernement et de la gauche en général est affligeant, y compris cette gauche « d’opposition » incapable de proposer autre chose que toujours plus d’Etat et de bureaucratie. Mais il faut se poser une autre question, qu’avons nous fait, nous tous et toutes, pendant ce temps ? Alors que les banques, à l’origine de la crise, se gavent à nouveau grâce à des taux directeurs* au plus bas, alors que l’Etat récupère sur le dos des plus faibles l’argent qu’il a donné aux banques, nous acceptons toujours l’idée de crise : que l’acquisition de nouveaux droits est impossible et que nos acquis sociaux sont tout aussi précaires que nos emplois. Alors que la France expulse, bombarde, et prend chaque jour un visage plus sécuritaire, chacun-e se débrouille de son côté et tant pis pour les autres.

Il est temps d’arrêter avec ce discours défaitiste, de se mobiliser pour défendre nos acquis mais aussi pour réclamer de nouveaux droits pour les travailleur/euses ainsi que pour celles et ceux qui sont privé-es d’emploi. Le mouvement de résistance contre la réforme du code du travail a de quoi nous redonner espoir et confiance dans notre force collective.

Surtout, il est temps de reposer la question d’une société dans laquelle personne ne pourrait tirer de profit du travail des autres, où tout rapport de domination (capitaliste mais aussi raciste, sexiste, religieux, etc.) serait condamné et combattu. Il est grand temps de poser la question d’une révolution sociale et libertaire ici et maintenant… et de trouver des réponses.

Nous avons droit à une vie digne et personne ne se battra à notre place pour l’obtenir.

 *Taux d’intérêt auquel la Banque centrale européenne prête ses capitaux aux banques commerciales