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[Besançon] Répression à l’université : Les deux derniers inculpés pour l’action au conseil d’administration libérés ! [Mise-à-Jour 16 février 2017]

Mise-à-jour jeudi 16 février 2016:

Vers 13h, les deux derniers camarades arrêtés ont été libérés, après 48h de garde-à-vue. Celle-ci a été prolongée pour le motif de « violence sur agents ». Toutes les personnes inculpées sont ressorties libres sans contrôle judiciaire mais pour certaines d’entre elles, des convocations chez les flics sont malheureusement à prévoir.

L’AG de ce midi a voté pour les démissions du président de l’UFC Jacques Bahi et du doyen de la faculté de lettres André Mariage: ces deux représentants de la bureaucratie universitaire, qui sont les premiers responsables de l’austérité à la faculté de lettres, ont déposé de nombreuses plaintes et assurent des conseils disciplinaires aux étudiantEs effrontéEs qui osent lutter contre la mise à mort de l’UFR SLHS. Pour vendredi 17 février, un appel à la grève a été lancé parmi les profs et une manif est prévue pour 10h dans la cour du bâtiment de la faculté des lettres.

Faisons bloc contre la répression! Solidarité avec touTEs les inculpéEs !

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Hier, mardi 14 février, 19 camarades (et non 18) ont mené une belle action : empêcher le conseil d’administration de l’université de voter la mise en place de la sélection à l’entrée en master. Cette mesure n’avait pas été débattue avec les étudiant.e.s, presque pas informé.e.s. Le but de l’action était de retarder ce vote pour que le débat ait lieu. Le CA ne s’est pas tenu, bravo aux camarades !

Mais une victoire contre des salauds, appelle souvent une réponse dégueulasse. Mr Bahi et ses sbires se sont montrés vicieux, malhonnêtes, et la police s’est fait un plaisir de tabasser et d’embarquer nos camarades. Aujourd’hui les 19 camarades ont encore passé toute la journée dans les cachots de l’état policier. En fin d’après-midi, certain.e.s d’entre elles et eux ont été libéré.e.s après 24h d’enfermement nauséabond, au milieu de ces mauvaise fréquentations que sont la flicaille.

Mais la garde à vue de deux de nos camarades a été prolongée à 48h, sous prétexte qu’ils seraient « les meneurs ». En réalité, parmi les 19 militant.e.s arrêté.e.s, on pouvait compter exactement 19 meneurs. S’organiser sans chef.fe.(s), voilà qui déroute les instances autoritaires de l’université, de la « justice » et de la police ! Mais qu’à cela ne tienne : ils en inventent…

Deux de nos camarades sont toujours enfermés ! Nous poursuivons notre mobilisation de soutien devant le commissariat de la gare d’eau. Rendez-vous dès 8h, comme hier.

Deux qui restent enfermés, c’est deux de trop !

Nous exigeons la libération immédiate de nos deux camarades injustement détenus,
le retrait de toute sanction, judiciaire ou universitaire,
et la démission de l’infâme Bahi.

[Besançon] Répression à l’université : Liberté pour nos camarades !

Plusieurs personnes ont annoncé qu’elles seraient présentes ce jeudi 16 février 2017 dès 8h devant le commissariat de la Gare d’Eau. Une AG se tiendra à 10h à la fac puis nous y rejoindra.

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Liberté pour nos camarades !

Ce mardi 14 février, le conseil d’administration de l’université devait voter la sélection à l’entrée en master (impliquant un renforcement de la compétition et un lourd désavantage pour les étudiant’s précaires).

Une vingtaine de nos camarades, en grande partie membres de l’AMEB Solidaires Étudiant-e-s, ont décidé de bloquer le conseil d’administration de l’université, pour obtenir un report du vote et avoir le temps d’informer les étudiant’s sur le danger d’une sélection en master.

Cette action, déterminée mais pacifique, a dégénéré de la part de la police. En effet, c’est une quarantaine de CRS en tenue de combat qui sont venu’s déloger vingt étudiant’s dépourvu’s d’intentions belliqueuses.

Nos camarades ont trouvé un accord avec la police pour sortir des locaux dans le calme… mais ont en fait subi, très gratuitement, une violente charge policière. Après un déluge de coups de matraque, iels ont été menotté’s, emmené’s au commissariat et placé’s en garde à vue.

Des plaintes abusives pour séquestration ont été déposées à leur encontre, alors que c’est la direction elle-même qui a « séquestré » le CA, en l’enfermant dans sa propre salle de conseil ! Ainsi que des plaintes pour « rébellion » envers deux personnes qui ont osé se défendre à mains nues contre les matraques…

Un rassemblement de soutien s’est aussitôt mis en place devant le commissariat, et 70 personnes (dont un membre du CA, choqué de découvrir la violence policière) ont clamé, pendant plus de trois heures, leur solidarité avec les enfermé’s et leur refus des méthodes policières.

Nous exigeons la libération immédiate de nos camarades, l’abandon de toutes les poursuites engagées à leur encontre, et la démission de la présidence de l’université.

Nous appelons à poursuivre cette mobilisation de soutien, par un rassemblement dès demain matin. Rendez-vous
ce MERCREDI 15 FÉVRIER à 8h
devant le commissariat de la gare d’eau

 

***** (communiqué de l’AMEB) *******

Communiqué de l’AMEB Solidaires étudiant-e-s suite à la mise en garde à vue de camarades membres ou proches du syndicat.

Liberté et abandon des poursuites envers nos camarades !

Aujourd’hui devait se tenir le Conseil d’Administration devant voter la sélection à l’entrée en master (impliquant un renforcement de la compétition entre élèves, un désavantage envers les précaires…) ; en bref, la fin d’une université ouverte à tou-te-s.

Une vingtaine de nos camarades, proches ou membres de l’AMEB Solidaires Étudiant-e-s, ont alors décidé de bloquer le CA, pour obtenir un report du vote et permettre d’informer les élèves sur le danger d’une sélection en master.

Cette action, qui se voulait pacifique et non-violente, et qui n’avait pour but que la lecture d’un communiqué et la non-tenue du CA, a dégénéré à l’arrivée des policiers, appelés par la direction de l’Université.

Nos camarades ont alors subi de fortes violences policières, et ont été sortis menottés de la salle du conseil avant d’être emmenés en garde à vue, alors qu’ils et elles demandaient simplement le report du CA.

Pire : des plaintes pour séquestration ont été déposées à l’encontre des militant-e-s, alors que ce fut la direction elle-même qui séquestra le CA, en l’enfermant dans sa propre salle de conseil ! Ces plaintes sont abusives.

Nous exigeons la libération immédiate de tou-te-s nos camarades, et l’abandon de toutes les poursuites engagées à leur encontre.

Militer pacifiquement pour une université de qualité et ouverte à tou-te-s ne doit pas être un crime !

Nous revendiquerons encore et toujours une université publique, gratuite, critique et populaire !

Pour l’Université: 11 décembre, rassemblement et manifestation

relayé depuis: http://syndicatameb.wordpress.com/2014/12/08/11-decembre-rassemblement-et-manifestation/
GEL DE POSTES SANS PRÉCÉDENT À L’UFC !

Depuis le passage aux « Responsabilités et Compétences Élargies », le bilan de la situation financière de l’ESR est accablant. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dénoncer cette situation.

L’annonce du gel de 11 postes à l’UFC, dont 7 en SLHS, en flagrante contradiction avec la lettre co-signée par le Président il y a deux ans, témoigne des difficultés considérables que rencontre notre université pour remplir sa mission de service public.

Pourtant, depuis cette rentrée, on constate un accroissement des effectifs de l’ordre de 15 % en 1ère année, et de 20 % dans certaines disciplines. D’ailleurs, pour faire face à l’afflux d’étudiant-e-s dans certaines filières (comme la psycho), la présidence envisage la mise en place d’une sélection à l’entrée par tirage au sort !

Cette logique austéritaire, appliquée depuis des années, a des conséquences désastreuses pour nos conditions d’étude et de travail : réduction des volumes horaires, filières menacées de suppression, amphis surchargés, navettes forcées entre Dijon et Besançon suite à la mutualisation de certaines formations, etc.

Si nous ne réagissons pas, cette situation ne fera qu’empirer : le budget 2015 pour l’Enseignement supérieur et la recherche a encore été amputé de 160 millions d’euros !


Contre les violences policières et la répression des mouvements sociaux

Suite à la mort de Rémi Fraisse, la mobilisation contre les violences policières ne faiblit pas et continue de s’organiser dans les universités (plus de 1000 étudiant-e-s et personnels à chaque AG à Toulouse) et dans la rue (une vingtaine de manifestations dans toute la France samedi 22 novembre).

Les assemblées générales du 20 et 27 novembre, qui ont rassemblé des étudiant-e-s et enseignant-e-s de l’UFR SLHS, ont souligné la nécessité d’articuler la lutte contre les mesures d’austérité à l’Université avec la mobilisation contre la répression du mouvement social, qui sont deux pans d’une même politique au service des intérêts privés.

Pour s’opposer à ces mesures et organiser la mobilisation, l’assemblée générale du 27 novembre, soutenue par l’AMEB-Solidaires Etudiant-e-s, SUD Éducation, le SNESUP-FSU, la FERC-SUP CGT et l’UNEF, appelle l’ensemble des étudiant-e-s, enseignant-e-s, et personnels de l’université à participer à la

JOURNÉE D’ACTION

JEUDI 11 DÉCEMBRE :

 

10h00 RASSEMBLEMENT COUR SLHS

 14h00 MANIFESTATION (Départ rue Mégevand-Arsenal-CLA-Présidence rue Goudimel)

Tract 11 décembre

Affiche 11 décembre 2014

Leur université n’est pas la nôtre.

image communiqué cnt57
Communiqué de presse du 14 octobre 2014 :

Jeudi 2 octobre, Vincent Goulet – sociologue – rendait publique via la presse sa lettre de démission du poste tant convoité de maître de conférence qu’il occupait depuis 4 années à l’Université de Lorraine. Dans cette lettre, qu’il adresse à l’actuelle secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche, Geneviève Fioraso, notre collègue met le doigt sur une situation désastreuse. Son constat est clair : l’université est aujourd’hui une véritable entreprise.

En effet, suite au désengagement progressif de l’État du financement de la recherche, les moyens et les conditions de travail des enseignants chercheurs se sont sensiblement dégradés. Outre le fait qu’obtenir du « papier et des crayons » est devenu si compliqué que les collègues sont obligés de fournir eux même le matériel nécessaire à l’enseignement, obtenir des financements pour la recherche induit aujourd’hui une surcharge de travail administratif sans précédent. Et quel travail : dans les universités « autonomes », plus de place pour le financement de la recherche fondamentale, ni pour un enseignement de qualité : travailleurs du supérieur, débrouillez vous pour vous vendre, mettre en œuvre des stratégies marketing et répondre aux besoins du patronat si vous souhaitez décrocher des financements. Si bien qu’aujourd’hui, la préoccupation première d’un enseignant chercheur n’est plus de chercher ni d’enseigner, mais bien de manager et d’être rentable sur le marché de la formation. Pire encore, c’est être attractif aux yeux des intérêts du privé dans la cadre d’une concurrence sans limite avec des collègues d’autres départements et d’autres universités.

Et que dire de la situation de l’emploi dans le supérieur qui se précarise tous les jours un peu plus. Car si le nombre de postes de titulaires est gelé, et que l’enseignement et la recherche se font désormais avant tout en tant que contractuel ou vacataire, nous n’oublions ni les suppressions de postes chez les personnels administratifs ni la sous traitance de l’entretien auprès de société privées.

Rappelons le, cette situation est la conséquence d’un long processus de privatisation et de libéralisation des universités, concrétisé par les gouvernements de droite comme de gauche par la succession des réformes LMD , LRU, les fusions d’université dans la cadre du statut de Grand Établissement, et l’application actuelle de la loi dite « Fioraso ». Cette logique, qui voudrait faire des universités des outils de la rentabilité capitaliste plutôt que des lieux de recherche, de transmission du savoir, et d’émancipation, la CNT, comme des nombreux étudiants et personnels des université, l’a combattue sans relâche ces dernières années, pendant que les syndicats majoritaires dans le supérieur refusaient d’appeler à la grève, ou constataient passivement depuis leurs sièges dans les instance dites représentatives l’aboutissement du projet de fusion des universités de Lorraine.

Nous le réaffirmons, si cette situation catastrophique de l’université de Lorraine ne nous étonne guère c’est avant tout parce nous restons convaincus que ce n’est pas dans la cogestion de salons, ni dans les marches symboliques que nous obtiendrons satisfaction. Pour contrer la logique capitaliste, pour construire une université égalitaire, émancipatrice et accessible à tous, c’est la solidarité interprofessionnelle, la construction d’une riposte sociale à la base, et la lutte collective qu’il nous faut développer.

[Education] Lycées pro en lutte: Interview

Lycées pro en lutte

 Interview avec Sylvain, enseignant au lycée professionnel de Montjoux, en lutte contre sa fermeture, réalisée le 28 mai 2014.

 Pour commencer peux-tu nous dire ce qui a déclenché la mobilisation à Montjoux?

 Pour retracer l’ambiance de Montjoux, c’est un lycée où la direction n’est pas très au fait de son personnel, c’est le flou total, il n’y a pas vraiment de direction au lycée professionnel (LP) de Montjoux depuis une dizaine d’années. Et ce qui a déclenché le mouvement c’est que, par voie syndicale notamment, on a eu des bruits de couloirs comme quoi un « plan lycée » allait être mis en place. Ensuite on a eu des précisions parce que la vice présidente de région Mme Laroche a laissé entendre dans une réunion que certains lycées étaient menacés de fermeture. C’était plus ou moins vague mais on a entendu les noms de Montjoux, Delle, Bavilliers (90), mais en même temps rien n’était précisé, tout était extrêmement flou. Ce qui nous avait aussi alertés c’est qu’en Lorraine, le recteur et le président du département des Vosges avaient annoncé que leur lycée des métiers du bois ne fermerait pas et qu’à la place ce serait celui de Mouchard, en Franche-Comté. Donc tout un tas de petits signaux, et avant les vacances on a eu le coup de tonnerre, à savoir que Montjoux était vraiment menacé, le proviseur était au courant. Trois jours avant cette annonce, en conseil d’administration, j’avais demandé à la conseillère régionale présente et au proviseur lui-même ce qu’il en était de ces rumeurs de fermeture. Tous deux, plus ou moins ironiquement, m’ont répondu : « Mais non, vous avez peur encore une fois, on n’a rien entendu, le proviseur ne part en retraite qu’en 2016 donc au moins jusque-là le lycée restera ouvert ».

Suite à cela j’ai fait avec une collègue une heure d’info syndicale où beaucoup de monde est venu, et on s’est dit : « il y a un problème, on doit nous répondre au lieu de nous laisser dans le flou ». Le lycée Montjoux représente environ 80 personnels, voire pas loin d’une centaine avec les gens qui travaillent dans d’autres services, notamment le CFA public, et tous ces gens se sont dit : « Il va falloir qu’on se mette en grève, qu’on se mobilise, qu’on nous reçoive, qu’on discute avec nous ». On a fait un vote à main levée, sur 50 ou 60 personnes présentes seules deux se sont abstenues, donc on a décidé de faire une journée de grève, c’est là que ça a démarré. C’était le mardi 13 mai, juste après les vacances.

Par la suite vous avez mené une série d’actions, de rassemblements…

 Ça a démarré par un dépôt de préavis de grève, on a contacté les médias pour faire parler de nous, et on a décidé de bloquer l’avenue Marceau, la rue qui passe devant notre lycée, avec des drapeaux, des banderoles, en empêchant les voitures de passer. On a été aidés à fond en cela par le syndicat Force ouvrière (FO), et on a tenu pendant deux heures sous la pluie. Le proviseur, dans son cynisme, a cru bon de dire à certains apprentis qu’on était en train de faire une chorale, pour se moquer de nous. Suite à cela nous sommes remontés dans le lycée pour faire une assemblée générale, pour parler de ce qu’on allait faire par la suite. Il suffit d’un déclenchement pour que les gens dégagent de l’énergie, parce que là tout le monde s’y est mis et a pris en charge des ateliers : rédiger un tract, un communiqué de presse, prendre contact avec les parents d’élèves, avec les entreprises – puisque nous sommes un lycée pro il faut que les patrons soient au courant qu’ils n’auront plus d’ouvriers sous la main, car quoi qu’il en soit c’est le nerf de la guerre, les ouvriers sont mal payés mais sans eux rien ne se fait. Et puis contacter tous les élus : la mairie, les députés, conseillers régionaux ; et essayer de mobiliser les élèves. Il faut savoir qu’on est dans un lycée pro industriel, et les élèves ne voient pas forcément l’enjeu qu’il y a à garder le seul lycée industriel de Besançon.

Où en est le mouvement aujourd’hui?

 Comme tout mouvement qui dure, on se cherche un petit peu. On a bloqué dans la foulée le Comité technique paritaire (CTP) du conseil régional, on est rentrés en force, en manifestation, toujours soutenus par tout un tas de collègues d’autres lycées voire d’autres corps de métiers. Le début d’un mouvement ça fait toujours un peu peur, on compte les troupes, si on n’est que vingt-trente personnes, même déterminés ça fait pas beaucoup, là on était une soixantaine. On a pris à partie les élus de la région, moi je leur ai rappelé qu’ils se disaient socialistes – je me rappelle du socialisme du début du XXème siècle où le mot n’avait pas du tout le même sens qu’on donne maintenant à ce parti politique qu’est le PS. Et puis on a réussi à se faire recevoir en délégation par le vice-président de la région, Bontemps, avec des représentants du lycée de Baume-les-Dames, de Montjoux et du personnel ATOS, c’est-à-dire l’entretien, les cuisines, etc. J’allais oublier que la veille on avait obtenu une audience avec Sylvie Laroche, c’est elle qui conduit le plan lycée, elle nous avait tenu un discours avec un argumentaire en quatre points, et le lendemain lorsqu’on a bloqué le CTP le vice-président Bontemps nous a tenu exactement le même discours. Donc ça s’est passé moins bien sachant qu’il y a du cynisme et du mépris, on nous prend un peu comme des gosses en nous disant : « Vous n’avez rien compris, de toute façon rien n’est fait, ne vous inquiétez pas, etc., etc. ». Sachant que la décision effective de fermer les lycées tombera le 27 juin, avec le vote du conseil régional sur le plan lycée, les discussions sont encore en cours.

On a aussi tracté dans tous les lycées bisontins pour que les gens soient au courant, parce que c’est difficile de se faire entendre. Les médias nous ont bien relayé, notamment l’Est républicain, ce qui est assez étonnant, je pense que c’est la journaliste qui nous suit qui aime bien ce mouvement. Et puis comme on ne nous entend pas on a bloqué une autre réunion du CTP, le jeudi 22 mai, à Planoise dans les locaux de la « Direction de la formation tout au long de la vie » (sacré programme). Là on nous a dit que la vice-présidente et le recteur étaient prêts à nous recevoir, mais uniquement des représentants syndicaux. Nous on voulait que ce soit les personnels dont le lycée sera supprimé qui soient reçus, ils n’ont pas voulu. Ça se comprend parce que là ils auraient eu la colère du personnel en face. Donc on est resté à peu près trois quarts d’heure devant la porte à tambouriner, tambouriner, et là on a deux collègues qui par ruse ont réussi à s’introduire dans les locaux et à nous ouvrir les portes, et on est rentré en force pour complètement bloquer la réunion du CTP. L’élue de la région a assumé son rôle, elle a défendu son projet en argumentant devant toute la manifestation – on était une centaine, le nombre augmente, avec tout un tas de lycées représentés – par contre le recteur n’a absolument rien dit, alors que c’est lui qui gère les personnels de l’éducation, et on était accompagnés de quelques élèves donc ça aurait été la moindre des choses qu’il dise quelque chose. On ne voulait pas réentendre l’argumentation en quatre points pour justifier le plan lycée, nous on voulait des réponses concrètes. Pas de réponse concrète donc on a bloqué le CTP. Sachant que le CTP se réunira de nouveau jeudi prochain* pour discuter de tout ça, est-ce qu’on va faire un nouveau blocage ? C’est la question, dans un établissement c’est difficile de toujours mobiliser les personnels à se mettre de nouveau en grève, perdre de l’argent, etc. Et puis au bout d’un moment dans un conflit comme celui-ci tout le monde commence à penser à son avenir personnel, à avoir un peu peur à cause des pressions hiérarchiques. Exemple de pression hiérarchique : lorsqu’on est partis en délégation à la région les gens de l’entretien ont demandé deux heures d’autorisation d’absence, on ne leur a pas accordé et on les leur a fait rattraper. Autre exemple : j’avais déposé une heure d’info syndicale pour le mardi après-midi, le proviseur m’a répondu juste avant l’heure pour me dire qu’il n’acceptait pas et qu’il voulait qu’elle soit déplacée à midi. Ce sont des petites choses, des détails, mais qui montrent bien que la hiérarchie est toujours prête à mettre la pression sur le personnel. Sachant que le personnel défend le collectif, un lycée pour des élèves, une façon de travailler, un savoir-faire éducatif – puisqu’on a un public un peu perdu, et nous on sait le ramener vers certaines valeurs, la construction d’un homme et d’un citoyen. C’est un grand mot, je le mets vraiment entre guillemets mais quand on a des gosses complètement déstructurés il y a des choses à rappeler, la notion de solidarité, d’effort sur soi-même.

Tu as parlé rapidement des syndicats, quel est leur rôle dans ce mouvement, et celui des assemblées générales?

J’adhère à un syndicat, la CGT, mais pour moi tous les syndiqués et syndicalistes doivent être frères. Et là le répondant qu’il y a eu de la part de FO, des mecs qui soutiennent, qui font le nombre, qui amènent de la sono, des drapeaux et leur énergie, tout ça, par rapport aux pressions hiérarchiques, fait que le personnel qui est en lutte se sent plus fort, se sent sécurisé par une centrale, qui connaît les lois, etc. Je trouve qu’il y a eu un soutien formidable, et après mon syndicat CGT, étant plus frileux – à la CGT Educ’action on a de moins en moins d’adhérents malheureusement – ils ont suivi. Mais ça y est, c’est parti, et maintenant on est en inter-syndicale avec plusieurs lycées, donc on se sent moins seuls, mais en même temps on ne voit pas le bout du tunnel, on ne sait pas comment ça va évoluer, mais il y a du soutien.

En ce qui concerne les assemblées générales, malheureusement ce que je ressens c’est que les gens sont plus ou moins attentistes, attendent que deux-trois personnes voire un syndicat prennent les choses en main, et là ils sont prêts à suivre et à dégager des énergies. Sinon beaucoup ont peur de se mettre en avant. Par exemple quand on a bloqué la rue du lycée j’avais demandé aux collègues ATOS de porter leurs habits de travail, et quatre dames sont venues me demander si elles avaient le droit d’être en tenue de travail dans la rue. Et je leur ai répondu : « Soyez fières, on vous supprime votre outil de travail et vous avez peur d’être hors la loi, ceux qui sont hors la loi c’est ceux qui suppriment ». Ça montre bien la peur qu’il y a, il y des contrats précaires, des salaires tout petits, des pressions, donc ils ont peur. Et dès l’instant où trois-quatre personnes motivées prennent les choses en main, plus un syndicat ou un mouvement, là les gens sont un peu plus prêts à aller à la lutte, mais c’est pas évident.

Et au niveau du soutien extérieur?

 Du côté des lycées qui ne sont pas concernés par les fermetures il n’y a pas grand-chose, c’est plus de l’action individuelle. Sachant qu’il y a un préavis de grève déposé tous les jours et qui couvre tous les lycées de Franche-Comté, certains se mettent en grève pour faire le nombre, mais très peu. Et quand on tracte dans les lycées, les collègues n’ont pas forcément d’écoute, je dirais même plus, c’est que dans l’éducation nationale où on avait des bastions de militants, maintenant on a des bastions de gens fuyants leurs responsabilités.

Il y a aussi des solidarités plus larges, j’ai vu un garde champêtre syndiqué FO, on a du soutien d’anciens de Montjoux, mais ça reste des actions individuelles. Il y a un truc sur lequel je voudrais insister, c’est le blocage. Il faut bien comprendre que le plan lycée est organisé par le PS, puisqu’il tient la région, et tous les leviers plus ou moins contrôlés par le PS ne sont pas mis en marche, notamment certains syndicats : la CFDT, l’UNSA. Si l’UMP avait eu le même projet le PS serait avec nous dans les manifestations et il y aurait beaucoup plus d’impact. Même la CGT qui a été un peu plus frileuse, c’est peut-être pour cette raison-là, il faut pas oublier qu’elle a appelé à voter Hollande. C’est là qu’on voit que tout ça est extrêmement politique, je vais avoir rendez-vous avec une députée socialiste et je pense qu’elle va être plus à l’écoute car elle est soit-disant sur l' »aile gauche » du PS.

Et de l’extérieur, qu’est-ce qu’on peut faire pour vous soutenir?

 Être le maximum le 27 juin, à partir de 9h, devant la région au moment où le conseil régional doit voter ce plan lycée, square Castan. Et relayer l’info, parce que c’est le souci de n’importe quel mouvement social. On parle d’un mouvement quand il y a des actions, mais un mouvement social ça dure même quand il n’y a pas d’action. Là on parle d’un lycée mais je pense à tous les salariés qui luttent dans les entreprises, notamment celles qui ferment, c’est leur souci, faire parler de soi. Et que tous les gens qui vivent autour en prennent conscience, car même les habitants autour du lycée semblent tomber des nues quand on leur dit qu’il va fermer.

De manière plus générale, peux-tu donner ton analyse de la situation actuelle de l’enseignement?

 L’analyse que je peux faire de l’enseignement, notamment professionnel, se fait sur deux axes. D’abord l’axe économique : l’État, cet Etat-providence qui existait encore il y a une vingtaine d’années, petit à petit se délite complètement. Avant, par l’enseignement professionnel l’État faisait un effort de formation, maintenant il ne veut plus du tout, et veut donc donner cet enseignement – qui coûte extrêmement cher par rapport à l’enseignement général (de par les machines : trois élèves peuvent travailler sur une machine qui coûte 300 000€, et il faut les changer assez souvent) – aux centres d’apprentissage privés, bien souvent tenus par le MEDEF. On veut éviter également la façon de protéger les apprentis, car les apprentis sont une main d’œuvre contrairement aux formations initiales, quand on compte qu’un patron peut embaucher un gosse sur trois ans plus ou moins gratuitement. L’État veut faire des économies en supprimant le professionnel, et apparemment la Franche-Comté est une région pilote là-dedans, avec ce plan lycées.

Le deuxième axe c’est l’éducation en elle-même. A savoir qu’il est clair et net que pour les patrons de tout un tas de corps de métiers, on va nous dire que ça ne sert à rien de faire de l’histoire-géographie, du français, qu’il suffit d’apprendre à remplir sa fiche d’impôts et à faire un mail ou lire un prix dans un magasin. On voit un appauvrissement de la culture depuis les dix dernières années, avec la suppression des diplômes professionnalisant de niveau 5 (les CAP), où on pouvait ramener des gosses en difficulté vers un métier et les faire reprendre goût à la vie. Et également la réforme dite du bac en trois ans, où on a regroupé les quatre ans du BEP puis Bac pro en trois ans, donc une année d’étude perdue, plus tout un tas de champs professionnels qui disparaissent ou sont dissous dans un gros gloubi-boulga d' »enseignement global ». On en arrive à une mauvaise formation, en gros. Donc tout ça pour en revenir au plan lycée, fait que la suppression des diplômes, de certains champs d’enseignement voire de certains corps de métiers, plus la compression de quatre à trois ans d’étude, plus la mauvaise orientation la plupart du temps à la sortie du collège, où on dit aux gosses de ne pas aller en lycée pro, fait qu’on a de moins en moins d’élèves en lycée pro. C’est le seul argument pour les fermer, le ratio mètres carrés/élèves, sachant que dans son cynisme la région prend en compte la surface de couloirs, et mesure les salles de machines au même titre qu’une salle de classe.

Merci pour ces éclaircissements, veux-tu ajouter quelque chose pour conclure?

 Moi je suis prof de français et d’histoire-géo, et comme disait mon grand-père : « la culture est plus facile à porter qu’une pioche ». Ça signifie en gros : qu’on soit ouvrier, cantonnier, caissière, ou qu’on soit énarque, commerçant ou n’importe quoi, on doit avoir de la culture. C’est par la culture qu’on arrivera à vivre ensemble et à se comprendre les uns les autres, et on n’assume plus ce rôle-là dans l’éducation nationale, ça fait une dizaine d’années. Si je me réfère à l’actualité toute fraîche, il vient d’y avoir un raz-de-marée Front national, et une des façons de le combattre c’est de faire en sorte de remettre du savoir et de la connaissance dans ces lieux où on évalue simplement des performances et des compétences. Et quelque part je suis là, par mon petit savoir, pour élever le citoyen, le salarié, etc. Et de toute façon on peut être contre tout ce qu’on appelle la république, mais quoi qu’il en soit le but affiché par exemple par le Conseil national de la résistance c’était bien d’élever une population, on peut retrouver les Lumières du XVIIIème siècle là-dedans, aller chercher la lumière. Maintenant, ça fait trente ans qu’on est carrément dans l’inverse, on veut plonger la population dans l’obscurantisme, et on y arrive petit à petit.

*La réunion du Comité technique paritaire du 5 juin a confirmé la fermeture des lycées Montjoux et Diderot (Bavilliers, 90), qui sera votée par le conseil régional le 27 juin.

[Besançon] Rassemblements les 26 et 27 juin – Poste et Education

– Le jeudi 26 juin 2014 à 14h : Rassemblement devant le centre de tri de la poste à Besançon (menacé de fermeture)

– Le vendredi 27 juin 2014 à 8h30: Rassemblement Square Castan devant le Conseil régional contre la fermeture des lycées (7 menacés en Franche-Comté) et contre la fusion des régions (Bourgogne/Franche-Comté).

Projection – Débat mardi 4 à la fac

LA CNT 25 VOUS INVITE :
Projection – Débat

AUTOUR DU DOCUMENTAIRE DE NAÏMA BOUFERKAS ET NICOLAS POTIN:

IL S’AGIT DE NE PAS SE RENDRE

(66 MIN, 2008)

Printemps 2006, Toulouse. La rue déborde, le gouvernement « entend ceux qui manifestent, mais aussi ceux qui ne manifestent pas ». Grèves, cortèges monstres, occupations et blocages. Le décor est planté, c’est le mouvement anti-CPE.
Deux mois de routine brisée, c’est peu, mais ça laisse du temps pour discuter, s’organiser, se confronter.
Grévistes, salariés, syndicalistes, policiers, usagers « pris en otage » : on est aux premières loges. Savoir terminer une grève ? Ne pas se rendre.

Mardi 04/02 à 19 h
Amphi Donzelot – Fac des Lettres
(32 Rue Mégevand, Besançon)

affiche ci-joint : prop_aff_projo_04.022014-1

http://CNTBESANCON.WORDPRESS.COM

Ne laissons pas le CA imposer l’austérité à l’UFC ! Rassemblement mardi 17/12 à 13h30 !

 

Tract reçu de l’AMEB-Solidaires étudiant.e.s :

NE LAISSONS PAS LE CONSEIL D’ADMINISTRATION IMPOSER L’AUSTÉRITÉ À L’UFC !

Le président de l’Université de Franche-Comté Jacques Bahi s’apprête avec son équipe à voter ce Mardi 17 Décembre en Conseil d’Administration des budgets 2014 largement insuffisants pour nos UFR.

Pourtant, il a signé une lettre de soutien à son homologue de Montpellier 3 Anne Fraïsse quant à sa demande au Ministère de hausser le budget de son université (risque de fermeture de la faculté de Béziers). Et ici alors ?

Le 10 Décembre, le Conseil de Gestion de l’UFR SLHS a voté contre son propre budget, en effet, sa situation est désastreuse :

  • gels de postes (une vingtaine d’enseignant-e-s en moins qu’en 2012),

  • licenciements (62 685 € de masse salariale en moins),

  • dégradation des conditions de travail et d’études (manque d’agents techniques, groupes de TD surchargés),

  • mutualisations-absorptions de formations (notamment par la fusion avec Dijon) et suppressions de spécialités,

  • locaux défectueux (Arsenal, Hérodote),

  • diminution des heures d’enseignement et examens incomplets…

En tout, ce sont plus de 117 000 euros que la « fac de lettres » se voit retirer pour 2014 (2,2 millions d’euros sur l’ensemble de l’UFC).

Nous, étudiant-e-s et personnels réunis en assemblée générale le 12/12, appelons l’ensemble de la communauté universitaire à venir manifester son désaccord :

RASSEMBLEMENT

POUR UNE UNIVERSITÉ DE QUALITÉ

MARDI 17 DÉCEMBRE À 13H30 DEVANT LA PRÉSIDENCE (LIEU DU C.A)

PLACE DE LA RÉVOLUTION AU CENTRE-VILLE