Archives pour la catégorie Livre/Revue/Bulletin

Le Chaboteur n° 19 est sorti

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Le Chaboteur n°18 est sorti

Au sommaire du Chaboteur n°18:

  • Notre-Dame-des-Landes : La ZAD appartient aux travailleurs et travailleuses !
  • Marionnettistes : la lutte continue
  • Ton droit du travail vaut bien une grève générale !
  • Impressions d’une première journée de lutte… et chronologie de la suite
  • Manifestation contre les violences policières et la répression du mouvement social
  • Tract 1er mai: état d’urgence sociale !
  • Conseils juridiques et pratiques en manifestation
  • Un peu de musique
  • Loi travail: Reprenons le chemin de la lutte !
  • La pilule rouge et noire #1: C’est quoi le genre ?
  • Pierre Monatte: Chronique n°3
  • Chroniques de livres
  • Jenny P. d’Héricourt: La femme affranchie
  • Intrusion de la police au local de la CNT Lille
  • Sur le web: DataGueule

Chaboteur 18

Téléchargez le numéro en cliquant sur l’image ou retrouvez-le  sur nos tables de presse.

 

Le Chaboteur n°17 est sorti !

Le Chaboteur n°17 est sorti !

Le sommaire du numéro:

  • Zyed et Bouna : les sept leçons d’un anniversaire
  • Compte-rendu du rassemblement pro-choix du 28 novembre
  • Pierre Monatte: Chronique n°2
  • À lire… »Comme un chat, souvenirs turbulents d’un anarchiste – faussaire à ses heures – vers la fin du vingtième siècle » de Floréal Cuadrado
  • Goodyear : la vraie violence c’est celle de l’État et du patronat !
  • Un camarade s’en va
  • Halte à la répression en Turquie
  • Contre l’état (d’urgence)
  • Réagir face à la barbarie
  • À lire… « Embardée » de Christophe Léon
  • Attentats de Paris: communiqué confédéral
  • COP21: Ils ne sont pas la solution, mais le problème

Chaboteur 17Téléchargez le numéro en cliquant sur l’image ou retrouvez-le  sur nos tables de presse.

 

Le Chaboteur n°16 est sorti !

Le Chaboteur n°16 est sorti !

Le sommaire :

– Le contrôle, c’est le vol!
– Chez Air France, les patrons mordent la poussière !
– El Ferrol, Rio de Janeiro, Zimmerwald ; contre la guerre : l’internationale ouvrière
– Besançon: Refusons la militarisation de nos vies !
– Pierre Monatte: Chronique n°1
– Librairie l’Autodidacte vandalisée
– Anarchie en Syrie ?
– Un peu de musique ?
– À lire…
– Brèves

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[« Insulte à l’autorité de l’État »] Le procès du Jura Libertaire

article tiré du Jura Libertaire

Vendredi 14 novembre 2014 à 13 heures se tiendra devant la 17e chambre correctionnelle de Paris le procès du Jura Libertaire, poursuivi suite à une plainte pour « injure et diffamation publiques envers la Police nationale », déposée en juillet 2010 par le ministre de l’Intérieur d’alors.

Dès l’annonce de la plainte, les médias libres notamment prenaient la défense d’Indymedia Grenoble et du Jura Libertaire, à l’exemple de Rebellyon.info :

Que 1000 Jura Libertaire et Indymedia Grenoble fleurissent !

Après la réhabilitation du délit d’outrage au drapeau la semaine dernière, le gouvernement poursuit sa mission de rééducation du peuple et d’instruction des « bonnes manières ». Et contre nos camarades du Jura Lib et d’Indy Gre, ce n’est pas le RAID ou le GIPN qu’il envoie comme à la Villeneuve pour leur faire respecter ces bonnes manières, mais une plainte pour atteinte à l’honneur (!) de la police.

Ce lundi 26 juillet, le sinistre Hortefeux a déclaré la guerre aux sites d’informations alternatives. Il voulait apparemment donner des billes aux flics mis en difficulté à Saint-Aignan et à Grenoble ces deux dernières semaines : après avoir par l’intermédiaire du secrétaire d’État Lellouche souhaité régler « le réel problème [rom] » au niveau européen (tout un poème), ce sont les médias alternatifs qu’il a donné en pâture à certains syndicats policiers.

Ne daignant pas citer de sa bouche immaculée nos camarades du Jura Libertaire et d’Indymedia Grenoble (la même bouche qui a été condamnée début juin pour propos racistes), il a annoncé avoir engagé une action pour « injure et diffamation publiques contre la police » à l’encontre de deux sites Internet.

L’Hortefeux a ensuite bien entendu laissé fuiter grossièrement quels étaient les sites visés : la fuite du ministère, ça permet de gratter le menton du pisse-copie préposé au copier-coller de la dépêche AFP, ça lui donne l’impression qu’il a une info de première main, il ronronne. Au passage, il recopie la mention « hostiles à la police » de la dépêche AFP rédigée en 10 minutes sans vérifier ce qu’il en est, il condamne les « sites anti-policiers » (20 Minutes, Nouvel Obs) ou, quand il est grand investigateur, il rajoute la mention oulalah, trop tendue, de la légende d’une illustration en première page du Jura Libertaire (« La police travaille… à l’apartheid social », dans l’« enquête » de Libé).

Le fait que le pisse-copie soit en train de scier la toute petite branche sur laquelle il/elle est assis ne l’effleure pas. Mediapart a déjà fait les frais ces dernières semaines de l’ire de l’Élysée après ses révélations sur l’affaire Woerth, mais ça ne l’émeut pas. Si le pisse-copie-colleur avait fait son taf, il aurait vu en quoi le Jura Libertaire et Indymedia Grenoble sont réellement hostiles à la police :

— ils ont diffusé des témoignages d’habitant-e-s de la Villeneuve, qui contredisaient la version policière (et médiatique, ça va de soi) (Réaction/analyse d’un habitant de la Villeneuve, Témoignage d’une habitante de Villeneuve…) ;

— ils se sont moqués de la tournée d’un quart d’heure d’Hortefeux à la Villeneuve (Hortefeux à Grenoble : chronique d’un non-événement) ;

— ils se sont faits l’écho des premières condamnations après les émeutes, non pas en relayant la dépêche du Sinistère, mais en relatant la manière dont se sont déroulés les procès (Récit des comparutions immédiates du 19/07).

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VOIR LE DOCUMENT | Tract de solidarité avec Le Jura Libertaire, distribué à Paris à l’automne 2010, lors du mouvement dit « des retraites »

Aujourd’hui, pour un média, être dans la ligne de feu d’Hortefeux est un signe de qualité. Pas besoin de label, juste d’une poursuite judiciaire. Nous sommes très fiers de la décoration remarquable que viennent de recevoir nos camarades et nous nous engageons bien sûr à les aider par tous les moyens à continuer leur œuvre.

Des membres du collectif d’animation et de modération du site d’infos participatif Rebellyon – 27 juillet 2010

P.-S. : Cela dit, peut-être le Jura Libertaire et Indymedia Grenoble sont-ils hostiles à la police autant que nous le sommes : hostiles aux humiliations quotidiennes, aux 500’000 gardav’ par an, aux cowboys de la BAC, aux contrôles d’identité cinq fois par jour au pied de ton immeuble, aux tentatives de te faire craquer par des petites insultes bien senties, aux flash-balls qui défigurent et aux Tasers qui peuvent tuer, à l’assassinat de tout « voyou » (une pensée pour Umüt) ou au faciès, au GIPN et au RAID qui te visent à la lunette toi et ta famille quand y’a du bordel dans le quartier, et puis à la Justice évidemment qui t’envoie au trou pour rien. Ça nous paraît être un signe de bonne santé. Pas vous ?

Références pour pas dire qu’on écrit n’importe nawak :
— Libé
— 20 Minutes
— mention spéciale à LeMonde.fr qui a réussi à placer « la branche grenobloise d’Indymedia », jolie évocation d’une vision terroriste des médias libres.

Plus de quatre années ont passé entre la bataille de La Villeneuve et celle du Testet. Force est de constater désormais que, si le journaliste et le politique sont les êtres les plus méprisés en France, le flic, lui, est le plus universellement haï.

La police travaille. Et c’est dans la foulée d’une nouvelle perquisition visant le JuraLib’ qu’intervient ce procès. Le 24 septembre dernier en effet, sous prétexte de rechercher les auteurs d’un texte antinucléaire (Sabotage Bessines … coucou c’est nous ! paru le 5 avril 2014 sur le JL), et sur la seule foi des dossiers montés de-ci de-là à l’encontre du JL, la section de recherches de la gendarmerie de Limoges, lors d’une descente dans le Jura et dans le Doubs, a saisi trois innocents ordinateurs.

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VOIR L’ARTICLE | « Après un sabotage, un incendie vise Areva » (LeParisien.fr, 8 avril 2014)

Est-ce à dire que, bien qu’en sommeil ces derniers mois, le Jura Libertaire demeure une cible de la censure et de la répression ? Quoi qu’il en soit, à l’heure où « 1000 Jura Libertaire et Indymedia Grenoble fleurissent » effectivement partout, sur papier, sur les ondes, sur la Toile et, en premier lieu, dans toutes les têtes, les bandes armées de criminels et leurs annexes spectaculaires-mafieuses n’auront pas assez de telles « analyses de textes » pour se défaire des forces révolutionnaires multiples qui s’agitent et s’emploient avec conséquence à faire reculer la police et son monde.

Le Jura Libertaire – 7 novembre 2014

La Gentrification par l’art

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L’avant-garde artistique est celle qui débroussaille les forets de la guerre immobilière pour les pouvoirs publics et les promoteurs. Tel est le processus de gentrification par l’art : comment faire d’un quartier populaire un quartier branché ?

1. Commencer par établir de grands projets municipaux, souvent culturels, comme un centre artistique.

2. Favoriser l’installation de commerces tertiaires adéquats, économiquement et culturellement sélectifs : boites de nuit branchées, ateliers créatifs, cafés et restaurants de cuisine créative, boutiques d’art ou de haute couture, salles de concerts, cinémas de gauche, magasins bio et détaillants de commerce équitable.

3. En même temps, commencer de grands chantiers publics : nouvelles places de crèche, universités, espaces associatifs citoyens, commissariats, espaces verts écologiques mais chics, systèmes de vélos en libre-service payant, construction de nouveaux axes de transports en commun.

4. Peut alors commencer la phase de nettoyage humain : augmentation des loyers de tout les habitats proches des chantiers cités plus haut, accélération des expulsions locatives sous divers prétextes tels que l’insalubrité, suppression du racolage par le harcèlement des putes pour permettre l’installation de bars à escort-girls, accélération aussi des expulsions de squats, adaptation du mobilier urbain pour repousser toute tentative d’oisiveté un peu plus loin, plus de surveillance technologique ou citoyenne et renforcement des effectifs de police urbaine de proximité.

5. Moins de pauvres et restructuration des quartiers : l’avant garde artistique peut alors servir d’appât. Favorisés, ils peuvent alors se regrouper dans un nouvel espace communautaire en traînant derrière eux la cohorte des admirateurs et de ceux qui doivent être là ou il faut être. L’admiration qu’ils suscitent parmi les masses grégaires de classe moyenne rend opérante la phase de substitution.

6. Phase de substitution des populations : le rêve se réalise. Les pauvres, harcelés, finissent par lever l’ancre et sont repoussés encore un peu plus aux confins des métropoles. De nouvelles populations s’installent alors, artistiques ou à la remorque des artistes. Plus enclines à « participer à la vie du quartier », c’est à dire à voter, à trier ses déchets et à prévenir la police de toute malversation. Là se trouve le jackpot urbaniste. Ces populations plus solvables et intégrées vont alors mieux consommer, et plus. Elles ne seront pas sujettes au chômage de masse et offriront une coopération sans faille aux différentes tentacules de la machine. Bien plus dociles, leur mécontentement n’ira jamais plus loin que l’insurrection pétitionnaire ou la cyber-manif. La ville se prémunit alors des émeutes urbaines, des guet-apens sur flics et pompiers ou de tout autre acte de dé-pacification sociale.

7. la dernière phase est la plus délicate, car cohabitent alors des populations socialement mixtes. Cette cohabitation difficile permet alors le renforcement de l’occupation policière afin de donner confiance aux porte-feuilles des nouvelles populations.

Quand le pinceau devient le prolongement de la matraque, flics et artistes sont deux moyens complémentaires de la chasse aux pauvres, les deux faces d’une même pièce.

Extrait de Non Fides N°IV, p.46, juillet 2009.

Trouvé dans une brochure sur infokiosque (cliquez ici)

La brochure est ici