Archives pour la catégorie International

[CATALOGNE] POSITION DES SYNDICATS CGT ET CNT DE CATALOGNE ET D’ORGANISATIONS LIBERTAIRES OU ASSOCIATIVES :

NOUS CHOISISSONS DE LUTTER

Nous, syndicats, organisations et collectifs signataires voulons communiquer aux travailleuses* et à l’ensemble des classes populaires notre position face aux différents événements qui se produisent actuellement dans les rues de nos villes et villages.

Depuis quelques années, nous avons vu comment l’escalade des tensions d’un conflit, déjà ancien, a été exploitée pour rogner les droits fondamentaux de la population. Nous venons d’une tradition syndicale et politique qui, historiquement, a défendu les droits et les libertés de la classe opprimée et qui s’est emparée des rues quand il a fallu lutter pour arracher au pouvoir tout ce qui nous permet d’être les acteurs de notre présent et de notre futur.
Comme libertaires et comme part active du mouvement syndical, populaire et associatif de Catalogne, nous défendons toujours le droit à l’autodétermination des peuples – en commençant par le nôtre – que nous entendons comme un principe de base du confédéralisme, afin de rendre possible la coexistence humaine dans un régime d’égalité. Il est clair pour nous qu’aucune émancipation ne sera possible sans l’étape préalable d’élimination de la structure qui soutient l’inégalité, le capitalisme. Tant qu’il n’en sera pas ainsi, les conditions de vie de la classe laborieuse continueront d’être écrasées par une oligarchie espagnole et catalane qui, au coude à coude, impose contre-réformes du travail et réductions des droits sociaux.

Ceci dit, nous voulons dénoncer la militarisation et la répression que nous impose l’État espagnol qui, montrant sa face la plus brutale et autoritaire, veut imposer sa volonté jusqu’aux ultimes conséquences. Nous avons toujours été contre ceux qui ont voulu militariser la Catalogne – et quelque autre territoire que ce soit – pour s’opposer aux grandes revendications populaires ou à tout désir d’émancipation sociale.

Nous nous opposons à la répression de l’État parce que nous l’avons subie de manière systématique et continue dans nos propres corps, dans la rue et dans les entreprises. C’est pour cela que nous voulons dénoncer aussi la nature répressive de la Généralité de Catalogne elle-même qui, ces dernières années, a poursuivi, cogné, arrêté et emprisonné toutes celles qui n’ont pas détourné le regard quand les droits civils et humains du peuple étaient piétinés. Nous n’oublions pas comment les Mossos d’esquadra [police de Catalogne] nous délogeaient de la place de Catalogne, portaient plainte et emprisonnaient des syndicalistes, nous poursuivaient pour avoir participé à la mobilisation qui cernait le Parlament [Parlement de Catalogne] quand on y rognait nos droits sociaux, qu’au moyen de macro-déploiements policiers, ils nous arrêtaient et emprisonnaient, comme dans les récentes opérations Pandora [vaste rafle policière dans les milieux libertaires], ou même tuaient et mutilaient [référence notamment à une interpellation « qui a mal tourné » dans le quartier du Raval à Barcelone]. Ainsi donc, nous ne permettrons pas que quiconque nous prenne ce qui nous appartient, quel que soit son drapeau.

Pour nous, l’autodétermination et l’émancipation de nos villages et de nos villes ne peut se circonscrire à un cadre territorial déterminé. La liberté collective ne sera possible que par l’action décidée du peuple et des travailleuses face à un État et des élites politiques qui maintiennent des structures antisociales, hétéro-patriarcales et oppressives, également défendues par certains secteurs de ce que l’on appelle souverainisme catalan.

L’autodétermination et l’émancipation ne seront possibles qu’au travers de l’action insoumise des opprimées, qui englobe la défense et l’amélioration de leurs conditions matérielles de vie. La socialisation des moyens de production et de la richesse ; l’élimination de toutes les formes d’oppression, comme l’hétéro-patriarcat et ses différentes structures de pouvoir, aussi bien explicites qu’implicites ; la plus large liberté de décision et participation au travers de l’action directe et l’autogestion : c’est cela qui nous rendra réellement libres.
Ainsi donc, nous pensons que c’est le peuple, constitué comme sujet politique et de classe, qui doit servir de base pour n’importe quel changement social important et, par conséquent, nous nous réjouissons du développement des organisations populaires de base pour pratiquer la désobéissance et faire face au contexte autoritaire existant. Nous voulons que cette attitude de désobéissance et d’affrontement à l’autorité dépasse la situation actuelle et s’oriente contre toutes les injustices auxquelles nous sommes soumises.
Pour toutes ces raisons, nous appelons les travailleuses de Catalogne à participer aux mobilisations en défense de nos droits et libertés et, de manière très spéciale, à participer de manière massive à la grève générale convoquée pour le 3 octobre. Parce que l’esprit combatif qui parcourt ce lieu de la Terre ne pliera pas si facilement, parce que nous sommes classe travailleuse et voulons décider de tout, c’est l’heure de sortir dans la rue, c’est l’heure de lutter.

– CGT Catalogne – CNT Catalogne et Baléares- Negres Tempestes – Embat, organisation libertaire de Catalogne- Heura negra, assemblée libertaire de Vallcarca- Oca Negra, assemblée libertaire del Clot – Camp de l’Arpa- Solidaridad Obrera

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Solidarité avec Lhassan Oumessaoud !

Malgré les intimidations, les services marocains ne feront pas taire la contestation en France !

Lhassan Oumessaoud est un membre actif des mobilisations à Paris en solidarité avec le mouvement de contestation dans le Rif. Ce mouvement se poursuit depuis plusieurs mois face à une militarisation et répression féroce du pouvoir marocain. Le rassemblement du mardi 3 octobre 2017, place du Trocadéro, dénonçait ouvertement les agissements du pouvoir vis à vis des rifains, et exprimait une solidarité envers les centaines de prisonniers rifains, dont ceux en grève de la faim et qui risquent de lourdes condamnations.

C’est avec colère que nous avons appris à l’issue du rassemblement que Lhassan Oumessaoud, qui y participait, a retrouvé sa voiture attaquée (vitre totalement détruite volontairement avec une pierre, rétroviseur arraché) et intégralement fouillée.

Lhassan Oumessaoud subit des actes de harcèlement répétés, et ciblés depuis plusieurs semaines. Sa voiture a été de la même façon saccagée au cours de la fête de l’Humanité. Il a également été ouvertement pris en filature par une voiture en région parisienne. Il est à noter qu’il avait subi également une attaque de son véhicule en 2012, pendant les mobilisations du mouvement du 20 février auxquelles il avait pris part activement.

Cette dernière agression du mardi 3 octobre, est un message clair, et ne fait que renforcer l’idée que c’est en tant que militant en solidarité au mouvement du Rif et contre les agissements du pouvoir marocain que Lhassan Oumessaoud est visé. Nous ne sommes pas étonnés, car les services marocains en France n’ont eu de cesse de multiplier les pressions sur les militants et d’agir de la sorte !

Aujourd’hui ces actes lâches et ouvertement ciblés sont un signal pour l’ensemble des militants solidaires des luttes sociales au Maroc ! Nous le prenons très au sérieux, et s’attaquer à l’un-e d’entre nous c’est s’attaquer à nous tous-tes !
Nous dénonçons fermement ces tentatives d’intimidations, et nous exprimons notre entière solidarité avec Lhassan Oumessaoud !
Nous resterons vigilants à ses côtés, et exprimons l’importance d’une réaction collective.

Comme le dit bien Lhassan, ceci ne fera pas taire la contestation, bien au contraire, et nous continuerons de dénoncer la répression que subit le peuple marocain sous dictature, ainsi que la complicité de l’État français !

Face à la répression des luttes sociales au Maroc, et aux intimidations sur les militants hors du Maroc, la solidarité restera toujours notre arme !

Liberté pour tous les prisonniers politiques au Maroc !

Paris, le 4 octobre 2017,

Secrétariat International de la CNT (Confédération Nationale du Travail

Anarchie en Syrie ?

Anarchie en Syrie ?

Article paru dans le n°10 de La Révolte (CNT-AIT Pau), octobre 2015.

Le 16 février 2013, Omar Aziz1, militant anarchiste syrien, mourait dans les geôles de Bachar Al-Assad. C’était l’instigateur des comités locaux de la révolution syrienne. Organisés par la population syrienne pour gérer la vie quotidienne, l’appui aux milices révolutionnaires, l’accueil des réfugiés, des centaines de comités locaux se sont créés dans toute la partie du pays qui n’était plus sous le joug du tyran. Ils représentent l’amorce d’une nouvelle société où le peuple s’auto-gouverne.

Le 2 août dernier, la coordination des comités locaux a quitté la Coalition nationale de l’opposition syrienne minée par les ambitions personnelles de personnages soutenus par le Qatar, l’Arabie Saoudite ou la Turquie2.

Alors que les grandes puissances se préparent à faire alliance avec Bachar Al-Assad pour neutraliser Daesh, comment ne pas se poser la question : pourquoi personne ne parle de soutenir les véritables révolutionnaires syriens qui se battent contre Bachar et contre Daesh ?

Daesh est finalement bien utile. Issue des troupes sunnites de l’armée de Saddam Hussein, financé au départ par les américains et Bachar Al Assad, lui-même, pour contrer les milices chiites pro-iranienne en Irak, Daesh est un monstre qui mord la main qui l’a nourri. Mais il va permettre de donner une nouvelle légitimité à un dictateur avec qui, au fond, les Etats peuvent s’entendre.

Pendant ce temps, les combattants de la liberté syriens meurent des balles de Daesh et des gaz de Bachar Al-Assad, dans l’indifférence cynique de nos dirigeants : il est plus facile de maîtriser un dictateur qu’un peuple libre.

L’intérêt subit de nos politiques pour le sort des réfugiés n’est pas sans rapport. Chacun joue son rôle, le PS participe aux manifestations demandant que nous accueillons plus qu’un nombre ridicule de réfugiés, alors qu’il est au pouvoir et qu’il est responsable de la reconduite aux frontières. Le FN et la droite de la droite multiplient les déclarations ordurières et feignent de s’intéresser aux SDF « français » qu’ils laissent crever dans la rue depuis toujours. Mais tous se retrouvent pour reconnaître, finalement, du bout des lèvres, des qualités au dictateur syrien, au vu de la situation. Mélenchon estime qu’il faut « discuter » avec lui3, quand Marion Maréchal Le Pen lui trouve quelques mérites4

La campagne médiatique actuelle au service de cette unanimité politique vient nous vendre une nouvelle union sacrée pour justifier la guerre et le pacte abject que les États vont passer avec le diable. Une fois de plus…

  1. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/02/26/mort-en-detention-de-omar-aziz-pere-des-comites-locaux-de-la-revolution-syrienne_1838928_3382.html
  2. http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Des-militants-syriens-quittent-la-coalition-de-l-opposition-2015-08-02-1340674
  3. http://www.rtl.fr/actu/politique/syrie-melenchon-estime-qu-il-faut-discuter-avec-assad-7777068400
  4. http://lelab.europe1.fr/pour-marion-marechal-le-pen-bachar-al-assad-a-le-merite-de-preserver-relativement-le-droit-des-femmes-en-syrie-7880

Un point sur la situation en Cisjordanie

Communiqué du Secteur Internatinal sur la situation en Cisjordanie

Depuis trois ssolidarité prisonniersemaines la population palestinienne est attaquée par l’armée israélienne et par les colons. La répression qui s’abat contre elle franchit des étapes d’heures en heures : destructions de maisons, interdiction d’accès à Jerusalem-est, accroissement de l’emprisonnement administratif et accentuation des peines pour « les lanceurs de pierres », élargissement de l’autorisation de tirs à balles réelles qui a fait plusieurs morts par balles ( deux adolescents palestiniens tués par l’armée israélienne ces derniers jours), bombardements….
Le Croissant Rouge palestinien (Croix rouge locale) a déjà dénombré plus de 150 blessés palestiniens. Ainsi, le quotidien déjà rendu très difficile depuis longtemps par ces actes de guerre coloniale et d’humiliation continue de se dégrader.

Certains commentateurs tentent de justifier l’action du gouvernement israélien et des colons par le meurtre d’un couple de colons près de Naplouse et d’un autre dans la vieille ville de Jérusalem. Si la mort est toujours à regretter, dans un contexte de guerre, celles-ci sont la conséquence directe de la colonisation et de la volonté d’expulser le peuple palestinien de sa terre. Les crimes de guerre perpétrés durant l’été 2014 contre la population de Gaza, ne doivent pas être oubliés. Ni bien sûr tous ceux d’avant, rien que depuis la seconde Intifada la liste est longue (à Jénine en 2002, Gaza en 2006 et 2008…). D’ailleurs, depuis plus d’un an, face à la pression croissante de la colonisation, des affrontements se produisent dans la vieille ville et les faubourgs de Jérusalem. En Cisjordanie, la politique de collaboration sécuritaire de l’Autorité Palestinienne n’a apporté aucune amélioration au quotidien des Palestiniens, bien au contraire elle n’a fait qu’accentuer la colonisation et le pouvoir d’Israël sur les territoires palestiniens. Les violences, comme l’assassinat d’une jeune palestinienne à Hébron mi-septembre ou le meurtre d’une famille brûlée vive dans l’incendie de sa maison cet été, restent des crimes impunis. Pire Israël décide d’autoriser encore de nouvelles constructions dans les colonies reconnues illégales par l’ONU.

La responsabilité des violences actuelles est donc clairement du côté d’Israël qui, depuis les massacres de 1948, n’ a pas cessé de bafouer les droits du peuple palestinien.

Depuis plusieurs jours les principales villes palestiniennes de Cisjordanie se soulèvent, Naplouse, Hébron, Jérusalem Est, Bethléhem, Ramallah, Jénine…
face à Tsahal (armée israelienne) et aux colons, et la résistance se renforce !
Bien longtemps qu’il n’y a pas eu cet élan en Cisjordanie,

Depuis le territoire français, nous nous devons d’intensifier nos efforts dans le cadre de la campagne pour le boycott d’Israël. Comme cela a été le cas contre l’Etat d’apartheid sud-africain, nous pensons que la campagne BDS est un outil essentiel pour pousser à la disparition de l’apartheid en Palestine. Seul la fin de ce régime colonial et raciste apportera les solutions politiques à  une paix juste et durable.

Pour une solidarité internationale et anticoloniale !

Stop occupation !

Voir aussi: Paroles d’anarchiste

Qui sont les Black Blocs ? Où sont les Black Blocs ?

black blocAprès la manif du 29 novembre, certains médias ont repris immédiatement l’idée que des Black Block se seraient « infiltrés dans la manifestation ». En réponse à ce raccourci sans fondement, voici la traduction du texte d’un collectif universitaire italien, en réaction à la campagne de presse des médias italiens sur de prétendus « Black Blocs » pendant les émeutes à Rome le mardi 14 décembre 2010.

Nous sommes tous et toutes des Black Block !!

Traduction du texte d’un collectif universitaire italien, en réaction à la campagne de presse des médias italiens sur de prétendus « Black Blocs » pendant les émeutes à Rome le mardi 14 décembre 2010.

« Cette ques­tion réap­pa­rais­sant dans la plu­part des jour­naux après chaque émeute, comme celle à Rome le 14 décem­bre, elle mérite une réponse. Est-ce que vous voulez-vous voir à quoi res­sem­blent nos visa­ges quand ils ne sont pas mas­qués par des fou­lards, des cas­ques ou des cagou­les ?

Ce sont les mêmes visa­ges qui paient un loyer pour vos appar­te­ments pour­ris, les visa­ges de ceux à qui vous offrez des stages non rému­né­rés ou des jobs à plein temps pour 1000 euros. Ce sont les visa­ges qui paient des mil­liers d’euros pour assis­ter à vos cours. Ce sont les visa­ges des gamins que vous frap­pez quand vous les chopez avec un peu d’herbe dans leurs poches. Ce sont les visa­ges de celles et ceux qui doi­vent s’enfuir du bus quand les contrô­leurs appa­rais­sent, ne pou­vant pas se payer le voyage.

Ce sont les gens qui cui­si­nent vos faux-filets à point dans les res­tau­rants chics, et reçoi­vent pour ça 60 euros la soirée, au black. Ce sont celles et ceux qui vous pré­pa­rent vos cafés serrés à Starbucks. Ce sont ceux qui répon­dent à vos appels en disant « 118 118, puis-je vous aider ? », ceux qui achè­tent de la nour­ri­ture à Lidl par­ce ­que celle des autres super­mar­chés est trop chère. Ceux qui ani­ment vos camps de vacan­ces pour 600 euros par mois, ceux qui ran­gent les étalages des maga­sins où vous ache­tez vos légu­mes bios. Ce sont ceux à qui la pré­ca­rité bouffe toute l’énergie vitale, ceux qui ont une vie de merde, mais ont décidé qu’ils en avaient assez d’accep­ter tout ça.

Nous fai­sons partie d’une géné­ra­tion, qui, pour un jour, a arrêté de s’empoi­son­ner le sang avec la névrose d’une vie passée dans la pré­ca­rité, et qui a sou­tenu les émeutes. Nous sommes le futur que vous devez écouter, et la seule partie saine d’une société cou­verte de métas­ta­ses. Ce qu’il est en train de se passer à Londres, Athènes et Rome est d’une impor­tance his­to­ri­que. Des places rem­plies à cra­quer de gens explo­sent de joie quand les cars de police pren­nent feu. Notre exis­tence même est dans ces cris : l’exis­tence de celles et ceux qui ne peu­vent pas croire que des gou­ver­ne­ments élus se retour­ne­raient contre leurs citoyens et leur feraient payer des dizai­nes d’années d’erreurs com­mi­ses par le sec­teur finan­cier et les mul­ti­na­tio­na­les ; l’exis­tence de ceux qui main­te­nant com­men­cent à penser que tous ensem­ble nous pou­vons com­men­cer à leur faire peur. Ces excla­ma­tions étaient furieu­ses et joyeu­ses, explo­sant depuis la partie saine de la société, pen­dant que celle empoi­son­née se cachait dans la Chambre des Députés.

Les Black Blocs ont encore frappé. Vous feriez mieux de regar­der autour de vous main­te­nant. Des rumeurs disent que vous pour­riez en ren­contrer cer­tains pen­dant vos cours, à la biblio­thè­que, à la machine à café, au pub, sur la plage, voire même dans le bus.

Collettivo Universitario Autonomo de Torino, 16 décembre. »

lu sur: http://rebellyon.info/Qui-sont-les-Black-Blocs-Ou-sont-les.html

Syrie/Irak : ce qu’on nous dit, et le reste

OnCOUVDIGIPACK nous inonde de détails sur la mort de 4 occidentaux, beaucoup moins sur les centaines de victimes autochtones. La vie d’un-e Européen-ne ou d’un-e Américain-e aurait-elle plus de valeur que celle d’un-e Syrien-ne, Irakien-ne ou Kurde ? Pour la propagande guerrière ici-bas, oui.

On nous bourre le crâne avec ces français-e-s qui partent « faire le Djihad », mais on ne parle jamais des dizaines de petits fachos partis en Ukraine combattre dans les deux camps. Personne ne s’inquiète du matériel et des compétences qu’ils vont ramener ici…

On nous dit que « la France » est en guerre contre la barbarie intégriste, mais on nous dit moins souvent que « nos » alliés dans cette guerre sont les Etats qui ont financé ces intégristes, et que des dialogues discrets ont lieu avec la dictature de Bachar al Assad. On ne nous rappelle pas que jusqu’à l’an dernier le régime syrien était considéré comme la barbarie incarnée, alors que quelques années plutôt Bachar al Assad était présenté comme le meilleur ami de « la France » et de son président Nicolas Sarkozy. On nous rappelle encore moins que plusieurs dirigeants du groupe Daesh/Etat islamique ont été libérés de prison en 2011 par le même Bachar al Assad, pour discréditer la rébellion aux yeux des occidentaux. On nous dit rarement que cette armée est en partie constituée d’anciens cadres du régime de Saddam Husein, que l’armée états-unienne prétend avoir éliminé il y a dix ans.

On nous parle des bombardements occidentaux, beaucoup moins de la résistance qu’organisent les populations elles-mêmes contre les intégristes, et des zones entières qu’elles ont libérées notamment au Kurdistan syrien.

On nous dit qu’il y a « seulement » des bombardements, pas de barbouzes au sol, promis. Qui peut y croire ?
Il ne s’agit pas réellement de censure, beaucoup d’informations sont accessibles, mais ne sont jamais évoquées dans les journaux télévisés ou les pages « France-Monde » de la presse locale, qui sont les principaux médias, les seuls pour beaucoup de gens.
Tant de propagande pour masquer une vérité : la guerre n’est jamais une solution, à part la guerre de classe.

Djihad Libertaire Mondial !

Kobanê n’est pas seule !

kobané

Depuis plus de vingt jours, la population de Kobanê, femmes et hommes, Kurdes et Arabes, résiste héroïquement face aux terroristes obscurantistes de Daesh. Depuis le 6 octobre, face à l’offensive des bandes armées de Daesh, équipées de matériel militaire moderne grâce au soutien apporté par des milliardaires du Qatar ou d’Arabie Saoudite, c’est quartier par quartier, rue par rue, que les habitantes et habitants de Kobanê résistent les armes à la main.

Dans ce combat, le gouvernement réactionnaire d’Erdogan a choisi son camp : celui des terroristes de Daesh. Agressée d’un côté par Daesh, la population de Kobanê est également visée par les chars de
l’armée turque. A Diyarbakir comme ailleurs au Kurdistan turc, les forces militaires sont déployées contre les manifestations de soutien à Kobanê et dans bien des villes de Turquie, flics et voyous de l’AKP ou intégristes agissent ensemble pour réprimer. A quelques kilomètres de Kobanê, la présence militaire turque cherche avant tout à empêcher de jeunes gens de traverser la frontière pour aller combattre Daesh.

La population de Kobanê ne peut compter ni sur les Etats de la région ni les Etats occidentaux dans sa lutte contre les terroristes de Daesh. Par contre, elle peut compter sur la solidarité de tous les êtres humains épris de liberté et d’égalité. Partout au Kurdistan, de Diyarbakir à Sanandaj en passant par Souleimaiye, des manifestations de masse ont lieu pour soutenir la résistance de la population de Kobanê contre Daesh. Des protestations massives montrent aussi la solidarité depuis Istanbul, Téhéran ou même Kaboul, sans compter les nombreuses manifestations en Europe et en Amérique du Nord. La population de Kobanê en effet ne lutte pas seulement pour la liberté du Kurdistan, mais pour la liberté de tout le Moyen-Orient face à la barbarie des intégristes religieux.

Rassemblement en solidarité avec la résistance de la population de Kobanê

Samedi 18 octobre, 15 heures
Place du 8 septembre à Besançon

À l’appel de : Association Kurde à Besançon, Association Jeunesse et
Solidarité d’Anatolie, CGT ADDSEA, Ensemble !, Espoir et Fraternité
Tsiganes de Franche-Comté, Fédération Anarchiste, Initiative
Communiste-Ouvrière, NPA, PCF.

Le tract en pdf ici

Du 13 au 26 octobre, attention aux rafles dans toute l’Europe

Trouvé sur le blog Sans Papiers Ni Frontières

Du lundi 13 au dimanche 26 octobre 2014, une grande opération policière à l’échelle européenne va avoir lieu contre les migrant.e.s. Sous le nom de « opération Mos Maiorum », son objectif est d’arrêter et de contrôler des centaines de personnes afin de collecter diverses informations en vue de renforcer leurs politiques contre l’immigration.

Le nom « Mos Majorum » en dit long sur la philosophie qui sous-tend cette opération : du latin « mœurs des anciens » ou « coutumes des ancêtres » Mos Majorum désigne dans la Rome antique le mode de vie et le système des valeurs ancestrales. Ses cinq fondements sont : – fides : fidélité, respect de la parole donnée, loyauté, foi ; – pietas : piété, dévotion, patriotisme, devoir ; – majestas : sentiment de supériorité naturelle d’appartenance à un peuple élu ; – virtus : qualité propre au citoyen romain, courage, activité politique ; – gravitas : ensemble des règles de conduite du Romain traditionnel, respect de la tradition, sérieux, dignité, autorité. De quoi plaire aux fachos et adeptes de théories sur l’invasion.

L’opération Mos Maiorum est conjointement menée par l’Union européenne (UE), les États membres de l’espace Schengen et les agences européennes Frontex et Europol.

Frontex (Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures) est une agence européenne qui depuis octobre 2005 (date de sa première opération) se charge de mener divers opérations de surveillance et de contrôle aux frontières extérieures de l’Europe (principalement au Sud et à l’Est). Des moyens militaires, technologiques et policiers sont mis à sa disposition (navires, hélicos, radars, détecteurs, etc.) par les États membres de l’UE et un budget de plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année lui est alloué. C’est le bras armé de la politique migratoire européenne : Frontex organise le blindage militaire et technologique des frontières. L’agence intervient aussi en dehors de l’UE, principalement dans les pays aux frontières extérieurs, pour externaliser les politiques migratoires européennes. Elle organise également des vols charters pour les expulsions conjointes entre plusieurs pays. Des dizaines d’organismes européen et internationaux travaillent avec Frontex : agences internationales de police et de justice, organismes de gestion des migrations et des réfugiés, centres de recherche et de développement en matière de sécurité, etc. (voir deux textes sur Frontex ici et , et des cartes sur les opérations Frontex ici)

Europol c’est l’office de police criminelle intergouvernemental de l’UE qui coordonne le travail des polices nationales en matière de terrorisme, trafic de stupéfiant et de criminalité organisée. De plus en plus Europol participe aux opérations européennes menées contre les migrant.e.s avec pour objectif affiché de « démanteler les réseaux de passeurs, de trafiquants et les groupes terroristes », fameux triptyque “immigrés, trafiquants, terroristes” qui sous-tend toute la politique européenne dans sa lutte contre l’immigration et qui sert d’épouvantail pour légitimer ses actions. La situation politique actuelle en Irak et en Syrie n’en est que plus profitable pour eux. Une autre opération menée par Europol du 15 au 23 septembre 2014 sous le nom de « Archimède » (à laquelle Frontex participait) et qui visait les groupes criminels internationaux a également mené au contrôle de plus de 10 000 migrant.e.s et aux arrestation de 170 passeurs.

La zone de contrôle va donc s’étendre sur les territoires de 32 pays (les 28 de l’UE plus 4 non membres de l’UE mais de l’espace Schengen) ainsi qu’en mer : de la Norvège à l’Espagne, de l’Islande à Chypre, du Portugal à l’Estonie en passant par la Roumanie. Pour ça pas moins de 18 000 flics et gardes-côtes vont être mobilisés et les coûts de l’opération seront couverts a posteriori par les États et Frontex.
Les zones de contrôle sont laissées à l’appréciation des participants et peuvent donc être très larges : les eaux territoriales, les ports et aéroports, les frontières extérieures et intérieures de l’UE et de Schengen, les gares et les trains, les autoroutes, les transports en commun et la rue, les lieux de travail et les administrations, etc.

Chaque contrôle donnera lieu à une procédure recensant : des informations sur le contrôle (lieu, date, heure, moyen de transport) ; sur les personnes arrêtées (nationalité, sexe, âge, lieu et date d’entrée en Europe) ; sur les routes empruntées, les moyens de transports et la destination finale ; sur les documents en possession, les démarches administratives entreprises et les paiements de passeurs. Un bureau de coordination de l’opération va être mis en place en Italie et chaque procédure lui sera transmise via une adresse mail (gruppo.frontiere@interno.it). Il semblerait que ce genre d’opération devrait avoir lieu tous les 6 mois, sous la coordination du pays qui assure la présidence de l’UE.
En octobre et novembre 2012, une opération similaire avait eu lieu : « l’opération Aphrodite » au terme de laquelle 5 298 personnes avait été arrêtées à travers l’Europe.

C’est à la fois une opération de fichage/recensement puisque des centaines de personnes vont être contrôlées (avec prise d’empreintes, inscription sur les fichiers européens, etc.) mais également une sorte d’enquête à l’échelle Afrique/Asie/Europe pour connaître les nouvelles routes empruntées par les migrant.e.s, les nouveaux pays de départ et de passage ce qui va permettre aux pays européens, en collaboration avec les pays « voisins », de renforcer leur contrôle et de nouveaux dispositifs.

Depuis des années, l’Union européenne, son agence Frontex et les États membre de l’espace Schengen mettent en œuvre des moyens colossaux pour rendre inaccessible l’Europe à celles et ceux qu’elle ne souhaite pas accueillir, avec la collaboration accrue des pays dits « de départ » ou « de transit », à l’Est de l’Europe, au Maghreb et en Afrique. Du système de VISA de moins en moins accessible aux plus pauvres, au blindage des frontières extérieures, la guerre aux migrant.e.s fait rage. En Atlantique et en Méditerranée, les murs de barbelés et de gadgets technologiques de Ceuta et Melilla et la présence militaire et policière en mer rendent les routes de plus en plus longues et dangereuses pour les harragas. Depuis 26 ans, plus de 21500 personnes sont mortes aux portes de l’Europe et le chiffre ne cessera d’augmenter de jours en jours.

Début 2014 le projet Eurosur a été mis en place. Il permet de mutualiser les moyens de surveillance des frontières maritimes déjà existants et d’en mettre d’autres à disposition (drones, radars, satellites, …). Les infos récoltées 24 heures sur 24 sont à la fois centralisées et diffusées de manière à ce que chaque pays puisse suivre une situation en temps réel et prendre les mesures qui s’imposent, c’est-à-dire intervenir afin de « réduire le nombre d’immigrants illégaux qui rentrent dans l’Union européenne sans être découverts. »
Une nouvelle mission appelée « Frontex Plus » va venir renforcer la surveillance au large des côtes italiennes et maltaises d’ici quelques semaines. Demandée par l’Italie suite aux récentes arrivées de harragas sur ses côtes elle doit remplacer « Mare Nostrum » qui touche à sa fin.

Concrètement avec cette opération Mos Maiorum on peut penser que le nombre de rafles va augmenter en région parisienne et dans les grandes villes, notamment dans les transports.

Chaque année des milliers de personnes sont contrôlées, arrêtées, enfermées dans les centres de rétention et expulsées car elles n’ont pas de papiers (en 2012, 43 746 personnes ont été enfermées en centre de rétention et 36 822 personnes ont été expulsées de France, d’après les associations présentes dans les CRA).

Depuis 2005 et la mise en place d’objectifs chiffrés d’expulsion, le nombre de contrôles faciès n’a cessé d’augmenter : dans les transports en commun, les rues, les gares et les trains, aux aéroports, dans les administrations (caf, préfecture), dans les banques, à la poste, sur les lieux de travail (restaurants, chantiers), dans les foyers, etc.

Régulièrement de grosses opérations sont organisées par la préfecture et la police permettant d’arrêter des dizaines de personnes d’un coup.
En région parisienne les quartiers ciblés sont les quartiers populaires du nord est parisien et de banlieue.
Les flics peuvent agir en civil ou en uniforme, par petits groupes ou en masse. La plupart du temps des camionnettes permettant d’embarquer les personnes contrôlées sont garées pas loin.
Ces rafles passent souvent inaperçues tellement nous sommes habitués à l’occupation policière.
Dans les transports elles sont souvent conjointes avec les contrôleurs, ratp ou sncf.

Depuis plusieurs années des groupes de personnes tentent de s’organiser contre ces rafles dans certains quartiers : chaînes d’alerte sms, affichage et diffusion, rassemblements, assemblées de quartier, perturbations de contrôles, présence aux audiences au tribunal, etc. À plusieurs reprises la solidarité avec des personnes du quartier a permis que la police soit contrainte d’arrêter et de rebrousser chemin.

LA CHASSE EST OUVERTE ? EMPÊCHONS-LA !
OCCUPONS LA RUE, INFORMONS, OPPOSONS-NOUS AUX CONTRÔLES.
PAS DE FRONT
IÈRES, PAS DE NATIONS, STOP AUX EXPULSIONS!

AFFICHE-DU-13-AU-26-OCTOBRE-2014-ATTENTION-AUX-CONTROLES