Archives pour la catégorie Guerre

[Besançon] Compte-rendu du 11 novembre anti-militariste

Comme chaque 11 novembre, rendez-vous était donné rue Bersot puis au 11, rue Battant : sous une pluie battante, nous étions une trentaine à réaffirmer notre refus de la logique militariste de l’État et notre opposition à toutes ses guerres, qu’elles soient intérieures comme extérieures. Deux banderoles ont été accrochées sur des grilles de chantier de la rue Battant, affirmant : « Non à toutes les guerres » et « Finir par trouver ça normal – L’état d’urgence pour faire oublier des tas d’urgence ».

Un hommage a été rendu à Lucien Bersot, MORT PAR LA FRANCE (comme tant d’autres, déserteurs et insoumis), fusillé en 1915 pendant la Grande Boucherie pour avoir refusé de porter un pantalon couvert de sang.

Une prise de parole a été faite devant la plaque commémorative installée par l’État, histoire de scander haut et fort « Guerre à la guerre ».

Anarchie en Syrie ?

Anarchie en Syrie ?

Article paru dans le n°10 de La Révolte (CNT-AIT Pau), octobre 2015.

Le 16 février 2013, Omar Aziz1, militant anarchiste syrien, mourait dans les geôles de Bachar Al-Assad. C’était l’instigateur des comités locaux de la révolution syrienne. Organisés par la population syrienne pour gérer la vie quotidienne, l’appui aux milices révolutionnaires, l’accueil des réfugiés, des centaines de comités locaux se sont créés dans toute la partie du pays qui n’était plus sous le joug du tyran. Ils représentent l’amorce d’une nouvelle société où le peuple s’auto-gouverne.

Le 2 août dernier, la coordination des comités locaux a quitté la Coalition nationale de l’opposition syrienne minée par les ambitions personnelles de personnages soutenus par le Qatar, l’Arabie Saoudite ou la Turquie2.

Alors que les grandes puissances se préparent à faire alliance avec Bachar Al-Assad pour neutraliser Daesh, comment ne pas se poser la question : pourquoi personne ne parle de soutenir les véritables révolutionnaires syriens qui se battent contre Bachar et contre Daesh ?

Daesh est finalement bien utile. Issue des troupes sunnites de l’armée de Saddam Hussein, financé au départ par les américains et Bachar Al Assad, lui-même, pour contrer les milices chiites pro-iranienne en Irak, Daesh est un monstre qui mord la main qui l’a nourri. Mais il va permettre de donner une nouvelle légitimité à un dictateur avec qui, au fond, les Etats peuvent s’entendre.

Pendant ce temps, les combattants de la liberté syriens meurent des balles de Daesh et des gaz de Bachar Al-Assad, dans l’indifférence cynique de nos dirigeants : il est plus facile de maîtriser un dictateur qu’un peuple libre.

L’intérêt subit de nos politiques pour le sort des réfugiés n’est pas sans rapport. Chacun joue son rôle, le PS participe aux manifestations demandant que nous accueillons plus qu’un nombre ridicule de réfugiés, alors qu’il est au pouvoir et qu’il est responsable de la reconduite aux frontières. Le FN et la droite de la droite multiplient les déclarations ordurières et feignent de s’intéresser aux SDF « français » qu’ils laissent crever dans la rue depuis toujours. Mais tous se retrouvent pour reconnaître, finalement, du bout des lèvres, des qualités au dictateur syrien, au vu de la situation. Mélenchon estime qu’il faut « discuter » avec lui3, quand Marion Maréchal Le Pen lui trouve quelques mérites4

La campagne médiatique actuelle au service de cette unanimité politique vient nous vendre une nouvelle union sacrée pour justifier la guerre et le pacte abject que les États vont passer avec le diable. Une fois de plus…

  1. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/02/26/mort-en-detention-de-omar-aziz-pere-des-comites-locaux-de-la-revolution-syrienne_1838928_3382.html
  2. http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Des-militants-syriens-quittent-la-coalition-de-l-opposition-2015-08-02-1340674
  3. http://www.rtl.fr/actu/politique/syrie-melenchon-estime-qu-il-faut-discuter-avec-assad-7777068400
  4. http://lelab.europe1.fr/pour-marion-marechal-le-pen-bachar-al-assad-a-le-merite-de-preserver-relativement-le-droit-des-femmes-en-syrie-7880

[Antimilitarisme] Besançon: Refusons la militarisation de nos vies !

220px-Broken_rifle.svgTémoignage:

Le mercredi 7 octobre 2015 à Besançon, à quelques camarades antimilitaristes, nous sommes allé.e.s tracter vers la mairie, pour exprimer notre refus de la militarisation toujours plus accrue de nos vies.

La plupart des tracts distribués ont été acceptés par les passants, et quelques-un.e.s nous ont même fait savoir qu’ils ou elles étaient d’accord avec nous.

Au bout de 10-15 minutes de tractage environ, des militaires sont venus demander un de nos tracts, et sont restés à quelques mètres de nous. Quelques minutes plus tard, alors que nous nous apprêtions à quitter les lieux (pour continuer le tractage place du 8 septembre), un militaire arrive en voiture, en descend rapidement et commence à nous invectiver / intimider (l’un d’entre nous en particulier) en s’approchant tout près de nous avec sa sale gueule et son air agressif.

A ce moment-là, les flics arrivent, se renseignent auprès des militaires, qui les ont certainement appelés, puis nous informent de les attendre. Ils nous contrôlent ensuite (identité et demande d’un numéro de téléphone) pendant environ 30-40 minutes et nous confisquent nos tracts.

Un passant témoin de la scène s’exclamera ironiquement: « elle est belle la liberté d’expression! ».

Nous décidons enfin de partir (ne sachant plus trop si nous étions autorisé.e.s à circuler) et de laisser tomber l’idée de récupérer nos tracts … Les flics nous précisent alors: « la prochaine fois ne venez pas tracter sous leur nez, quand même! ».

Apparemment, les libertés d’opinion et d’expression, oui… mais pas pour tout le monde et pas tout le temps…

Ci-dessous le tract distribué le 7 octobre 2015:

Refusons la militarisation de nos vies !

Les 7 et 8 octobre prochains, l’armée fera une démonstration de force dans Besançon sous le nom « les armées dans la cité ». Défilés militaires, chants et fanfares militaristes, exhibition de leurs engins de mort, stands de recrutement…, la totale !

Le but de l’opération est de redorer l’image de cette institution – historiquement omniprésente à Besançon – afin d’endoctriner dans ses rangs de nouveaux jeunes (la plupart sans emploi), en plus de s’assurer du soutien continu de la population à l’armée.

Celle-ci sème tortures, bombardements et meurtres à l’encontre des civils pour maintenir les intérêts capitalistes nationaux par-delà les frontières. Ces atrocités sont inhérentes à son fonctionnement : les cas de viols d’enfants et de femmes en Centre-Afrique commis par ces soldats sont hélas récurrents lors de leurs interventions. La récente affaire timidement médiatisée et présentée comme un fait isolé ne constitue en rien une exception, mais s’inscrit parmi les multiples formes de la terreur des démocraties néo-colonialistes. La guerre d’Algérie, les exactions au Rwanda et la présence militaire française en Afrique Noire (Niger, Tchad, etc..) ont servi et servent encore au pillage de nombreuses ressources (pétrole, uranium, gaz, caoutchouc…). Lire la suite [Antimilitarisme] Besançon: Refusons la militarisation de nos vies !

Le Chaboteur n°11 est sorti!

Le Chaboteur n°11 est sorti!

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chaboteur 11

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Syrie/Irak : ce qu’on nous dit, et le reste

OnCOUVDIGIPACK nous inonde de détails sur la mort de 4 occidentaux, beaucoup moins sur les centaines de victimes autochtones. La vie d’un-e Européen-ne ou d’un-e Américain-e aurait-elle plus de valeur que celle d’un-e Syrien-ne, Irakien-ne ou Kurde ? Pour la propagande guerrière ici-bas, oui.

On nous bourre le crâne avec ces français-e-s qui partent « faire le Djihad », mais on ne parle jamais des dizaines de petits fachos partis en Ukraine combattre dans les deux camps. Personne ne s’inquiète du matériel et des compétences qu’ils vont ramener ici…

On nous dit que « la France » est en guerre contre la barbarie intégriste, mais on nous dit moins souvent que « nos » alliés dans cette guerre sont les Etats qui ont financé ces intégristes, et que des dialogues discrets ont lieu avec la dictature de Bachar al Assad. On ne nous rappelle pas que jusqu’à l’an dernier le régime syrien était considéré comme la barbarie incarnée, alors que quelques années plutôt Bachar al Assad était présenté comme le meilleur ami de « la France » et de son président Nicolas Sarkozy. On nous rappelle encore moins que plusieurs dirigeants du groupe Daesh/Etat islamique ont été libérés de prison en 2011 par le même Bachar al Assad, pour discréditer la rébellion aux yeux des occidentaux. On nous dit rarement que cette armée est en partie constituée d’anciens cadres du régime de Saddam Husein, que l’armée états-unienne prétend avoir éliminé il y a dix ans.

On nous parle des bombardements occidentaux, beaucoup moins de la résistance qu’organisent les populations elles-mêmes contre les intégristes, et des zones entières qu’elles ont libérées notamment au Kurdistan syrien.

On nous dit qu’il y a « seulement » des bombardements, pas de barbouzes au sol, promis. Qui peut y croire ?
Il ne s’agit pas réellement de censure, beaucoup d’informations sont accessibles, mais ne sont jamais évoquées dans les journaux télévisés ou les pages « France-Monde » de la presse locale, qui sont les principaux médias, les seuls pour beaucoup de gens.
Tant de propagande pour masquer une vérité : la guerre n’est jamais une solution, à part la guerre de classe.

Djihad Libertaire Mondial !

Kobanê n’est pas seule !

kobané

Depuis plus de vingt jours, la population de Kobanê, femmes et hommes, Kurdes et Arabes, résiste héroïquement face aux terroristes obscurantistes de Daesh. Depuis le 6 octobre, face à l’offensive des bandes armées de Daesh, équipées de matériel militaire moderne grâce au soutien apporté par des milliardaires du Qatar ou d’Arabie Saoudite, c’est quartier par quartier, rue par rue, que les habitantes et habitants de Kobanê résistent les armes à la main.

Dans ce combat, le gouvernement réactionnaire d’Erdogan a choisi son camp : celui des terroristes de Daesh. Agressée d’un côté par Daesh, la population de Kobanê est également visée par les chars de
l’armée turque. A Diyarbakir comme ailleurs au Kurdistan turc, les forces militaires sont déployées contre les manifestations de soutien à Kobanê et dans bien des villes de Turquie, flics et voyous de l’AKP ou intégristes agissent ensemble pour réprimer. A quelques kilomètres de Kobanê, la présence militaire turque cherche avant tout à empêcher de jeunes gens de traverser la frontière pour aller combattre Daesh.

La population de Kobanê ne peut compter ni sur les Etats de la région ni les Etats occidentaux dans sa lutte contre les terroristes de Daesh. Par contre, elle peut compter sur la solidarité de tous les êtres humains épris de liberté et d’égalité. Partout au Kurdistan, de Diyarbakir à Sanandaj en passant par Souleimaiye, des manifestations de masse ont lieu pour soutenir la résistance de la population de Kobanê contre Daesh. Des protestations massives montrent aussi la solidarité depuis Istanbul, Téhéran ou même Kaboul, sans compter les nombreuses manifestations en Europe et en Amérique du Nord. La population de Kobanê en effet ne lutte pas seulement pour la liberté du Kurdistan, mais pour la liberté de tout le Moyen-Orient face à la barbarie des intégristes religieux.

Rassemblement en solidarité avec la résistance de la population de Kobanê

Samedi 18 octobre, 15 heures
Place du 8 septembre à Besançon

À l’appel de : Association Kurde à Besançon, Association Jeunesse et
Solidarité d’Anatolie, CGT ADDSEA, Ensemble !, Espoir et Fraternité
Tsiganes de Franche-Comté, Fédération Anarchiste, Initiative
Communiste-Ouvrière, NPA, PCF.

Le tract en pdf ici

PALESTINE – ISRAËL : PAROLES D’ANARCHISTES

Voici deux interviews d’anarchistes palestiniens et israéliens. L’objectif pour nous est de montrer que de part et d’autre du « mur de la honte » des gens luttent contre l’oppression, contre le fanatisme et le nationalisme. Nous condamnons évidemment et sans réserve la politique criminelle du gouvernement israélien, mais étant donné le contexte des mobilisations « pro-palestiniennes » en Europe il nous a paru nécessaire d’apporter par nous mêmes quelques précisions supplémentaires :
– Nous ne soutenons en aucun cas les crimes du Hamas, ni aucun des mouvements qui réclament la suppression de l’Etat d’Israël. Nous sommes contre tous les Etats, pas contre un seul, et Israël ne peut certainement pas être considéré comme l’Etat le plus criminel du monde, ni d’ailleurs comme une puissance déterminant secrètement la politique des Etats occidentaux. Le nationalisme sert toujours à dissimuler l’oppression des travailleur-se-s, mais en quoi le nationalisme israélien serait-il pire que le nationalisme iranien ou français ?
– Nous ne partageons en aucun cas la position, reprise par certains groupes d’extrême-gauche ou libertaires, selon laquelle le « sionisme » (ensemble des courants justifiant l’existence d’Israël) serait une forme de fascisme. Si l’impérialisme israélien et la volonté d’expansion doivent être condamnés, l’existence d’Israël ne saurait être remise en cause.
– Nous ne rendons en aucun cas responsable la population d’Israël (et encore moins les juif-ve-s en général) des massacres commis par l’armée de ce pays. Même dans les soi-disant « démocraties », les gouvernements imposent leurs politiques. Rappelons que pour certains (Front National, Soral, Dieudonné, Parti Antisioniste…) le mot « antisionisme » n’est rien d’autre qu’un moyen de masquer leur antisémitisme.
– Nous critiquons vivement l’utilisation du terme « génocide » pour qualifier les crimes de l’État israélien, y compris dans les interviews que nous publions. Il s’agit certes de massacres, mais pas d’une volonté d’extermination raciale de la population arabe de Palestine. Nous refusons d’une manière générale tout parallèle qui pourrait être fait entre le massacre du peuple palestinien et les génocides de la Seconde Guerre Mondiale. Ces comparaisons sont des provocations sans fondement qui cachent le plus souvent des idées antisémites.
– Nous critiquons également une tendance récurrente d’une partie du mouvement dit « pro-palestinien » ou « antisioniste » à reprendre ces clichés ou raccourcis d’inspiration (même involontairement) antisémites, dans une vision binaire du conflit israélo-palestinien. Cette tendance est un important facteur de confusion politique, elle ne profite au Moyen-Orient qu’aux droites israélienne et palestinienne, et en Europe elle facilite l’éternelle tentative de retour des néo-fascistes.
– Nous considérons que l’antisémitisme est un danger important pour les groupes révolutionnaires, distinct des autres formes de racismes (non moins dangereux), puisqu’il se présente comme une critique radicale du capitalisme et du « système » assez semblable à la notre, mais qui désigne les juifs comme responsables. Le nazisme se présentait comme un mouvement révolutionnaire, anticapitaliste, et comptait parmi ses membres et sympathisants beaucoup d’anciens membres et sympathisants d’extrême-gauche, comme les antisémites d’aujourd’hui (FN, Soral…).

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