[Besançon] Solidarité face à la répression à l’université

Deux camarades du syndicat sont passés en procès ces derniers temps. L’un devant le tribunal de l’Université de Franche-Comté, l’autre devant le tribunal d’État.

Ce mercredi 13 décembre, un camarade était convoqué devant le conseil de discipline de l’université de Franche-Comté. La précédente convocation avait été reportée en raison de la tenue d’un partiel. Il lui était reproché d’avoir « perturbé le fonctionnement de l’université » au cours des mois de février, mars et avril 2017. La direction avait saisi le CHSCT pour plusieurs faits n’ayant rien à voir les uns avec les autres, allant du collage d’un autocollant à des « invectives adressées aux membres du personnel ». En réalité, il s’agit d’une vengeance de la part du doyen de l’université contre un étudiant qui prend une part active à la lutte contre l’austérité à l’université.

Un rapide rappel des faits :

Le 14 février 2017, un conseil d’administration de l’UFC se tient à la Maison de l’Université, qui allait entre autres entériner la loi sur la sélection en master. Un groupe d’une petite vingtaine de personnes décide de marquer leur refus des mesures d’austérité et d’interrompre le CA. S’ensuit une occupation de plusieurs heures, provoquant notamment une crise d’hystérie du doyen de la fac de lettres qui déposera plainte par la suite avec quelques autres élus du CA pour « séquestration ». L’ensemble du groupe est placé au moins 24h en GAV pour ce chef d’inculpation (deux d’entre eux passeront 48h en cellule). Cette GAV fut par la suite l’occasion d’un déferlement de calomnies et de désinformation de la part de la procureure générale Edwige Roux-Morizot. Deux jours après, un rassemblement de solidarité est organisé dans l’enceinte de la fac : une soixantaine de personnes y prend part et décide d’aller dire ce qu’elle pense au doyen de l’UFR SLHS, qui fait cours dans les bâtiments de l’Arsenal. Le doyen André Mariage est contraint d’arrêter son cours sous les huées de la foule qui crie « Mariage démission » et « Le Mariage ne dure qu’un temps », etc… C’est précisément à ce moment-là que notre camarade est pris à partie pour le collage d’un autocollant sur une porte du bâtiment : il répond à la membre du personnel qu’elle n’a pas à suivre les directives de son chef qui consistent à faire enlever tout slogan et message appelant à la lutte contre l’austérité. Ces quelques minutes de dispute n’échappent pas à Mariage, qui par la suite poussera l’agent d’entretien à témoigner devant le CHSCT. Sans avoir reçu aucune convocation devant le CHSCT (ce qui est la procédure habituelle), notre camarade apprend fin juin qu’il est convoqué devant le conseil de discipline pour cet épisode. Par la suite, l’agent d’entretien retirera sa plainte après s’être entretenu avec le camarade, ayant compris que la direction tentait de le manipuler.

Le rendu

Après deux heures d’attente et une tension palpable à l’intérieur des locaux de la Maison de l’Université (le personnel craignant une invasion de la vingtaine de personnes venue en soutien), le tribunal universitaire a prononcé une peine de deux ans d’exclusion de l’université avec sursis contre notre camarade. Dans les faits, cette peine de sursis est applicable tant qu’il sera étudiant à l’UFR SLHS.

Il est évident que cette sanction est une tentative d’intimidation sur l’ensemble des personnes mobilisées contre les politiques d’austérité à la fac visant à dissuader quiconque de s’investir contre leurs logiques de rentabilité et de profit imposées au monde universitaire. Par ailleurs, la direction de l’UFC profite du fait que de moins en moins de personnes se sentent concernées par leurs conditions de vie, de travail et d’étude, alors que les coupes budgétaires pour les domaines de recherche non rentables et le renforcement de la sélection à l’université se font de plus en plus ressentir. Le gouvernement de Macron continue sur cette voie et n’a pour l’instant absolument rien à craindre puisque toutes ces lois passent comme des lettres à la poste.

 

Rappelons qu’un autre camarade a été jugé le 22 novembre au tribunal correctionnel de Besançon pour l’occupation de la Maison de l’Université. A la fin du mois de novembre 2016, plusieurs centaines de personnes étaient allées demander des comptes aux membres du conseil d’administration au sujet des suppressions de postes et de filières de langues à l’université de lettres. Une quinzaine de militant.e.s, ne voulant pas rester en simples spectateurs face au discours de Jacques Bahi, président de l’UFC, avait tenté de bloquer le CA. Le « dialogue » tant vanté par Jacques Bahi, consistait alors à avoir systématiquement recours à la force armée de la police, comme en attesta le déploiement des policiers en tenue anti-émeute face à la tentative d’intrusion des militant.e.s.

C’est depuis cette manifestation que la direction de l’UFC a signé un accord avec la préfecture pour faire intervenir la police au sein du bâtiment de la maison de l’université, en brandissant comme il se doit le plan « alerte attentat » et « Vigipirate »… A cette occasion une manifestante s’était fait matraquer les doigts alors qu’elle était suspendue dans le vide. Cette attaque de la police avait suscité la colère des camarades, qui avaient résisté à la police, notamment en repoussant les agents à l’aide de chaises et d’extincteurs. Ce 10 novembre 2017, le camarade était donc poursuivi pour « intrusion dans un bâtiment ; insultes et violences à agents ; refus de prélèvements de signalétiques ». S’il a été relaxé pour les chefs « d’intrusion » et de « refus de prélèvements », il a en revanche été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 200 euros d’amende, avec l’obligation de verser 250 euros à chacun des deux flics qui ont porté plainte contre lui. Cette condamnation va au-delà des réquisitions de la procureure, qui demandait une peine de 3 mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende.

 

Il serait temps que la peur change de camp !

Solidarité face à la répression !


Un aperçu de la façade du tout nouveau bâtiment de la Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement, forteresse financée en grande partie par le Crédit Agricole, qui bénéficie en échange d’une partie des locaux avec leur « Village by CA ». Cette nouvelle déco semble être toujours visible, et ce depuis les premières manifs contre les « ordonnances Macron » de septembre 2017; quelques slogans dénonçant ces mêmes logiques capitalistes et les conditions d’études misérables sur le site de l’Arsenal sont venus s’ajouter au fil du temps sur les murs de l’UFR SLHS situés en face:

 

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