Ils sont arrivés près de chez vous…

Au sujet de l’implantation des catholiques intégristes de la « Fraternité Saint-Pie X » au cœur de la boucle.

spxLorsqu’on parle de fanatisme religieux aujourd’hui, beaucoup se figurent DAESH et les islamistes radicaux: ces assassins qui frappent aux quatre coins du monde, de l’Irak au Mali pour « venger Dieu des mécréants ». Ces soldats du Sacré voient aussi l’Occident « impur et décadent » comme une cible de choix pour semer la terreur parmi la population. Mais toutes les religions ont leurs extrémistes qui usent de la violence pour faire régner la terreur au nom du Ciel.

Pourtant, d’autres fanatiques religieux existent et, même si on entend beaucoup moins parler d’eux, ils ont toujours été ancrés sur le territoire national. Leur présence n’y est pas moins néfaste. Parmi les divers courants présents chez les catholiques, on retrouve la société de prêtres catholiques traditionalistes appelée « Fraternité Sacerdotale St-Pie X », fondée en 1970 à Mezingen (Suisse) qui se réclame de Monseigneur Lefebvre et regroupe en son sein les intégristes qui rejettent le Concile Vatican 2 de 1965. Ce texte de l’Église, qui marque l’abandon entre autre du prosélytisme religieux et adopte l’œcuménisme (unité et dialogue entre chrétiens : catholiques, orthodoxes et protestants), est avant tout une réflexion interne propre aux catholiques qui pour nous n’a pas vraiment d’importance, si ce n’est qu’elle nous permet de comprendre de manière un peu plus approfondie l’organisation intégriste St-Pie X.

Aujourd’hui, cette organisation milite contre la contraception, l’avortement, le mariage gay et plus généralement l’homosexualité… Régulièrement, elle s’accapare la rue pour prier, la plupart du temps contre l’accès à l’IVG, sous la bienveillance des autorités (que ce soit lors des rosaires « SOS TOUT-PETITS » ou lors de l’évacuation de l’église Sainte-Rita à Paris en août 2016, bâtiment occupé par des militant-e-s d’extrême-droite, lors de laquelle un néonazi qui faisait le service d’ordre a violemment agressé un passant). De plus, ces cul-bénis exercent une pression sur le personnel médical qui pratique les avortements, tout comme sur les femmes qui cherchent à y avoir accès. Leurs intimidations vont jusqu’à des opérations commandos dans les centres hospitaliers et des menaces physiques envers les personnels soignants. Au nom de leur divinité, ils imposent leur logique de reproduction aux femmes, y compris celles qui sont victimes de viol (pour ces réacs, si une femme se fait violer, elle est jugée autant responsable, voire davantage, que le prédateur sexuel lui-même), en les dissuadant d’avorter. Vis-à-vis des hommes et de la société, la femme se doit d’être dévouée, servile et un moyen de procréer (« le plaisir, c’est pêché »). Ils se sont illustrés aussi en menant des campagnes de sabotage de distributeurs de préservatifs, ou encore d’expositions artistiques qu’ils jugent « blasphématoires ». Pour résumer, ces intégristes à la logique destructrice s’opposent à nos libertés (sexuelles, de mœurs…) acquises grâce aux luttes passées (que le mouvement de Mai 68 a clairement participé à amorcer).

Si l’on revient sur l’histoire des intégristes de la Fraternité Saint-Pie X, on peut constater que leurs prédécesseurs ont protégé d’anciens collaborateurs du régime nazi : Paul Touvier, milicien recherché après 1945 pour « crimes contre l’humanité », a été caché par « l’ordre des chevaliers de Notre-Dame » jusqu’en mai 1989, date de son arrestation dans le prieuré St-Joseph de Nice et Jean-Pierre Lefevre, secrétaire général de la Fraternité Notre-Dame-de-la-Merci et ancien de la Division « Charlemagne » (Waffen-SS), finançait la cavale du collabo Touvier. Tout naturellement, ce sont aussi des nostalgiques du régime de Pétain, puisqu’ils se rendent chaque année sur l’île d’Yeu pour se recueillir sur sa tombe. Le 22 septembre 2007, l’abbé de Cacqueray « compare le combat du maréchal Pétain pour la France à celui de Mgr Lefebvre pour l’Église. ». On peut aussi se remémorer les propos antisémites et négationnistes à la télévision suédoise le 1er novembre 2008 d’un des quatre évêques de la FSSPX, Richard Williamson : « Je ne crois pas qu’il y ait eu des chambres à gaz. Je crois que 200 000 à 300 000 juifs sont morts dans les camps de concentration, mais aucun dans des chambres à gaz ». La liste est bien top longue pour répertorier tous les propos répugnants de ces culs-bénis. Il s’agit juste d’en donner un petit aperçu général.

Si on prend le temps de revenir sur cette organisation catholique, c’est bien parce qu’elle vient de racheter pour la somme de 270.000 euros une ancienne chapelle (appelée « chapelle des Visitandines ») qui servait encore il y a peu d’amphis pour la faculté de lettres de Besançon. Pour ces partisans du « droit naturel » – comprendre la loi de leur Dieu – et d’une « France catholique », ce bâtiment situé dans le centre-ville (au 5, rue Sarrail), sera destiné à la pratique de leur culte et à la diffusion de leur idéologie moisie. Ceci marque une nouvelle étape quant à leur volonté de gagner en visibilité et en influence (ou plutôt en nuisance) à Besançon, puisqu’ils ont également domicile au 14, rue Lyautey dans le quartier Saint-Claude. A l’annonce de l’acquisition de leur nouveau lieu au début de l’été 2016 en plein cœur de Besançon, la riposte ne s’est pas faite attendre : des anonymes déterminés sont allés signifier leur hostilité à ces moralisateurs en soutane par du sabotage et des slogans antifascistes et anti-religieux inscrits à la peinture sur leurs façades, au centre-ville comme à Saint-Claude. Depuis, ils ont opté pour l’installation d’une caméra filmant l’entrée principale de la chapelle. Cependant, en ce début de mois de décembre, il semblerait qu’ils n’aient pas encore trouvé les fonds nécessaires pour réaliser les travaux de réhabilitation.

En Franche-Comté, la société de prêtres intégristes est présente un peu partout : à Cressia et aux Rousses dans le Jura ; à Cravanche dans le Territoire-de-Belfort ; elle a aussi pignon sur rue dans la capitale bourguignonne au 4, rue Pierre Thévenot (Dijon).

Leur implantation ne peut laisser personne indifférent, car leur ordre moral est incompatible avec la liberté et l’émancipation de tout individu.

Alors voisin-e-s, habitant-e-s du quartier ou non, tenez-vous informé-es et rejoignez-nous pour marquer votre refus face à ces fanatiques en soutanes !

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