[Antimilitarisme] Besançon: Refusons la militarisation de nos vies !

220px-Broken_rifle.svgTémoignage:

Le mercredi 7 octobre 2015 à Besançon, à quelques camarades antimilitaristes, nous sommes allé.e.s tracter vers la mairie, pour exprimer notre refus de la militarisation toujours plus accrue de nos vies.

La plupart des tracts distribués ont été acceptés par les passants, et quelques-un.e.s nous ont même fait savoir qu’ils ou elles étaient d’accord avec nous.

Au bout de 10-15 minutes de tractage environ, des militaires sont venus demander un de nos tracts, et sont restés à quelques mètres de nous. Quelques minutes plus tard, alors que nous nous apprêtions à quitter les lieux (pour continuer le tractage place du 8 septembre), un militaire arrive en voiture, en descend rapidement et commence à nous invectiver / intimider (l’un d’entre nous en particulier) en s’approchant tout près de nous avec sa sale gueule et son air agressif.

A ce moment-là, les flics arrivent, se renseignent auprès des militaires, qui les ont certainement appelés, puis nous informent de les attendre. Ils nous contrôlent ensuite (identité et demande d’un numéro de téléphone) pendant environ 30-40 minutes et nous confisquent nos tracts.

Un passant témoin de la scène s’exclamera ironiquement: « elle est belle la liberté d’expression! ».

Nous décidons enfin de partir (ne sachant plus trop si nous étions autorisé.e.s à circuler) et de laisser tomber l’idée de récupérer nos tracts … Les flics nous précisent alors: « la prochaine fois ne venez pas tracter sous leur nez, quand même! ».

Apparemment, les libertés d’opinion et d’expression, oui… mais pas pour tout le monde et pas tout le temps…

Ci-dessous le tract distribué le 7 octobre 2015:

Refusons la militarisation de nos vies !

Les 7 et 8 octobre prochains, l’armée fera une démonstration de force dans Besançon sous le nom « les armées dans la cité ». Défilés militaires, chants et fanfares militaristes, exhibition de leurs engins de mort, stands de recrutement…, la totale !

Le but de l’opération est de redorer l’image de cette institution – historiquement omniprésente à Besançon – afin d’endoctriner dans ses rangs de nouveaux jeunes (la plupart sans emploi), en plus de s’assurer du soutien continu de la population à l’armée.

Celle-ci sème tortures, bombardements et meurtres à l’encontre des civils pour maintenir les intérêts capitalistes nationaux par-delà les frontières. Ces atrocités sont inhérentes à son fonctionnement : les cas de viols d’enfants et de femmes en Centre-Afrique commis par ces soldats sont hélas récurrents lors de leurs interventions. La récente affaire timidement médiatisée et présentée comme un fait isolé ne constitue en rien une exception, mais s’inscrit parmi les multiples formes de la terreur des démocraties néo-colonialistes. La guerre d’Algérie, les exactions au Rwanda et la présence militaire française en Afrique Noire (Niger, Tchad, etc..) ont servi et servent encore au pillage de nombreuses ressources (pétrole, uranium, gaz, caoutchouc…).

A la suite des attentats de janvier 2015 à Paris, l’Etat a instauré « l’opération Sentinelle » – la version renforcée du plan ‘Vigipirate’ en application continue depuis 1995 – qui a mobilisé 10.000 militaires. Actuellement, 7000 d’entre eux sont toujours mobilisés, patrouillant essentiellement devant les lieux de culte, dans les gares mais aussi dans les centres commerciaux, ainsi que devant les sièges d’institutions économiques et politiques. 2500 postes sont prévus juste pour la période 2015/2016 et un budget de 3 milliards d’euros est versé à la ‘Défense’ pour les trois ans à venir (soit un milliard par an).

Sur le territoire français, l’armée sert à intimider, surveiller, contrôler la population et alimenter un climat de peur et d’insécurité. Tout comme la police, elle est l’ultime rempart de l’Etat contre toute tentative pour subvertir l’existant et contester l’ordre social.

Dans un contexte actuel où des gens fuient par milliers la misère, les persécutions politiques/religieuses et les guerres, l’Etat a besoin d’agrandir sa réserve pour protéger ses frontières face à l’afflux de migrants et ainsi contrôler ses portes d’entrée depuis les pays de transit. Au niveau européen, l’agence ‘Frontex’ coordonne les Etats-membres, les finance massivement et les renforce sur les plans technologiques, logistiques et humains dans le but de repousser les migrants vers la mort.

Cette démonstration militaire entend célébrer et justifier la militarisation des villes pour le « bien » de la population face à la « menace terroriste islamiste ». Depuis les attentats de janvier dernier à Paris, celle-ci est un spectre bien utile pour maintenir la ferveur et l’unité patriotique parmi les dominés et exploités contre un ennemi « commun » alors que l’Etat et les riches nous saignent toujours autant.

A Besançon, l’armée c’est 5000 emplois et 1800 foyers, de multiples bâtiments présents partout dans la ville.

Cet arsenal militaire s’additionne à l’ensemble des forces de police municipale et nationale, qui ont vu dernièrement leurs effectifs respectifs augmenter (38 policiers supplémentaires prévus : 12 de la police nationale depuis la rentrée de septembre avec un formation d’intervention anti-émeute et 26 de la police municipale qui seront progressivement créés jusqu’en 2017). Ces différentes démonstrations du maintien de l’ordre traduisent les craintes du pouvoir quant à d’éventuelles révoltes populaires.

Contre l’armée ! Opposons-nous à cette parade d’assassins en uniforme pendant ces deux jours ! Ces installations et bâtiments ne sont pas hors de portée pour qui veut exprimer sa rage contre cette société militarisée !