sexualité, contraception, avortement, on veut choisir!

39 ans après l’adoption de la loi Veil, le débat sur le droit à l’avortement est plus que jamais relancé. Dans le cadre de l’examen du projet de loi pour l’égalité femmes-hommes, il a été voté (malgré les cris d’orfraies des parlementaires de droite), mardi 21 janvier 2014 un amendement qui supprime l’idée d’une nécessaire « situation de détresse » de la femme pour pouvoir recourir à l’IVG. Désormais la simple volonté de la femme concernée de ne pas poursuivre une grossesse est suffisant. Il aura donc fallu 39 ans pour que le législateur comprenne que L’IVG n’est pas un événement exceptionnel mais une composante de la vie sexuelle et doit être pris en compte comme telle.

CHAQUE ANNEE, EN FRANCE, PLUS DE 200 000 FEMMES AVORTENT. C’EST LEUR DROIT.
ELLES N’ONT PAS A SE JUSTIFIER, SE SENTIR COUPABLE NI DEMANDER PARDON.

Des libertés conquises de hautes luttes mais qui restent fragiles face au démantèlement global du service public :
Parallèlement à la diminution drastique des subventions des plannings familiaux, nous assistons ces dix dernières années à la fermeture de nombreux centres pratiquant l’IVG. La loi HPST dite Bachelot a permis par les regroupements hospitaliers, la fermeture de centres de proximité pratiquant l’IVG, provoquant l’inégalité d’accès aux moyens de contraception malgré les nouvelles mesures de gratuité, la fermeture de centres d’orthogénie ou la mise en place de restrictions par certains établissements, entraînant également sous couvert d’économie la pénurie d’un personnel médical et paramédical formé et volontaire(dans dix ans, il n’y aura plus assez de médecins pour faire des IVG en France).
Désormais près de la moitié des 857 services de gynéco-obstétrique (chiffre 2011) ne pratiquent pas d’avortement alors que la loi de 1979 a décidé la création d’un centre IVG dans chaque hôpital public.

Ces divers éléments montrent que le droit à l’IVG est de plus en plus menacé. Si le droit à l’IVG est largement acquis en France, c’est la légitimité de se trouver en situation de pouvoir y recourir qui est en danger.

Nous sommes en train de revenir doucement sur la liberté des femmes à disposer de leur corps par la diminution des moyens matériels.

Plus que jamais il est nécessaire de continuer de lutter pour :
• Une meilleure information et un meilleur accès libre et gratuit à la
contraception et à l’IVG
• La défense d’un système de santé public, gratuit et accessible à tou-te-s
• Le droit pour chacun-e de disposer librement de son corps et de s’épanouir
dans la sexualité qu’il ou elle choisit.

UN RETOUR D’UN ORDRE MORAL D’UN AUTRE SIÈCLE ?
Il n’aura échappé à personne que depuis l’année passée avec les «manif pour tous », les paranoïaques de la « théorie du genre » et autres promoteurs du roman national, nous assistons à un retour d’un racisme et d’un sexisme « décomplexés ». Les cibles ? : les musulmans, les Rroms, les homosexuel-les mais également les femmes : il ne faut pas oublier les menaces de viols et les agressions dont ont été victimes des militantes syndicales ou féministes.

La « manif pour tous » et son modèle familial désuet qui veulent recoincer la femme entre le mari et les gosses sont la preuve que hélas notre société reste hétéro-sexiste, viriliste et encore dominée par une morale religieuse et patriarcale.
Être mère est trop souvent présenté comme un passage obligé pour toute femme «qui se respecte».

L’avortement est donc, dans ce cadre, bien souvent considéré comme un acte «irresponsable» voir «coupable». L’IVG est toujours pensée comme un mal honteux et traumatisant alors qu’elle est un moyen de maîtrise de son corps et de sa sexualité.
Ces considérations sont autant de violences faites aux femmes souhaitant avorter. Les témoignages sont multiples:
mauvais accueils (y compris de la part des personnels soignants et de certains médecins), culpabilisation, humiliations, encouragement à renoncer au désir d’avorter. Autant de pratiques plus ou moins insidieuses qui se dressent contre l’émancipation des femmes.
Les libertés sexuelles sont des libertés fondamentales en termes de santé publique, mais surtout en termes d’autonomie et d’indépendance dans le respect des différences. L’accès libre à la contraception et la liberté à avorter ne s’opposent pas, ils sont tous deux fondamentaux, inaliénables et complémentaires dans la maîtrise de la fécondité. Chaque femme doit pouvoir, si elle le souhaite, accéder à l’avortement sans pression ni culpabilisation, dans le respect de sa décision.

LE SILENCE A PROPOS DES IVG ET LA STIGMATISATION DE L’AVORTEMENT
DOIVENT S’ARRÊTER ICI ET MAINTENANT !

Face au sabordage du service public de nombreuses associations soi-disantes « pro-vie » mais surtout « anti-choix », moralistes d’un autre siècle, ont profité de cette opportunité pour vomir leurs mensonges.
En septembre 2013 le gouvernement français a dû mettre en place le site internet http://www.ivg.gouv.fr, et le planning familial le site web ivg.planning-familial.org pour lutter contre la désinformation des sites anti-choix tel que SOS-IVG, IVG.net, SOS femme enceinte, SOS future maman ; il s’agit de sites créés par des militants religieux qui sous couvert d’aide et d’information, culpabilisent les personnes tenter par l’IVG en parlant d’avortements forcés et de traumatismes
post-avortement systématiques, alors qu’en réalité il y a statistiquement plus de traumatismes post-naissance.
De plus les lobbies religieux sont très actifs à Bruxelles, et tentent régulièrement de faire passer des lois pour « la reconnaissance de l’embryon humain », ce qui équivaut à légiférer l’avortement comme homicide.
Parmi ces moralisateurs, on trouve l’association SOS Tout-petits Sous un semblant de respectabilité familiale «bon enfant», se dissimule l’intégrisme religieux le plus intolérant et le plus hostile à toute idée de pouvoir vivre une sexualité propre à chacun-e. Leurs mots d’ordre :
abrogation de la loi Veil, lutte contre l’euthanasie, mobilisation contre le PACS et le mariage pour tous, lutte contre les «perversions sexuelles» (ils considèrent les homosexuel-les comme «des malades» qu’il faut soigner), contre la liberté sexuelle (ils s’élèvent contre la gratuité des moyens contraceptifs pour les mineurs, et leur usage), ceci bien entendu afin de défendre la sacro-sainte «morale» publique, la famille et la chrétienté
(Amen!).
Cette association mène couramment des manifestations à proximité
d’établissements hospitaliers pratiquant des avortements ou en empêchant leurs accès (comme régulièrement l’hôpital Tenon à Paris), manifestations souvent épaulées par un service d’ordre composé de militants fascistes (GUD, bloc identitaire, renouveau français, et autres néo-nazis).
Xavier Dor, médecin catholique, président de SOS tout petits, et ancien initiateur des commandos anti-IVG, a été condamné à plusieurs reprises pour délit d’entrave à l’IVG. Cette année, il a été condamné en appel à dix mille euros d’amende pour délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse.
Le but des anti-IVG est systématiquement d’intimider et de culpabiliser les femmes, de leur refuser la libre disposition de leur corps et de décider de leur vie à leur place.

Face à la prière de rue de SOS-Tout-Petit

Rassemblement 29 Novembre, 14h

 devant la cathédrale st jean

A BESANÇON COMME PARTOUT AILLEURS NE LAISSONS PAS L’ OBSCURANTISME RELIGIEUX RÉPANDRE SA MORALE NAUSÉABONDE !

 

le tract à télécharger ici:  tract Pro-choix2014 pro_choix2014