[la propriété c’est le vol] Petit récit d’une petite histoire judiciaire à la con…

Un camarade nous écrit :

Je me suis fait attraper il y a quelque temps en train de chourrer du matos dans un magasin de sport. Après une belle sortie, le dernier magasin aura été de trop. Ce n’est pas tant la manière ou le pourquoi de mon arrestation qui est intéressant mais plutôt les suites qui le sont. N’étant pas le seul à pratiquer ce sport il me semble pertinent de partager  ces évènements afin que d’autres ne reproduisent pas les mêmes erreurs.

 Une fois pris, j’ai été gardé environs 4 heures dans le local de sécurité du magasin en attendant les flics. Je suis pourtant assez rodé sur les procédures mais j’ai cru pouvoir être un peu plus malin que tout le monde… 4 heures dans 3 m2 c’est long et ça laisse le temps de réfléchir, trouver une belle histoire pour s’en tirer rapidos. Ayant été meilleur jusque là, je sais que si je la joue un peu fin je vais m’en tirer avec que dalle (j’ai pas de casier, inconnu des services, une « situation »), c’est à dire un rappel à la loi. Les flics viennent, m’embarquent et je me retrouve chez les flics pour 3 heures de plus. Ma stratégie est simple : je la joue en mode j’ai pas d’argent, pas de taf, c’est la crise et j’suis un gentil garçon pas très malin. Après une belle déposition aux keufs j’ai même le droit d’être convié en guest star à assister au traditionnel coup de fil au proc’. Comme prévu, j’ai droit à un petit rappel à l’ordre, une petite morale et tchou… enfin c’est ce que je croyais. Dans le processus j’ai juste zappé un petit élément pourtant essentiel : la prise d’ADN et de signalétiques. Merde, moi qui étais sûr de moi, prêt à sortir, me voila un peu comme un con. Evidemment, je refuse et j’y retourne pour un tour gratuit. Nouvelle déposition, j’suis pris de court, j’improvise (erreur !!) et je finis par sortir avec une convocation au tribunal pour vol+ADN (rappel à la loi annulé).

Lors du procès, l’avocat la joue sur des vices de forme pour demander l’annulation de la procédure mais cela implique de revenir sur une partie de mes déclarations. Le problème c’est que ma belle histoire, si bien montée à la base (4 heures pour la préparer) est finalement trop bien construite et devient en fait un boulet. Je m’en sors à la fin avec 240€ et 1 mois de sursis. C’est mieux que les réquisitions mais c’est quand même un peu chiant.

Au delà de cette histoire un peu banale c’est un enchainement d’erreurs provoquées par une trop grande confiance en soi qui peuvent être évitées. En plus de l’ADN que je n’avais pas calculé sur le moment, il y avait un autre facteur : la mise en place récente des auditions libres (chose que je maîtrisais pas encore à l’époque). Pour moi quand on a les menottes on est en garde à vue (GAV)… eh ben pas forcément. J’étais en audition libre, c’est à dire que j’aurais pu me casser du commico. Mais pour le savoir j’aurais du lire les 4 premières lignes de la déposition (les flics vous le disent pas). On dit toujours de relire la déposition mais j’avoue que je m’étais jamais attardé sur ce « préambule » (erreur!!). Pour ceux/celles qui se demanderaient pourquoi j’ai pas simplement demandé un avocat croyant être en GAV, c’est simplement parce que ça collait pas avec mon histoire de base et que c’était une erreur (eh oui encore!).

Bref à la fin j’ai pas l’air malin. C’est con c’était quand même une belle histoire ! N’oubliez pas, avant toute chose demandez si vous êtes en GAV ou audition libre et pensez à garder la tête froide, le croupier est véreux et les dés sont pipés. A vouloir les rouler le casino fini toujours par gagner.

Salutations libertaires,

M.