[Dossier comment faire grève] V. COMMENT ORGANISER UN PIQUET DE GRÈVE ENTRE AMI(E)S ?

Vous trouverez ci-dessous les quelques conseils utiles lorsque vous voulez organiser un piquet de grève. Le reste du dossier sur la grève se trouve ici.

  1. Prévenir des personnes qu’il y aura un piquet de grève. C’est important de ne pas se retrouver tout(e) seul(e) dans le froid du petit matin. Vingt ou trente personnes nous semble un bon ratio pour pouvoir bloquer suffisamment les portes, et avoir le nombre de notre coté. L’effet du nombre nous rassure sur notre force, et nous rend plus solidaire. Il dissuade aussi les forcené(e)s prèt(e)s à tout pour passer outre le piquet de grève.

  2. Prévenir les médias que vous aller faire un piquet de grève si vous voulez qu’ils parlent de votre action.

  3. Essayer d’être en forme : La veille, se coucher tôt, et ne pas trop boire, ni fumer. La fatigue nous fait nous emporter facilement.

  4. Amenez des cadenas et des chaînes pour fermer les grilles, c’est toujours mieux que 5 gros bras qui font peur. Un antivol de vélo peut faire l’affaire.

  5. Retrouvez-vous au moins ¾ d’heure avant l’ouverture du bâtiment que vous voulez bloquer pour être sûr que personne n’est encore entré.

  6. Une fois que les personnes sont devant le bâtiment tôt le matin, se répartir les portes selon les affinités de chacun.

  7. Poser les chaînes si c’est possible. Si ce n’est pas possible, faire une chaîne humaine devant les portes et ne laisser entrer personne, en expliquant clairement pourquoi vous faites cela (prévoir un tract explicatif rappelant les revendications, discuter à l’avance des arguments/contre-arguments).

  8. S’il y a des forcené(e)s qui veulent absolument bosser et essaient de forcer le piquet de grève, se tenir par les coudes et ne pas céder. Il est important de ne jamais élever la voix, et lors des bousculades possibles de ne pas répondre de manière violente. Utiliser l’humour pour désamorcer les tensions. L’humour est notre meilleur arme. Si le ton monte, il faut calmer les personnes.

  9. Tout le monde est responsable de tou(te)s. Ne jamais laisser les gens seul(e)s. C’est dans ces cas-là que le ton monte. Si vous voyez quelqu’un(e) de pris(e) à partie, aller le (la) rejoindre pour l’épauler. L’effet du nombre calme souvent les esprits échauffés.

  10. Il est important que les gens qui ont peur, ou se sentent mal puissent le dire. Nous ne sommes pas là pour nous sentir mal et faire des choses que nous ne voulons pas faire. Il n’y a pas de honte à avoir peur, il vaut mieux le dire. Les autres doivent alors réconforter la personne. Si cela ne suffit pas, la personne doit pouvoir partir sans qu’on lui fasse des remarques désobligeantes.

C’est encore mieux d’amener des thermos de café, thé, de quoi grignoter (éventuellement des parapluies, parfois la météo est contre nous), car c’est toujours bon de partager avec les gens qui nous entourent dans ces cas-là. Ça peut aussi inciter les collègues et passant(e)s à s’arrêter un moment pour discuter. Il est aussi important d’être visibles (banderoles, pancartes, drapeaux, braseros…). Nous pensons aussi que dans le cas de piquet de grève sur des lycées, il vaut mieux laisser passer les administratifs et les professeurs, ainsi que les prépas qui ont des concours ou des colles. Nous ne sommes pas là pour nous les mettre à dos, mais pour discuter avec eux. Sauf bien entendu si il a été décidé que personne ne rentrait. Dans ce cas, mieux vaut qu’il y a ait quelques personnes qui aillent parler avec eux/elles de notre grève et de ses raisons dans la salle des profs ou à la vie scolaire. Avoir des tracts, des bonbons et du café à offrir est le bienvenu car cela détend tout de suite l’atmosphère.

(fiche pratique circulant sur le web)