LA LONGUE GRÈVE DES POSTIER.E.S D’ECOLE VALENTIN

Deux mois de grève ! 69 jours, précisément. La lutte a commencé le 16 septembre 2013, quand quatre postier.e.s du bureau d’Ecole Valentin, soutenu.e.s par le syndicat SUD-PTT, se sont mis.es en grève contre la délocalisation à Besançon de leur centre de tri. Il.elle.s contestent la réorganisation des tournées, qui provoque une augmentation de la charge de travail, et donc une augmentation du temps de travail sans augmentation de salaires. Il est ainsi prévu de supprimer 3 tournées sur 14 (et donc au moins 3 emplois), alors même que la quantité de courrier a augmenté de 15% (selon SUD, la direction conteste). Le 10 octobre, 50 grévistes de Besançon les avaient rejoint.e.s. Trois concerts de soutien ont été organisés pour collecter des fonds et populariser la lutte, le dernier a réuni plus d’une centaine de personnes dans une ambiance chaleureuse. Le travail a repris le 25 novembre, sans avoir obtenu satisfaction. Tout au long du conflit la direction de la Poste a traité les grévistes avec un mépris digne des patrons du XIXème siècle.
Le 12 novembre, c’était le au tour des postier.e.s des bureaux de Palente et des Chaprais de se mettre en grève (suivie à 90% selon les syndicats) contre les suppressions de postes.
Rappelons que c’est toujours sur le dos des salarié.e.s que se font les « réorganisations » du travail à la poste, sans pour autant améliorer la qualité des services. Les conflits à ce sujet sont fréquents : grève des postier.e.s de Lons-le-Saunier en juin dernier, grève de la faim d’un salarié à Parcey (Jura) en septembre, et même partout en France les mouvements locaux ou départementaux se multiplient : Alpes maritimes et Var, St Amant (Charente), Creil (Oise), Arcachon, 7ème arrondissement de Paris, Clermont-Ferrand, Noyers et Selles (Loir-et-Cher), Annonay (Ardèche), Aveyron, Allier, Haute-Loire, Pas-de-Calais, Seine maritime, Lyon, Guadeloupe, Martinique, La Réunion, etc… La solidarité des usager.e.s est plus que jamais de mise. A l’étranger aussi les postier.e.s dénoncent la privatisation des services et la dégradation des conditions de travail : au Portugal, au Maroc, en Grande Bretagne, en Finlande, en Espagne. Une preuve que partout la logique libérale est à l’oeuvre, et que partout des travailleur.euse.s s’y opposent. A quand une convergence de ces luttes, au delà du secteur postal, pour enfin renverser la vapeur ?

A lire : La Mécanique des Lettres, par « un homme de lettres anonyme » (éditions Le Monde à l’envers, collection Modes d’emploi), 2013, 32 p., 3€. Une analyse lucide du métier de facteur-trice, et une critique de l’automatisation et de l’informatisation du travail qui nous concerne tou.te.s