[Université] Compte-rendu de l’Assemblée Générale de la fac de lettres de Besançon du 28 février 2013, nouvelle AG le jeudi 14 mars 2013 de 12H à 14h, UFR SLSH.

Plus de 100 personnes étaient présentes, étudiants et personnels.

L’AG était convoquée par l’intersyndicale, et sans qu’il y ait de discussion à ce sujet la tribune était composée de cinq enseignants syndiqués, et l’ordre du jour (plus ou moins) suivi a été celui qu’ils proposaient :

1) explications sur le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) et sur le projet de loi sur la formation des enseignants ;

2) sur le projet de rapprochement/fusion entre Université de Bourgogne (UB, Dijon) et l’Université de Franche-Comté (UFC);

3) qu’est-ce qu’on fait ?

Les explications ont d’abord été données par les membres de la tribune, mais au bout d’une demi-heure un débat plus libre s’est engagé, et un tour de parole s’est rapidement mis en place, pour permettre de s’exprimer à ceux qui le voulaient.

1) le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche :

– On peut le qualifier d’ «acte 2« de la LRU (instituant la soit disant autonomie des facs) : il ne remet pas en cause les mesures les plus
néfastes, et par certains aspects il aggrave les problèmes créés par la LRU. Le texte a évolué et est encore modifiable. Il a été récemment discuté au Conseil national de l’éducation supérieure et de la recherche (CNESER), avec  20 voix pour et 20 voix contre.

– La logique de cette réforme peut-être résumée en quelques mots : austérité, précarité, compétitivité, régionalisation.

– Les «personnalités extérieures» (patrons et politiciens locaux/régionaux) seront encore plus nombreux dans les conseils d’administration et participeront à l’élection du président d’université, ils acquièrent ainsi plus de pouvoir sur les formations et la recherche. c’est un pas de plus vers la marchandisation de l’enseignement et de la recherche.

– le projet veut rendre obligatoires les fusions et regroupements d’Universités, avec pour objectif d’obtenir 30 «pôles» à la place des 82 universités actuelles. L’expérience des facs de Strasbourg ou de Lorraine prouve pourtant que cela se fait toujours au détriment des petites facs, des filières les moins rentables, de l’emploi et des conditions de travail du personnel et des étudiants. Nous voilà prévenus !

Bref l’autonomie en temps d’austérité c’est surtout des suppressions de postes, de groupes de TD, d’options, de filières…

– Le projet comporte aussi un volet sur les aides sociales : les Restos U devront être compétitifs, le logement et les aides au logements étudiants seront régionalisés (alors que les fonds alloués par l’État aux régions diminuent). Une sorte d' »allocation inconditionnelle d’autonomie» est envisagée, mais via la suppression des aides indirectes (part des tickets RU payées par l’État, réductions d’impôts pour les parents).

– Une représentante de l’UNEF à dit quelque chose du genre «oui, d’accord, mais on a quand même obtenu des avancées…», ce que d’autres contestent.

– Le projet de loi sur la formation des enseignants ne remet pas en cause la masterisation, on crée une masse de précaires.

– Il prévoit de créer de nouveaux établissements de formation dont les postes et heures de travail seront pris sur les quotas des facs.

– Les formations comportent moins d’enseignements disciplinaires, et plus de pédagogie théorique.

2) Fusion UFC/UB :

– Un plan d’austérité s’applique depuis la rentrée, des cours ont été supprimés, des étudiants doivent suivre une partie des cours à Dijon, sans solution pour les trajets ou pour ceux qui ont un emploi. De fait c’est de la sélection sociale.

– Un gel des postes de travail est prévu pour la rentrée prochaine.

3) Que fait-on?

– Des étudiants sont intervenus pour dire que leurs conditions de vie et de travail actuelles sont déjà un problème. Des réunions ont eu lieu dans quelques filières pour discuter de ces problèmes : histoire (un porte parole nous a expliqué qu’ils avaient rédigé une lettre ouverte au doyen), sociologie, archéologie. Deux réunions d’étudiant-es ont eu lieu, pour former un «front étudiant de lutte ».

– Les mêmes problèmes se posent en droit, en médecine, et dans d’autres facs. Certaines commencent à bouger (Caen, Angers, Paris I, Nantes…). Il semble évident qu’il faut entrer en lutte.

– Proposition pour mobiliser : faire des tables d’information le plus souvent possible dans le hall de la fac (voire dans la cour s’il fait beau).

– Manquant de temps pour élaborer un texte, on propose soit d’adopter la motion de ‘«assemblée générale nationale» tenue à Paris la semaine dernière, soit celle du syndicat Force ouvrière, soit d’adopter une motion très courte basée sur ce qui semble faire consensus. Cette dernière solution a été choisie, voici la motion adoptée à la quasi-unanimité :

Nous, étudiant-es et personnel de l’Université de Franche Comté (UFR sciences humaines et sociales), réuni-es en assemblée générale le 28 février 2013, prenons position :

– contre le projet de réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche,

– contre le projet de rapprochement/fusion entre l’Université de Franche-Comté et celle de Bourgogne,

– pour l’abrogation de la loi LRU sur l’autonomie des universités.

NOUVELLE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

le JEUDI 14 MARS 2013 de 12H à 14h

AMPHI PARISIANA (UFR SLSH)

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