[Répression syndicale] Afrique du Sud : le capitalisme a encore tué

Jeudi 17 août la police sud-africaine a tiré sur les mineurs grévistes de Marikana et a tué 34 travailleurs en a blessé 78 et arrêté 259. Les mineurs,pour la plupart des foreurs exposés à des  conditions de travail effroyables, avaient cessé le travail depuis une semaine pour réclamer des augmentations de salaire et des améliorations de leur vie quotidienne.
Plutôt que de répondre à ces revendications légitimes, Lonmim, entreprise propriétaire de la mine, a joué les divisions syndicales (10 morts issus d’affrontements entre les affiliés) et la répression policière. Il n’y a rien d’étonnant à cela, Lonmim a entre autre dans son capital Xstrata ; société suisse qui a un lourd passif dans la destruction forcée de villages colombiens dans la région du Cerrejon ainsi que l’expulsion par les militaires et les paramilitaires de leurs habitants. Les Indiens Wayùu en ont récemment fait la triste expérience. Elle est par ailleurs engagée le projet Koniakambo d’extraction de nickel et de cobalt dans la zone de Koné en Nouvelle-Calédonie, projet qui soulève l’opposition farouche de la population locale.
Ce capitalisme cynique veut maintenant renvoyer la responsabilité des meurtres sur les syndicalistes prétextant que ceux-ci auraient chargé armés les policiers. C’est une ignominie. Les affiliés de l’AMCU, syndicat autonome, défendaient leur droit de grève et leur vie face aux agressions qu’ils avaient subies de la part du NUM (National Union of Mine workers) syndicat lié au pouvoir et instrumentalisé par la Lonmin. Le 20 août la compagnie minière a menacé les grévistes de licenciements et de sanctions s’ils ne reprenaient pas le travail. Va-t-elle aussi licencier les travailleurs qu’elle a fait assassiner, ceux qu’elle a envoyés à l’hôpital et en prison ? On peut dire que le procès des mineurs emprisonnés n’a pu avoir lieu le 20 août suite à la mobilisation solidaire de leurs camarades et de leurs familles. Les chefs d’accusations pesant sur les 259 mineurs sont meurtre, tentative de meurtre et violence en réunion le jugement devrait être reporté au 27 août. Ces chefs d’accusations démesurés sont une preuve de la duplicité de l’État  sud-africain qui, alors qu’il décrète une semaine de deuil national, se place clairement du côté du patronat et veut faire condamner les travailleurs qui n’exigeaient que de meilleures conditions de travail.
Depuis le début de l’année, 40 mineurs sont morts suite à des accidents de travail en Afrique du Sud. La barbarie capitaliste est aussi une barbarie quotidienne.
Le Secrétariat international de la CNT-F soutient les camarades sud-africains dans leur lutte contre ces barbaries et appelle à soutenir leurs revendications par la solidarité internationale, qui peut se manifester en Europe et en France car les entreprises actionnaires sont majoritairement européenne.
Nous exigeons la pleine satisfaction des revendications des mineurs, la libération des travailleurs emprisonnés et que toutes les responsabilités qu’elles soient gouvernementales ou patronales soient établies.

Secrétariat International de la CNT-F
33, rue des Vignoles
75020 Paris

www.cnt-f.org/international

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