[Education] N’autre école n°32 « Ecole et handicap » vient de paraître

Edito du n°32 « Ecole et handicap »

Ils étaient « anormaux », cachés par des parents honteux, mouraient jeunes, dans l’ignorance ou l’indifférence de tous. Le handicap est aujourd’hui l’objet de moult velléités politiques et discours volontaristes. Depuis 1975, principalement sous l’impulsion d’associations de personnes handicapées, de familles et de professionnels, les dispositifs de scolarisation des élèves handicapés se multiplient… et évoluent au gré des orientations politiques. Misant d’abord sur l’intégration collective en établissements ou classes spécialisés, c’est, depuis la loi de 2005, l’intégration individualisée des élèves en classe ordinaire qui a le vent en poupe. Cette loi fait la part belle à une appréhension contextuelle du handicap : c’est moins la personne qui est dite handicapée que la situation qui est considérée comme handicapante. D’où un glissement du discours : du « handicapé » à la « personne en situation de handicap ». D’où, aussi, l’accent mis sur des dispositifs de compensation des difficultés rencontrées : assistance humaine, technologique, financière, mais aussi aménagement de l’espace, du temps.

Si les intentions peuvent apparaître louables, la question du handicap renvoie toujours à celles de la norme, de la différence et de l’égalité. Or le poids des normes, de la norme dominante surtout, reste le plus souvent un impensé. En classes ordinaires, l’intégration d’élèves fonctionnant de façon peu habituelle fait resurgir, parfois brutalement, le poids des normes scolaires. Se pose alors la question de la capacité de l’institution comme des groupes et des individus, à faire une place à la différence, à la respecter, à l’intégrer. Une question étroitement politique en somme… Et une dimension que soulèvent beaucoup des textes réunis pour ce numéro. Tous permettent de mieux comprendre comment celles et ceux qui se confrontent quotidiennement au handicap (personnes handicapées aussi bien qu’enseignants, éducateurs, parents, etc.) le vivent, le perçoivent et s’organisent.

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