[Tract anti-élections] Il existe de très bonnes raisons de ne pas voter

En ces temps pré-électoraux, il est un seul point sur lequel candidats et médias, s’accordent, il FAUT aller voter. C’est un droit, mais surtout un devoir que chaque électeur se doit de remplir. Dans le cas contraire, il est caricaturé comme un simplet qui préfère aller pêcher plutôt que de se soucier de l’avenir de son pays. Sans compter tous les moralisateurs qui viendront le sermonner et le culpabiliser par une série d’arguments préfabriqués inculqués dès l’enfance en éducation civique.

1. Le fait même de voter consiste à renoncer à son pouvoir politique en faveur d’un élu pour une période donnée. Pendant cette période il peut faire ce qu’il veut, qu’il l’ait annoncé dans son programme ou pas. N’oublions pas que sarkozy s’était engagé à ne pas toucher au régime des retraites.

2. Les nouvelles formes de communication imposent des slogans courts et cinglants, sur le modèle publicitaire. Dans ce cadre, impossible de développer un discours précis, nuancé et argumenté.

3. Il est impossible de révoquer un élu même si celui-ci trahit ses promesses électorales.

4. Les seuls candidats en mesure de gagner les élections ont, à quelques différences près, tous le même programme. De l’argent pour les entreprises (réduction de charges, baisse d’impôts, aide à la relance, prise en charge par l’état d’une partie du salaire des travailleurs en contrat précaire,…) ; la casse du code du travail (les accords signés dans les entreprises supérieurs à la loi), la rigueur pour les travailleurs (il va falloir se serrer la ceinture, au mieux « rêver raisonnablement »)…

5. Les véritables dirigeants ne sont pas les élus mais les grands industriels et financiers qui imposent leur modèle de société aux dirigeants politiques, utilisant la menace perpétuelle de la fuite à l’étranger (qu’ils fuient ! On garde les usines et les machines.)

6. Donner le pouvoir à une poignée d’individus, c’est faciliter la tâche à tous ceux qui sont prêts à la corruption pour parvenir à leurs fins. Acheter une centaine de personnes revient nettement moins cher qu’en corrompre des milliers.

7. Le simple fait de dire « notre système n’est pas démocratique » est considéré comme de la folie, ce qui empêche toute discussion sérieuse et argumentée sur le sujet.

8. Parce qu’une idée discutée et élaborée par 100 cerveaux sera toujours meilleure qu’une idée sortie d’un seul cerveau, même si ce cerveau a fait l’ENA.

9. Parce qu’on ne parviendra jamais à un système égalitaire en élisant un chef.

10. Parce que notre système politique protège les droits de la bourgeoisie en inscrivant dans sa constitution le droit à la propriété. Cela interdit de reprendre aux grands patrons, aux banquiers et à tous les escrocs de leur espèce, ce qu’ils ont volé aux travailleurs.

11. Parce que, qui dit élection, dit état. Et qui dit état, dit police, armée, prison,…

Rappelons, pour finir, que si l’abstention se justifie amplement, elle ne sera jamais suffisante. Notre système ne s’effondrera jamais parce que, un beau jour, personne ne sera allé voter.
Pour mettre en place un système réellement égalitaire et démocratique, il faudra bien plus qu’un bulletin dans une urne. Pour chasser ceux qui défendent leurs privilèges, il faudra un mouvement populaire, et organisé. Ce mouvement, il faut le construire dès maintenant et au quotidien. Voilà qui est beaucoup plus long et fastidieux que d’aller voter de temps en temps.
Alors, c’est qui les feignants ?…