[Besançon] Procès d’un étudiant sans-papier

Compte rendu de l’audience de M. au Tribunal Administratif

Aujourd’hui (15 février), au tribunal administratif de Besançon, avait lieu une audience dans le cadre de la procédure d’expulsion dont fait l’objet M.

M. est originaire de Côte d’Ivoire, pays dans lequel il était enseignant, mais également membre d’une ONG considérée par le gouvernement comme un groupe d’opposition. Il a été amené à se réfugier en France du fait de la répression, et depuis son départ, plusieurs membres de la même ONG ont été arrêté.e.s et d’autres assassiné.e.s par les milices du pouvoir. Aujourd’hui M. a repris des études à l’Université de Besançon et s’investit dans une association humanitaire.

Nous étions une vingtaine à être venuEs le soutenir, essentiellement ses camarades de classe et des militantEs syndicaux.

Il est instructif de constater que le tribunal a discuté de cette affaire, la déportation d’un être humain vers un pays où ne l’attend que la répression voire la mort, comme d’un cas banal, au milieu de conflits de voisinages, de contestations de permis de construire, de batailles opposant des petits patrons à des collectivités locales. Il est instructif également de constater que le rapporteur public (chargé de présenter l’affaire et de proposer une solution, nommé par le conseil d’Etat) prenait systématiquement le parti des entrepreneurs face aux établissement publics, et inversement soutenait systématiquement les établissements publics quand ceux-ci étaient attaqués par des particuliers (usagers ou travailleur.euse.s de ces établissements).

Une fois la défense de M. entendue, l’affaire a été mise en délibéré pour être tranchée dans trois semaines à un mois. Rendez-vous donc début mai, pour revendiquer la liberté de circuler, pour M. et pour tout être humain.e, pour condamner cette « justice » criminelle, complice de fait des pires dictatures.

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