[Besançon] Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes! Tract pour un 11 novembre antimilitariste et résumé du rassemblement

Une trentaine de personnes était présente ce matin au rassemblement antimilitariste du 11 novembre avec des tracts et une banderole  » A la guerre chair à canon, au boulot chair à patron. Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes! »

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PAS DE GUERRE ENTRE LES PEUPLES, PAS DE PAIX ENTRE LES CLASSES !

NON A TOUTES LES GUERRES !

Si nous appelons à ce rassemblement un 11 novembre, c’est tout d’abord pour se souvenir du nombre de victimes sacrifiées sur l’autel du capitalisme au nom du nationalisme au cours de la boucherie de 14-18, mais également de toutes les guerres, actuelles et passées. C’est également pour rendre hommage à tous les insoumis, déserteurs et pacifistes d’aujourd’hui et d’hier. Enfin c’est pour dénoncer l’armée en tant qu’institution, ainsi que l’avancée du militarisme dans les structures économiques, dans l’éducation et dans le contrôle de la société dans son ensemble.

L’ARMÉE, C’EST L’INSÉCURITÉ
Cette institution demeure un danger permanent qui pèse sur chacun de nous, en tant qu’individus, mais aussi sur toute la collectivité et en particulier sur le mouvement social, parce qu’elle est et a toujours été le dernier rempart, l’ultime recours armé de l’État et du patronat.
Dernièrement (le 19 octobre), lors de l’audition du général Bertrand Ract-Madoux, chef de l’état-major de l’armée de terre à la commission de la défense à l’assemblée nationale, a été posée la question de l’emploi de la force armée sur le sol national, notamment concernant le plan vigipirate. Ceci montre bien que la possibilité de répression par l’armée d’un soulèvement populaire est envisagée par nos députés.
Le plan Vigipirate participe au contrôle des populations sous prétexte de lutte contre le terrorisme. On croise quotidiennement des bidasses armés jusqu’aux dents dans le métro parisien, les transports urbains, les gares ou certains quartiers… L’histoire sociale n’est qu’une suite d’exemples sanglants de la nocivité intrinsèque de l’armée : de la Commune de Paris à celle de Kronstadt, des conseils ouvriers d’Allemagne ou d’Italie aux révolutionnaires espagnols, du Chili à la place Tian An Men, la liste est interminable de toutes les forfaitures et abominations de la gent militaire, sous les ordres de la « gauche » ou de la « droite ». Une instruction datée du 3 mai 2010, rédigée avec le concours des ministères de l’Intérieur et de la Défense par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), évoque d’ailleurs la possibilité de mobiliser 10 000 hommes en cas de « crise majeure ». Ces hommes pourraient être également utilisés dans les quartiers dit « sensibles », où la rénovation urbaine en cours vise à faciliter les interventions policières, mais aussi éventuellement militaires.

PROPAGANDE MILITARISTE GÉNÉRALISÉE
Des affiches et des spots particulièrement cyniques, avec pour slogan « Devenez vous même », sont apparus en 2010 dans les rues et sur les écrans, financés par nos deniers. L’armée française a lancé une grande campagne publicitaire afin de recruter des jeunes, qui parfois se laissent tenter. C’est que les temps s’y prêtent : la crise aidant, rarement la pression pesant sur les épaules de la jeunesse ne s’est aussi bien fait sentir. Sans certitude aucune concernant la place éventuelle que voudront (peut-être) leur allouer les générations précédentes, elle est une proie de choix pour les sergents recruteurs, lesquels ne s’y sont pas trompés : sur les 15 000 postes prévus, 12 000 seront réservés à des jeunes sans qualification, promis à l’ambitieux statut de… militaire du rang. Rappelons à cette jeunesse tant convoitée par les vautours en kaki que l’armée est l’école du crime, car elle est par essence l’école de la soumission totale de l’individu aux ordres de la hiérarchie. La contrepartie essentielle de la paye versée au soldat, c’est l’abdication totale du libre-arbitre, notamment si on lui ordonne de tirer, de tuer. L’armée est une institution hiérarchisée au sein de laquelle chaque individu est « modelé » à force de pression psychologique et d’astreinte physique. Le but est de produire un modèle unique de militaire obéissant aux objectifs, quelles qu’en soient les conséquences humaines et politiques. Dans une société sécuritaire encadrée par le management au service du pouvoir capitaliste et étatique, l’enjeu du militarisme n’est pas seulement de fournir un bras armé, mais aussi un modèle social. Les programmes d’éducation civique lui donnent toute sa place, et dernièrement, l’UMP a repris une propostion de Ségolène Royal datant de la campagne présidentielle de 2007 concernant l’encadrement militaire des jeunes délinquants, et le refus du sénat, aujourd’hui de gauche, ne peut faire oublier la trop grande acceptation de celle-ci des enjeux sécuritaires liés à l’armée. Or, pas plus qu’il n’y a de capitalisme émancipateur, il n’y a de militarisme émancipateur. Obéir aux chefs, sergents ou patrons, c’est renier notre légitimité à agir par et pour nous-mêmes.

L’ARMÉE, COÛTEUSE ET POLLUANTE…
La chose militaire pollue, et pas que les esprits. Il suffit de songer aux essais nucléaires et à toutes les saletés qui ont été fabriquées et le sont encore : armes chimiques, bactériologiques, etc. Et on ne finit pas d’en payer les conséquences. Il suffit de demander à tout-e-s les irradié-e-s ou à tou-te-s les mutilé-e-s par des mines antipersonnelles par exemple. Sans parler du gaspillage monstrueux de carburant (avions de chasse…). Le Sipri (Institut national de recherche pour la paix, de Stockholm), dans son rapport annuel publié le 2 juin 2010, nous informe qu’en 2009 le monde a consacré 1 531  milliards de dollars au secteur militaire, soit 49 % de plus qu’en 2000. Ce n’est pas la « crise » pour tout le monde, et si les États-Unis représentent à eux seuls la moitié de ce budget mondial, la France est en bonne place dans cette course à la « rigueur » avec… 63,9 milliards de dollars consacrés à l’armement. Lors de la discussion sur le budget prévisionnel de 2012, on apprend que le budget de la défense va être augmenté de 1.6 %, alors même que celui de l’éducation nationale reste stable et que celui du travail et de l’emploi perd plus de 12 %. Cela permet de voir où vont les priorités de ce gouvernement. Le capitalisme porte la guerre comme les nuées portent l’orage…

LE CAPITALISME, C’EST LA GUERRE PERMANENTE
DE TOUS CONTRE TOUS
Car derrière toutes les guerres et leurs prétextes piteux et grotesques, se cachent toujours les intérêts économiques, les prétentions impérialistes et les appétits militaristes. Et notamment le contrôle à tout prix des matières premières par les multinationales. La récente intervention militaire de l’OTAN en Lybie est là pour nous le rappeler : si les médias et les différents États désinforment le peuple en affirmant que les pays impérialistes viennent en soutien aux « révolutionnaires » face à Khadafi (sans rire !!), c’est pour tirer profit des ressources économiques en permettant le massacre des populations. On le voit dans la présence de multiples bases de l’armée française en Afrique, dans ses interventions régulières sur ce continent (Tchad, Rwanda, Côte d’Ivoire…) et dans le soutien logistique et matériel à ces États pour la répression de leurs propres populations locales révoltées. La Lybie est le parfait exemple du peu de cas dont font preuve nos dirigeants pour la démocratie et les peuples soumis, en effet après avoir vendu à Kadhafi de quoi espionner et réprimer son peuple, les voilà tous en guerre contre ce tyran
naguère reçu en grande pompe à l’Élysée. Et que l’on ne s’y trompe pas, la démocratie n’a rien à voir dans ce choix, l’appât du gain étant le seul motif pour le président des droit de l’Homme, qui, depuis le changement de régime, peut se targuer d’avoir mis en bonne place Total pour l’exploitation du pétrole lybien. L’accord franco-anglais signé le 2 novembre 2010 laisse présager du pire : la création d’une force militaire conjointe de plusieurs milliers d’hommes, mobilisables pour des opérations extérieures bilatérales ou sous drapeaux de l’OTAN, de l’ONU ou de l’Union européenne, ainsi que la création d’un laboratoire d’essais nucléaires commun. Si les grandes puissances capitalistes souhaitaient réellement endiguer le « terrorisme », il leur suffirait peut-être de consacrer leur budget, aujourd’hui dévolu aux interventions militaires, aux « infrastructures », aux hôpitaux et aux écoles. Leur choix montre donc bien qu’ils n’ont pas intérêt à voir l’épouvantail du « terrorisme » disparaître. « Al-Qaida », réseau à ses origines développé par la CIA, s’il a échappé à celle-ci, demeure en tout cas un prétexte idéal à l’impérialisme occidental. C’est que la guerre, ça rapporte, aussi bien aux multinationales de l’énergie et des matières premières qu’à celles de l’armement, qui en France contrôlent stratégiquement une grande partie des médias (jusqu’aux manuels scolaires), sans parler de leurs liens affichés avec le Pouvoir. Au nom des « intérêts de la France », ou de la « démocratie contre le terrorisme », c’est un avenir de mort et de misère qui s’offre à tous les peuples opprimés. Les anarchistes ne cesseront jamais de dénoncer et de lutter contre les marchands de canons, les armées, les nationalistes, les États et les systèmes économiques générateurs d’oppression et de logique guerrière.

PAS DE GUERRE ENTRE LES PEUPLES,
PAS DE PAIX ENTRE LES CLASSES
Depuis maintenant un an que les « fusillés pour l’exemple » sont réhabilités, la municipalité ayant décidé d’apposer une plaque à l’entrée de la Maison du Peuple, 11 rue Battant, pour honorer la mémoire de Lucien Bersot, associée à celle d’Elie Cottet Dumoulin, ouvrier ferblantier de Battant, condamné à 10 ans de bagne pour avoir protesté contre la sanction frappant son camarade. En février 1915, après une parodie de procès de 2 jours, était fusillé un soldat franc-comtois. Son crime : avoir refusé de porter un pantalon en loque et maculé de sang pris sur un mort. Son nom : Lucien Bersot. En ce début 1915, cette guerre, qui fera des millions de morts, devenait impopulaire et le troufion renâclait à se faire trouer la paillasse. Il fallait resserrer les boulons, faire des exemples. Lucien Bersot en fut un. Depuis longtemps nous demandions que la rue Bersot soit débaptisée et rebaptisée en rue Lucien Bersot, fusillé pour l’exemple. En effet, Lucien Bersot n’est pas mort pour la France, mais mort PAR la France. C’est la France qui l’a condamné et fusillé. Par cette action symbolique nous tenons à rappeler les horreurs de la guerre et la brutalité des tribunaux militaires et/ou d’exception. Combattons dès aujourd’hui le militarisme afin que nous n’ayons plus, dans le futur, à commémorer ce genre d’horreur. Crions notre dégoût de la guerre, de l’armée, de toutes les armées. Les événements actuels nous poussent d’ailleurs à continuer notre combat pour un monde solidaire.

CNT – FA – SCALP – Libertaires

Le tract en pdf

Rassemblement le 11 novembre à 11h, au 11 rue Battant (devant la Maison du Peuple)