LA CNT CONTRE LE G8 À DEAUVILLE ET AILLEURS ! TOUTES ET TOUS AU HAVRE LE SAMEDI 21 MAI 2011 !

Samedi 21 mai 2011 – 15H / Gare SNCF – Le Havre
Manifestation internationale
meeting et concert

Dimanche 22 mai – forums

Lire et/ou télécharger le tract du Collectif Unitaire

CONTRE LES SEIGNEURS DU G8,


TOUTES ET TOUS AU HAVRE LE SAMEDI 21 MAI 2011

Le G8 est la réunion de dirigeants patronaux et gouvernementaux, de chefs d’États qui s’autoproclament puissances principales du monde.
Concentrant les pouvoirs économiques et politiques entre leurs mains, ils s’arrogent le droit d’organiser un ordre mondial injuste et destructeur. Tout n’y est que marchandise, y compris le vivant. Nous sommes tous des  » choses  » dont la seule valeur est celle du profit économique. Devenus non rentables, ils nous jettent. La lutte des classes n’a jamais disparu, surtout pour les patrons qui nous spolient tous les jours et de plus en plus ! Le G8 est donc une instance autoritaire, prenant des décisions impliquant l’ensemble de la planète avec pour seule légitimité leur pouvoir assis sur un immense compte en banque. C’est la mondialisation capitaliste la plus sauvage qu’ils veulent nous imposer avec à la clef le chômage de masse, la précarité et les crises économiques/ financières qui étranglent les classes sociales défavorisées.

Pour imposer ce système, tous les moyens d’oppression sont bons. Guerre sociale, guerre entre les peuples, répression policière, exploitation maximale des individus, oppression des femmes, précarisation des conditions de vie, surveillance et conditionnement des esprits, destruction des ressources naturelles. Ce qu’ils décident entre eux lorsqu’ils se partagent le monde, même à travers leurs affrontements, s’applique peu à peu dans nos vies. Nous ne sommes pour eux que des chiffres, des  » ressources  » ou  » contraintes  » (ils sont juste obligés de payer notre travail, au moindre coût et de plus en plus mal !). Mais la force de ce système, capitaliste, c’est de nous presser comme des citrons, en nous faisant croire que c’est inévitable. Beaucoup se tuent à la tâche alors que quelques uns accumulent sans autre perspective que l’accumulation.
Face à cette vie dénuée de sens, une prise de conscience est nécessaire. Il nous faut aussi résister, inventer notre propre existence, pleine de joie, d’intelligence et de lucidité pour aller vers un autre futur.

Les manifestations internationales sont déjà l’expression d’un dépassement des frontières, d’un internationalisme en acte dont nous devons nous féliciter. C’est aussi l’affirmation que nous ne sommes pas impuissants, que nous pouvons agir, et réagir à l’exploitation. Nous ne sommes pas pour autant à la traîne d’organisations qui se disent  » citoyennes « , et qui perpétuent les hiérarchies et le règne de pseudo experts toujours enclins à servir de marche-pied à des politiciens peu scrupuleux. Non plus aux ordres de dirigeants syndicaux qui sauraient mieux que nous où est notre bonheur. Pas question pour nous de céder à la tentation d’une action uniquement médiatique, mais pas question non plus d’observer anonymement et passivement ces « décideurs » qui organisent nos vies à notre place. C’est pourquoi, par exemple, nous appelons et participerons à la manifestation du samedi 21 mai au Havre. Cette initiative peut-être un point d’appui pour mieux peser ultérieurement au sein des mouvements sociaux pour davantage d’anticapitalisme et de démocratie directe.

Pour la CNT, la participation aux contre sommets ne prend son sens que dans le mouvement plus large de la construction d’un mouvement anticapitaliste international, qui serait l’expression de l’autonomie de nos luttes. Pour nous, une manifestation n’est qu’un moyen complémentaire de la lutte syndicale sur le lieu de travail.

Pour avoir les moyens de vivre, nous sommes forcés de travailler. Nous sommes organisés en syndicat car notre défense face à l’exploitation exige que nous soyons unis. Nous sommes autogestionnaires, car nous refusons la délégation de pouvoir. Ceux qui luttent doivent décider par eux-mêmes. Suivant le même principe, enfin, nous sommes révolutionnaires car un jour, ce sont les travailleurs et les usagers eux-mêmes qui devront décider ce qu’il est utile de produire, et comment le faire pour assurer la satisfaction de tous. Pour nous, il n’y a pas de capitalisme à visage humain.
La pollution, les gâchis des ressources naturelles, les écarts de richesse sont de plus en plus catastrophiques. Ce système ne peut pas être réformé, car il conduit inéluctablement à ces effets. La rupture avec le capitalisme est à nos yeux la seule voie possible pour empêcher une catastrophe économique, humaine et écologique.

Qui siège au G8 : l’Allemagne, la France, les Etats-Unis, la Russie, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon, l’Italie.
Pourquoi Deauville ? C’est le symbole de la bourgeoisie triomphante et de l’économie casino où les grands perdants sont toujours les classes ouvrières.

LE G8, C’EST L’AXE DU PROFIT QUI GÂCHE NOS VIES.
LE G8 INCARNE TOUT CE QUE NOUS REJETONS
EN TANT QU’ANARCHO-SYNDICALISTES.

CONTRE LES SEIGNEURS DU G8,
TOUTES ET TOUS AU HAVRE LE SAMEDI 21 MAI 2011

Lire et/ou télécharger le tract de l’UR CNT14 Normandie

Le G8 de Sarkozy, c’est l’Economie casino

De la grève du Havre à la marée de Deauville, il n’y a que 45 minutes de route.

Pour prendre la route de la côte fleurie, on passe le Pont de Normandie, pour être de « l’autre côté de l’eau » Comme on dit « cheux nous ». On file sur Honfleur, petit port touristique où l’on a des chances d’entendre la musique de Satie et apprécier l’humour d’Alphonse Allais. Plus loin, on approche de Villerville et « son singe en hiver ».

Arrivés à Trouville, on débarque dans une ville très « Middle class » où les enfants de la petite bourgeoisie au teint hâlé, l’été, construisent des châteaux de sable. Leurs parents trempent leurs mollets dans l’eau frisquette. Trouville a son chemin des planches, son port où règnent de rudes pêcheurs, son marché. Trouville n’est pas un scandale. Entre Deauville et Le Havre, elle fait la transition. C’est la plage auxiliaire, avec un casino, de ceux que l’on trouve un peu partout sur les côtes de la Manche.

Quittons Trouville pour pénétrer à Deauville. Les rues sont proprettes, tracées au cordeau par l’architecte de chez Maxim’s. Les magasins de luxe bordent les alentours du casino, derrière le front de mer. Les voitures de luxe rutilent.
En stuc, plâtre et pierre, le casino. Devant, les courts de tennis où s’escriment les notables et les nouveaux riches. Les cabines leur masquent l’horizon et Le Havre avec sa zone industrialo-portuaire d’où émergent deux grandes cheminées fumantes.
Flanelle de prix, vêtements Galliano, bijoux précieux, parfums renommés, le tennis, être entre soi, n’est-ce point charmant ?
Sur la plage, le flot mord, le beau monde se baigne quand le soleil est au rendez-vous.
La domesticité attend, au sec, que ces braves gens reviennent pour leur remettre leur peignoir. La mer est généreuse, elle accepte les intrus. Elle ne leur veut pas de mal.
Une fois séchée, la nouvelle aristocratie parade et fait son cinéma sur les planches, on est loin des vacances de Monsieur Hulot.

La vie file à la vitesse des autos et des avions. La « grande vie » passe avec son cortège de nantis.

Le Havre avec ses quartiers défavorisés, son chômage de masse, c’est un autre monde.
On ne le regarde pas en face ! L’un ignore l’autre. Pourtant, il faut bien tout de même que les chômeurs et les travailleurs sachent comment on s’amuse bien à Deauville, combien la vie est belle et drôle et qui jette sur la paille les salariés alors qu’au baccara on rejette des matelas de billets de 500 euros. Il faut bien que les gens du peuple apprennent à faire banco comme les amis de Monsieur Sarkozy.
Il faut qu’ils comprennent pourquoi leur pouvoir d’achat diminue et que leurs fins de mois sont difficiles.

Au fond, Le Havre est beaucoup plus loin de Deauville que cela.
Pour les séparer, ces deux villes-là, il y a le grand jeu du baccara, le tapis vert, la roulette…le qui-perd-gagne des rupins. C’est le soir que les parties sont intéressantes quand les gros joueurs sont à table. Les jeux se font, l’argent passe, les croupiers règnent. L’argent va de l’un à l’autre, non sans qu’une part en fût prélevée discrètement par les finances républicaines…
Le gratin de Deauville et la bande du Fouquet’s dépensent sans compter. Le champagne de Deauville qui coûte cher coule à flot.

Au jeu, des millions sont perdus avec le sourire, l’important c’est de participer. Des faces fripouillardes et triviales esquissent des sourires. Pour ces égoïstes, c’est banco. Faites vos jeux ! Banco, la main passe. A d’autres de jouer et de rafler la mise avec l’argent gagné sur le dos des travailleurs. Les voyous, ce sont eux, pas ceux des banlieues.

Alors pour le contre sommet du G8, les 26 et 27 mai prochains, on ira manifester au Havre pour la justice sociale, une autre répartition des richesses et quand les pauvres s’uniront, gare à la revanche.

Cette semaine du 21 au 28 mai 2011 est plus que symbolique, il y a 140 ans tout juste, le peuple de Paris paya très cher son rêve d’une société égalitaire, son désir d’autogestion, avec pour dessein une communauté dirigée par et pour le peuple.

Pour nous, syndicalistes révolutionnaires, l’organisation d’un G8 lors du 140è « anniversaire » de « la semaine sanglante » est une véritable provocation, une incitation au devoir insurrectionnel des victimes du capitalisme de tous les temps. Mais non Nicolas, la Commune n’est pas morte….

Alors tous et toutes au Havre, le samedi 21 mai 2011

Lire et/ou télécharger le tract de l’UR CNT76