Recul des retraites et baisse des pensions : Capital contre Travail, acte IV !

Recul des retraites et baisse des pensions :

Capital contre Travail, acte IV !

Les étapes d’une casse de l’acquis social des retraites par répartition :

– 1993 : réforme Balladur, allongement des durées de cotisation dans le Privé;

– 2003 : réforme Fillon, allongement des durées de cotisation dans le Public;

– 2008 : alignement des « régimes spéciaux » sur le régime général selon la réforme 2003 ;

– 2010 : allongement du temps de cotisation (Public-Privé) prévu en 2003.

Espérance de vie, pénibilité et classe sociale

Le pouvoir économique veut nous faire croire que l’allongement de « l’espérance de vie » moyenne pose un problème social. C’est faux : vivre plus longtemps dans une vie humaine si courte est plutôt positif, bien qu’il faudrait encore en discuter la qualité.

Ce constat d’un allongement moyen appelle toutefois une précision et une question.

– Une précision, d’abord, car cette espérance n’est pas la même selon les classes sociales. Un ouvrier vit ainsi environ 7 ans de moins qu’un cadre, et profite donc d’autant moins de sa retraite que son niveau de santé est moindre. On le voit : l’espérance de vie et la qualité de la vieillesse dépendent grandement de la condition sociale.

– Une question, ensuite, presque philosophique : à quoi peut servir ce « supplément de vie » ? La droite gouvernante et les classes patronales veulent l’enchaîner au travail et à l’aliénation productiviste, comme le reste d’une existence consumériste, plutôt que de le rendre à l’humain. Et pour cause : notre travail fait leurs profits !

En 2003, le gouvernement Raffarin par son ministre Fillon promettait d’intégrer plus tard à cette « réforme des retraites » le critère de « pénibilité du travail » pour faire avaler la pilule. Ce mensonge a remporté la signature de la CFDT, et imposé ce recul social malgré la très forte mobilisation des travailleurs. 7 ans plus tard l’âge de la retraite a bien reculé, mais la fameuse « pénibilité » n’est toujours pas prise en compte et se recycle en nouvelle promesse à venir !

Le processus du démantèlement réformiste de ce régime solidaire entre générations reste bien ici le même que celui de la Sécurité Sociale, ou plus largement des services publics (Education, Santé, Energie, Communication, Transports, etc.), aussi classique dans ses étapes que dans ses fausses questions, ses promesses et ses fausses « bonnes réponses ». Des arguments fumeux qui depuis longtemps ne cachent plus l’application d’une logique de privatisation générale de la société, et de casse des acquis sociaux !

Une casse sociale pour les caisses du Capital : quelle réforme ?

« Plus de bénéficiaires pour moins de cotisants » déséquilibrerait le système par répartition : argument matraqué qui se suffirait à ne pas se démontrer ! Et voilà comment la droite patronale veut réduire une question socio-économique majeure d’un choix de société à sa simple dimension de vieillissement démographique. Oubliant juste au passage de dire que le manque de cotisants et de recettes vient des licenciements, des faibles salaires, de la précarité et du chômage de masse, et qu’il est très lourdement aggravé par les multiples exonérations de cotisations offertes aux profits sur les salaires des actifs.

Car à bien y regarder, le péril du régime par répartition serait surtout celui d’une diminution politico-économique explicable des recettes, et non celui des dépenses qui répondent indiscutablement à des droits et besoins nécessaires, aussi individuels que collectifs. Mais ce « péril » qu’on nous annonce n’est pourtant bien qu’un vulgaire trompe-l’œil.

Le financement des retraites en l’état repose effectivement sur 3 leviers principaux : la durée et le montant des cotisations ainsi que le nombre de cotisants. Il y aurait donc trois options, et non pas une seule qui serait aussi favorable aux patrons que nuisible aux travailleurs :

– augmentation des annuités de cotisation (allongements collectif et individuel du temps de travail) ;

– augmentation du montant des cotisations (par le salaire brut socialisé, et donc par une hausse des salaires en redistribuant les profits) ;

– augmentation du nombre de cotisants (impliquant une politique vers le plein-emploi contre le chômage structurel de masse).

On veut nous faire croire que l’allongement du temps de travail est la seule et unique solution au péril agité. Non seulement c’est faux, mais cet allongement de cotisation dans l’actuelle structuration du marché conduit inévitablement à une baisse des montants et des durées des pensions, pour ceux qui survivront jusqu’à cet âge qui s’éloigne. Cotiser 42 ans, 44 ou 46, est presque impossible quand on arrive de plus en plus tard (études, stages, concurrence) sur « le marché de l’emploi », qu’on le quitte de plus en plus tôt (licenciements, préretraites, âgisme), et qu’on cumule du temps partiel à des périodes de chômage ! C’est cette quasi-impossibilité d’atteindre une retraite solidaire à taux plein qui conduit de fait à la retraite complémentaire par capitalisation, dans un choix de société inhumain creusant et glorifiant les inégalités sociales.

Une autre option existe bel et bien pourtant, interdite d’évocation : la répartition des richesses produites, par année et par accumulation. Depuis 30 ans en effet de réformes néolibérales, une part chaque année plus importante de cette richesse nationale est détournée de la rémunération du travail par transvasement vers l’enrichissement du Capital. Nous sommes ainsi passés de 60-40% en faveur du Travail à 60-40% en faveur du Capital. En somme, le profit annuel abreuve de plus en plus les possédants en manquant d’autant aux travailleurs et structures de répartition. Et ce alors que nos sociétés postindustrielles ont accumulé un niveau historique de richesses !

Conséquences concrètes d’une telle accaparation capitaliste: blocage ou baisse du salaire net et chute du salaire brut, chute du pouvoir d’achat, paupérisation des classes pauvres et déclassement des classes moyennes, assèchement des recettes finançant la Sécurité Sociale et le régime des retraites, dégradation des services publics et des conditions de vie.

Une convergence des luttes pour la justice sociale !

Ainsi cotisons-nous plus chaque année pour une retraite dont on voit régulièrement l’âge reculer, comme une carotte qui s’éloigne pour nous faire piétiner docilement dans l’exploitation ! Trimer, se taire et attendre l’espoir d’un repos serait accepter l’état d’esclavage que nous réserve le faux dieu Capital entouré de ses bras !

Les prolétaires restent plus nombreux que les exploiteurs, et nous n’aurons que ce que nous prendrons : alors plutôt lutter, se battre et reconstruire une véritable justice sociale pour un autre choix de société !

Nous voulons :

  • le retour à l’acquis social des 37,5 années de cotisations, pour un départ à taux plein à partir de 55 ans (intégrant les études, la pénibilité, le chômage et la maladie) ;
  • le remboursement des 10 dernières années d’exonérations de cotisations sociales ou patronales, et la revalorisation de leur montant actuel par redistribution des richesses produites ; ainsi que le remboursement des multiples « aides à l’emploi » perçues par les patrons ;
  • l’interdiction des licenciements dans les entreprises bénéficiaires, des créations d’emplois répondant aux besoins sociaux et écologiques, et la réorganisation du marché de l’emploi de façon à « travailler tous, moins et autrement ».


Retraites

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Une réflexion sur “ Recul des retraites et baisse des pensions : Capital contre Travail, acte IV ! ”

  1. il faut l’union des syndicats dans l’action si on veut faire reculer le pouvoir , et surtout pas de compromis ce sont les compromis du passé qui plombe les négociations d’aujourd’hui de l’argent on peut en trouver dans les super bénefice des entreprise , sur le bouclier fiscale , mais aussi sur les robots qui remplace l’homme l’excemple de peugeot il y trente 54000 ouvriés aujourd’hui a eine 10000 et une productions bien superieur et maintenant des chomeurs que le patron ne paye plus pour la securité social ni les versements pour les retraites , le plus grave est les patrons qui fermes eurs usine pour les reinstallé dans les pays les plus pauvre et les charges sont moindre et les salaires bien endessous de la france , asse …assé … de cette organisatio de cette société l faut en créer une autre plus juste plus humaine

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