Chomage intraitable et chomeurs maltraités!

49 000 demandeurs d’emploi supplémentaires inscrits en octobre, 64 000 en novembre, 45 000 en décembre : en tout 217 000 chômeurs de plus pour 2008, et 2009 s’annonce dramatique. Les dizaines de milliards d’euros de subventions annuelles en faveur des créations d’emplois n’auront alimentés que les profits !

Entre les effets de la crise et les effets d’aubaine traditionnels, le chômage de masse (structurel depuis bientôt 40 ans) menace d’exploser en France, comme autour de nous en Grèce, en Islande, en Italie ou en Espagne.

 

Chômage de masse : arme de la lutte de classe Patronale

 

Le chômage de masse surgit des années 1970  et s’est installé depuis, accepté de guerre lasse comme structurel au système économique depuis les alentours des années 1990. Il accompagne l’avènement du capitalisme financier (Réforme Nixon en 1971 puis « consensus de Washington » sous Reagan) sur le tremplin de l’ère industrielle, mondialisé par l’explosion technologique, dans les répercussions sociétales de sa marchandisation. L’individu devient variable d’ajustement du Marché, un pion de rentabilité pour possédants et actionnaires.

 

Ce chômage massif dans l’organisation du Travail s’avère un moyen efficace de réduire les coûts humains de production, et d’accroître ainsi le profit sans se soucier de la dégradation du salariat vers le précariat : ce chômage assure au Patronat un rapport de force favorable à ses exigences, si bien qu’en 30 ans ce sont 10% de la richesse nationale (PIB) qui sont passés des poches du Travail aux comptes du Capital. Ce dernier prélève un peu plus de 60% de cette richesse par an, et dans les 40 autres pourcent une partie lui reviendra encore ! La crise nous a montré que cet argent disparaît grandement dans des « trous noirs fiscaux », quand on s’étonne de l’appauvrissement du monde qui n’a jamais produit autant de richesses.

 

Ce phénomène peut être considéré comme structurel, puisque depuis 30 ans nous avons une disproportion annuelle constante de la demande (entre 4 et 6 millions d’inscrits sur les 8 catégories) en faveur de l’offre (entre 200 000 et 300 000 emplois disponibles). En somme le Marché en l’état ne permet pas d’avoir du travail pour tous, entretenant une « poche aspirante » qui menace les 20 millions d’actifs. On s’étonne peu alors de constater que les emplois proposés sont à 70 % dans le précariat, 1/3 à temps partiels et ½ en CDD de moins de 6 mois : les 30 % « d’emplois durables » proposés comprennent les CDI et CDD de plus de 6 mois ! Et on comprend le mécanisme économique qui aboutit à 7 millions de travailleurs pauvres, soit 30 % de la population active !

 

« Pôle Emploi » : pourvoyeur du précariat

 

Quand on dit chômage on pense au chiffre officiel du chômage, mais ce chiffre officiel ne comptabilise que la catégorie 1 du chômage. Pourquoi ? Aucune idée, mais le chômage se décline selon 8 catégories. N’apparaissent donc pas dans le chiffre officiel les demandeurs de CDD ou de temps partiels, d’emplois aidés « non disponibles immédiatement », les saisonniers,  les chômeurs en formation ou ceux des DOM. La catégorie 1 ne représente que 55 % des 8 catégories, et 50 % des chômeurs ne sont pas indemnisés donc non-inscrits dans ces catégories.

 

Précisons que depuis début 2009, l’instrument national de traitement du chômage est le « Pôle Emploi ». Autant qu’un flicage et un fichage, il s’agit d’un traitement essentiellement statistique qui sert à réduire les chiffres à défaut de pouvoir réduire le chômage. Ses deux principaux outils sont la radiation et la déclassification :

 

– La radiation fait complètement disparaître l’inscription de la comptabilité : le chômeur n’existe plus, non pas qu’il ait trouvé un emploi mais parce qu’il ne sera plus inscrit ni indemnisé. Ces 4 dernières années, la moyenne de cet outil est de 600 000 radiations par an : soit environ 2 millions de personnes qui ont servi de variable mensuelle à la communication politique des chiffres. La radiation définitive est la plus efficace, car le chômeur ne réapparaîtra pas dans les chiffres 2 ou 3 mois plus tard contrairement à la radiation temporaire. L’intermittence de cette dernière s’avère un trompe-l’œil à court terme, mais le mécanisme de la radiation sert les gouvernants en mettant le chômeur en difficulté dans ses dommages collatéraux ;

 

– La déclassification fait disparaître le chômeur du chiffre officiel par illusion d’optique. Le chiffre retenu étant celui de la catégorie 1, il s’agit juste de déclasser le chômeur de cette catégorie vers l’une des 7 autres catégories qui ne sont pas prises en compte. Le procédé est simple : il suffit d’effacer la croix d’une case pour en cocher d’autres, en persuadant que le principe de réalité exigerait de chercher des CDD et/ou des temps partiels plutôt qu’un CDI à temps plein, ou encore de faire une formation quelconque. Les « Conseillers Pôle Emploi » disposent désormais d’un « suivi individualisé mensuel » du chômeur pour le convaincre à l’usure, et l’obliger ensuite sous chantage de radiation à rejoindre le précariat salarié ou le précariat de l’exclusion.

 

Tout le monde ou presque passera à un moment ou à un autre par les cases de ce Pôle, sur la grille de ses statistiques et au feu de son traitement. Il se présente en aide et en conseils : méfiez-vous en, sous son costume il a un uniforme !

 

Prolétaires : seules la lutte et la solidarité payent !

 

Nous, chômeurs, précaires, exploités et dépossédés, refusons de payer la faillite du système financier et de subir les conséquences d’un modèle économique aussi inégalitaire que scandaleux et inadapté aux besoins collectifs.

 

Nous refusons la stigmatisation et le harcèlement institutionnalisés du Pouvoir comme de ses agents. Nous refusons de porter le fardeau du capitalisme dont nous dénonçons les scandales. Les gouvernants servant le Capital nous individualisent, nous catégorisent et nous divisent, mais nous savons ce que les opprimés ont de commun face aux oppresseurs.

 

Nous continuerons de nous battre au quotidien pour le respect de notre dignité, la garantie et l’avancée de nos Droits. Nous exigeons :

 

– les retraits des lois, textes, décrets et directives institutionnalisant la suspicion, le contrôle et la menace à notre encontre ;

– notre reconsidération sociale, l’augmentation massive des indemnités et des salaires, et la reconstruction d’un véritable système de solidarité ;

– la création immédiate d’emplois répondant aux besoins individuels et sociaux que le Marché supprime ;

– la complète répartition des richesses.

 

Sans Justice Sociale, pas de trêve au combat !

 

 

Pour télécharger le tract: Tract chomage