Romain Dunand condamné pour outrage : La « liberté d’expression » est un délit !‏

Communiqué de la CNT-FTE:

Face à la justice de classe, la solidarité est notre arme !

Condamnation minorée, mais condamnation confirmée. Romain Dunand, militant RESF du Jura et syndicaliste de la CNT a été condamné en appel, mercredi 26 novembre à 800 euros d’amende dont 600 euros avec sursis. Il avait été condamné en première instance, le 14 février 2008, à 800 euros ferme pour un message électronique envoyé le 19 décembre 2006 en protestation contre l’arrestation d’un militant RESF, Florimond Guimard, message dans lequel
il comparait la politique du ministre de l’Intérieur de l’époque (Sarkozy) à celle de Vichy.
 
Nous dénonçons avec fermeté cette condamnation, et tenons à remercier ici tous les soutiens de Romain. C’est en effet, et avant tout, une large mobilisation de solidarité qui a permis de faire reculer la «justice» et d’infléchir la peine.

Ce qui a été condamné, c’est un message de solidarité : une protestation parmi d’autres auprès du ministère de l’Intérieur au moment de la garde à vue de Florimond Guimard suite à une manifestation anti-expulsion. Florimond avait par la suite été relaxé de l’accusation farfelue de violence ; quant à la vraie violence, celle de la terreur des rafles et des expulsions massives, elle reste un combat quotidien.

Les mots d’ordre sont plus que jamais :
Fermeture des camps de rétention !
Régularisation de tou(te)s les sans-papiers !

Ce qui a été condamné, c’est une référence historique, confirmant la jurisprudence : faire allusion au régime de Vichy en interpellant un homme d’État sur la politique qu’il mène effectivement constitue bel et bien un délit. La xénophobie d’État actuelle et les grands moyens — légaux, administratifs, policiers — mis en œuvre… Chut ! Outrage.

 Ce qui a été condamné, c’est un engagement militant : quand ce n’est pas l’État qui s’en prend à la liberté d’expression, c’est le patronat qui sanctionne durement d’autres camarades, pour fait de grève par exemple à la Poste ou ailleurs.
 
Face à la répression syndicale et sociale,
la solidarité ne se divise pas !
La solidarité est notre arme !
 

CNT-FTE, 26 novembre 2008.