24 octobre : Journée nationale Universités sans-papiers

Affiche RUSFA Besançon, le RUSF Franche-Comté appelle à un rassemblement à 14h00 devant l’amphi Donzelot, faculté des lettres, 30 rue Mégevand.

À sa création en juillet 2006, le RUSF faisait le constat de l’extrême précarité des conditions de vie et d’études (logement, travail, aide sociale, etc.) des étudiants étrangers en France. Déjà en 2006, l’obtention d’un titre de séjour mention « Étudiant » relevait du parcours du combattant. En outre, l’instauration des CEF (Centres pour les Études en France) a permis de déplacer, dans une opacité totale, la sélection propre à l’immigration choisie dans les pays d’origine, et développe une logique dangereuse de traçage et de fichage de l’étudiant étranger, pour lequel tout est déterminé, du risque migratoire aux performances. Les étudiants qui parvenaient à obtenir des papiers souffraient, ensuite, des intrusions dans leur vie privée et universitaire des préfectures qui y cherchaient un prétexte pour refuser un renouvellement de titre de séjour. Quant aux étudiants qui n’avaient pas de papiers, ils vivaient déjà dans l’angoisse quotidienne d’un contrôle policier dans les transports en commun et d’une rafle dans un foyer, un café ou ailleurs.

En cette rentrée universitaire, le RUSF constate l’aggravation de la situation des étudiants étrangers. Malgré les dénégations de M. Hortefeux, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement, les préfectures ont profité du mois d’août et des vacances pour arrêter et expulser davantage de personnes sans papiers, dont des étudiants. Les préfets qui ne sont pas parvenus à faire leur quota de reconduites à la frontière imposé par le Président de la République (25 000 pour tout le territoire et l’année 2007) ont été convoqués le 12 septembre par M. Hortefeux. Nous rappelons que les expulsions ont augmenté de 150% entre 2002 et 2007 alors que dans le même temps la Roumanie et la Bulgarie, dont les ressortissants représentaient un peu moins d’un tiers des expulsés jusque-là, intégraient l’Union Européenne au 1er janvier 2007. Depuis les dernières élections, le président Sarkozy et le ministre Hortefeux entendent intensifier la chasse aux sans-papiers, quitte à saturer les tribunaux et les centres de rétention, et généraliser une immigration « choisie » selon les besoins des employeurs. Le RUSF s’indigne de cette marchandisation des migrants, qui réduit l’être humain à un produit consommable, alors même que l’accueil des étrangers représente, pour tout pays, la vraie richesse. Nous rappelons que chaque expulsion est un drame humain et nous refusons l’établissement de quotas de personnes à expulser qui conduit les préfectures à durcir leurs critères de délivrance de titres de séjour. Nous continuerons à dénoncer tous les modes de stigmatisations des étrangers et à nous battre contre toutes les formes de xénophobie et de mépris du principe de la dignité de la personne humaine, à commencer par celles qui s’institutionnalisent au sommet de l’État. Nous exigeons l’égalité de droit entre les étudiants et, en premier lieu, la garantie de l’obtention d’une carte de séjour pour toute inscription dans une université française. Afin de se faire entendre, le RUSF, réuni nationalement cet été, a décidé d’organiser une journée nationale d’action le 24 octobre.

RUSF