Quand les CAE s’en mêlent !

Un exemple de lutte contre la précarité :
Le Bilan (positif) de l’action du 29 mai au Conseil général et à l’IA de Seine-Saint-Denis (93).

La mobilisation des collègues CAE (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi) du collège Fabien à Saint-Denis, à l’initiative de la section CNT, a pris une autre ampleur ces dernières semaines.
A force de ténacité et de solidarité, et grâce à un soutien sans faille des sections syndicales de l’établissement, elle a ouvert la voie à une lutte qui concerne tous les CAE – plusieurs centaines à ce jour, dépendants du Conseil Général de Seine-Saint-Denis (CG) et de l’Inspection Académique (IA) – des collèges du département.
Refusant le traitement au cas par cas, ils ont décidé d’obtenir des rendez-vous au CG (collègues aux services d’entretien et de cantine) et à l’IA (collègues des services Vie Scolaire et administratifs), afin de porter des revendications appelant leurs employeurs à mettre fin à la précarité par la titularisation ou la contractualisation de toutes et tous.
Du coup, ils ont donné des idées à d’autres CAE des collèges Garcia Lorca de Saint-Denis et Louise Michel de Clichy-sous-Bois, informés de leur initiative, qui ont décidé de se joindre au mouvement et d’obtenir d’être reçus ensemble pour une lutte collective sur la question.
Soutenus par des pétitions largement signées dans les trois établissements, par la solidarité de collègues qui ont décidé la grève et/ou mis en place une caisse de soutien, ils ont, malgré les tergiversations et les réticences des services du CG jusqu’au dernier moment, organisé et réussi, le mardi 29 mai, deux rassemblements devant le CG puis devant l’IA, et obtenus, d’être tous reçus en délégation par ces deux instances, le même jour.
Mardi matin, le CG, en réunissant tous ses services compétents sur la question, a visiblement pris la mesure de la situation des précaires dans les établissements et de leur détermination à lutter. Renonçant explicitement à un traitement local de la situation au cas par cas, plusieurs annonces ont été faites qui vont dans le sens des revendications des CAE :

- Fin des recrutements en CAE et de la politique hérités de l’Etat, en 2004, avec la décentralisation.
- Résorption de la précarité par une note soumise au vote de l’assemblée du CG dès le mois de juin, projetant l’ouverture, à chaque rentrée, sur deux ans, de postes statutaires de la fonction publique à la hauteur d’un poste temps-plein pour deux contrats type CAE. Chaque CAE du département, avant la fin de son contrat, rencontrera les services compétents du CG, pour un examen de sa situation et la construction de ses perspectives, en vue d’occuper ces postes.
- Engagement à contractualiser, plus ou moins prioritairement – la délégation a bien insisté – celles et ceux qui n’ont pas la nationalité française et sont encore discriminés-es par le code de la fonction publique.
- Réévaluation globale et locale, sur un an, des postes ouverts dans les collèges du département sur le principe des besoins de la vie collégienne. Ce travail se fera avec les syndicats et avec tous les établissements. En attendant, une équipe de TOS « volants » sera mise en place, pour soutenir, quand c’est nécessaire, le travail des équipes des établissements.

Au terme de la rencontre, la délégation a pris acte, en rappelant sa vigilance pour qu’aucun-e ne « reste sur le carreau ». Au final, tous ceux qui sont ressortissants de l’Union européenne devraient rentrer, au plus tard sous deux ans, dans la fonction publique territoriale. Pour les non-ressortissants, ce sera la contractualisation. Un nouveau rendez-vous a été pris, fin juin, pour faire le point, au terme du vote de l’assemblée du CG.

La délégation de l’après-midi, reçue par M. Rouquette, adjoint de l’IA, a dû faire face à un discours, fleuron de l’incurie de l’Etat, beaucoup moins engageant. Les services académiques et départementaux attendent, pour fin juin, des directives ministérielles.
En attendant, malgré deux heures d’échange, notre interlocuteur n’a visiblement pas pris la mesure de la gravité de la situation et des revendications portées par la délégation, se contentant de palliatifs sans grande perspective (postuler d’ici la rentrée prochaine, pour des remplacements contractuels… sans débouché) et de propositions plutôt vides (passer des concours réservés… qui ne sont même pas ouverts, cette année).
Plus globalement, il pense qu’il serait nécessaire, aujourd’hui, de créer un « corps technique », pour couvrir des besoins en personnels qui sont apparus avec les emplois-jeunes et qui continuent d’être couverts par les CAE administratifs et Vie Scolaire… et d’autres besoins encore (que d’amalgames !) qui ne sont pas couverts comme la maintenance informatique. Ici, la lutte ne fait que commencer, nous n’en resterons pas là.

La CNT entend, comme elle l’a toujours fait, soutenir jusqu’au bout, ces conquêtes contre la précarité et l’emploi sans droit, par des pratiques de luttes collectives et solidaires.

CNT Education 93
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