Samedi 17 mars, rassemblement pour la reconnaissance du droit d’asile pour les femmes victimes de violences et/ou persécutées en tant que femmes.

Rassemblement place du 8 septembre à Besançon, de 14 h à 16h30 : Distribution de tracts, pétition, intervention de rue, percussions, chansons, jeu théâtral…

Discriminations, persécutions , publiques ou privées, partout dans le monde les femmes sont concernées !
Les violences faites aux femmes sont un « fait » universel, mais d’un pays à l’autre ces faits sont différemment qualifiés; de simples traditions admises chez les uns, à des délits ou crimes pour d’autres. En France, la lutte pour les droits des femmes a permis de faire reconnaître et condamner par la loi ces violences (en aggravant même, la peine infligée à l’ auteur quand celui-ci est le conjoint) .Les violences conjugales sont de plus en plus inadmissibles dans nos esprits, mais dans la réalité elles sont encore trop fréquentes. Les derniers chiffres révèlent qu’une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint. En France il est possible de dire non et de fuir un conjoint violent, mais ce n’est pas simple, pour cela il faut encore que la femme victime puisse sortir de l’isolement, de la honte et trouve un soutien à l’extérieur. La loi et les associations sont à ses côtés mais il manque encore des moyens .

Pour certaines femmes, en France, la loi renforce la dépendance conjugale!
Contrairement aux articles de la Constitution, toutes les femmes ne sont pas égales devant la loi. En effet si elles sont d’origine étrangère, mariées à un français ou à un étranger avec carte de séjour, la loi « Sarkozy » et ses décrets renforcent la dépendance juridique des femmes étrangères. (Cette loi s’applique également au hommes dans les mêmes conditions, mais elle est plus lourde de conséquences pour les femmes.) Selon la loi, ces femmes doivent justifier de 3 années de vie commune sans interruption, avant d’obtenir une carte de séjour personnelle ( 10ans) indépendante de leur situation maritale. Connaissant le problème de la violence conjugale, nous pouvons affirmer que certaines de ces femmes, doivent vivre durant ces 3 années selon le bon vouloir de leur conjoint, accepter : chantage, pressions, menaces et violences. Certes, les disposition de la loi ( Art 314.19) en cas de violences conjugales prouvées, demande aux autorités administratives de renouveler le titre de séjour lorsque la victime a rompu la communauté de vie du fait de ces violences. Nous savons par ailleurs que les femmes étrangères rencontrent plus de difficultés pour porter plainte ; que les poursuites et les condamnations des conjoints violents sont encore trop rares ( en général ; 34848 faits de violence enregistrés par la police et la gendarmerie, pour 9000 condamnations inscrites au casier judiciaire!*). Hors,bon nombre de préfectures sont très exigeantes sur les preuves des violences, et on enregistre une grande disparité entre les décisions prises ; ce qui laisse ces femmes étrangères, encore trop souvent, devant le choix inacceptable de garantir leur titre de séjour en France au détriment de leur indépendance, de leur santé psychique et physique, de leur vie dans les cas les plus graves.

Nous sommes aux côtés de ces femmes pour demander la régularisation administrative indépendamment de la procédure judiciaire engagée contre leur conjoint violent.

* rapport annuel 2006 de l’observatoire des délinquances.

 

La France terre d’asile ! ? à quand le droit d’asile pour les victimes de persécutions sexistes ?
Dans certains pays , c’est parce qu’elles sont femmes, que certaines sont l’objet de violences spécifiques ( mariages forcés, viols, exploitation et mutilations sexuelles, menaces de mort …) c’est aussi en tant que femmes que celles qui transgressent ou refusent les lois, les normes, les rôles, les contraintes et les discriminations machistes qui leur sont imposées, sont persécutées ou craignent de l’être. Trop souvent ces persécutions sont considérées comme des « litiges d’ordre privé ». Mais la discrimination entre sphères publique et privée est artificielle, on le sait très bien. Certaines formes de violences prohibées par la loi sont pourtant institutionnalisées et systématiques dans des sociétés fondées sur la domination masculine . En France, ce n’est que lorsque le problème des violences conjugales a été posé sur la place publique que, progressivement, les consciences individuelles et collectives ont permis après de longues années, de faire évoluer la loi .
Nous revendiquons le droit d’asile pour les femmes persécutées, non seulement à cause de leurs opinons politiques,religieuses ou de leur couleur de peau, mais aussi en tant que femmes victimes de discriminations et de violences sexistes .

Rejoignez-nous, signez la pétition ! Pour que les droits humains se conjuguent au féminin.

Sorcières Sans Frontières, Solidarité femmes,
27 rue Mégevand, 25000 Besançon