Campagne Internationale pour abroger l’article 7 de la constitution régionale du Kurdistan

Article 7Au Kurdistan comme ailleurs : non à la charia ! (communiqué de la CNT Besançon)

La constitution proposée à la région kurde d’Irak stipule : « Cette constitution déclare que la majorité des Kurdes s’identifient comme musulmans, aussi les principes fondamentaux de la Charia Islamique seront considérés comme une des sources principales de la législation » (Article 7). En clair, cette nouvelle constitution se base sur la Charia, cette vieille loi religieuse du 7ème siècle. Il n’est pas besoin de faire de longs discours pour démontrer ce que l’application de cette législation moyen-âgeuse impliquerait pour la population kurde, en particulier pour les femmes. Il suffit de voir les atrocités et restrictions des droits fondamentaux des femmes dans des pays comme l’Iran, l’Arabie Saoudite ou le Pakistan pour se rendre compte de ce que peut signifier une telle constitution. Et même dans les pays où la Charia est appliquée de façon plus modérée, elle signifie, comme toutes les lois religieuses d’ailleurs, inscrire l’inégalité des hommes et des femmes dans la constitution. Que ce soit pour des questions d’héritage, de mariage, de divorce, de garde des enfants et tant d’autres aspects de la vie quotidienne, cet article 7 signifiera que les femmes n’auront pas les mêmes droits que les hommes !

On sait qu’en plus, les imams, chefs tribaux ou féodaux et autres tenants du pouvoir patriarcal, sans même se plonger dans le Coran ou la Sunna, verront par cet article un moyen pour préserver et renforcer les pires traditions réactionnaires. Reconnaître la charia comme source principale du droit, c’est, dans une région comme le Kurdistan, reconnaître la légitimité des tribunaux religieux ou tribaux, comme ce fut le cas au mois d’août 2006 lorsque Saleh Ahmed, qui avait assassiné deux femmes, fut libéré après avoir payé une simple compensation financière aux familles des victimes.

Au Kurdistan comme ailleurs, la garantie des droits humains les plus basiques et des libertés démocratiques fondamentales implique la laïcité, c’est-à-dire la séparation complète de la religion et de l’Etat, ainsi que l’égalité entre hommes et femmes. Sans garanties des droits et libertés des femmes d’ailleurs, les droits et libertés de l’ensemble de la population ne sont que des mots creux.

Aussi, l’Union Locale CNT de Besançon apporte toute sa solidarité et tout son soutien à la campagne initiée par nos camarades de l’Organisation pour la Liberté des Femmes d’Irak pour le retrait de l’article 7 de la constitution kurde. Nous joignons notre voix à celles des féministes, des laïques et des progressistes du Kurdistan d’Irak pour réclamer l’abrogation de l’article 7 de la constitution, la laïcité et le refus de toute influence religieuse dans la future législation kurde et la pleine et entière égalité entre hommes et femmes. Besançon, le 6 février 2007

Pour plus d’infos sur cette campagne, rendez-vous sur site : http://www.dengekan.ca/article7/French.html