Eugène Pottier et l’Internationale…

linter.jpgEugène Pottier (Paris, 4 octobre 1816 – 6 novembre 1887), poète et révolutionnaire, écrivit les paroles de L’Internationale.

Eugène Pottier était un dessinateur sur étoffes. Il participa à la Révolution de 1848. Sous l’Empire, il est à l’origine de la création de la chambre syndicale des dessinateurs, qui adhère ensuite à la Première Internationale. Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870, puis prend une part active à la Commune de Paris, dont il est élu membre pour le 2ème arrondissement. Il participa aux combats de la Semaine sanglante puis s’enfuit en Angleterre. Il fut condamné à mort par contumace le 17 mai 1873 et s’exila aux États-Unis, d’où il organisa la solidarité pour les communards déportés.

Il acquit la célébrité en 1888, après la mise en musique de son poème L’Internationale par le musicien lillois Pierre Degeyter. [extraits de Wikipedia]

Debout les damnés de la terre
Debout les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère
C’est l’éruption de la fin
Du passe faisons table rase
Foules, esclaves, debout, debout
Le monde va changer de base
Nous ne sommes rien, soyons tout

C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain (bis)
L’Internationale
Sera le genre humain

Il n’est pas de sauveurs suprêmes
Ni Dieu, ni César, ni tribun
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes
Décrétons le salut commun
Pour que le voleur rende gorge
Pour tirer l’esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge
Battons le fer quand il est chaud.

L’état comprime et la loi triche
L’impôt saigne le malheureux
Nul devoir ne s’impose au riche
Le droit du pauvre est un mot creux
C’est assez, languir en tutelle
L’égalité veut d’autres lois
Pas de droits sans devoirs dit-elle
Egaux, pas de devoirs sans droits.

Hideux dans leur apothéose
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a crée s’est fondu
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

Les rois nous saoulaient de fumées
Paix entre nous, guerre aux tyrans
Appliquons la grève aux armées
Crosse en l’air, et rompons les rangs
S’ils s’obstinent, ces cannibales
A faire de nous des héros
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs
La terre n’appartient qu’aux hommes
L’oisif ira loger ailleurs
Combien, de nos chairs se repaissent
Mais si les corbeaux, les vautours
Un de ces matins disparaissent
Le soleil brillera toujours

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