Bourgeois : non au « chantage à l’emploi »

C’est à l’usine Bourgeois de Besançon maintenant que le patronat utilise le chantage à l’emploi pour imposer l’augmentation du temps de travail et la baisse de salaire. Chantage odieux de la part du PDG : soit le licenciement d’une centaine d’ouvriers, soit la suspension du 13ème mois et l’augmentation du temps de travail de 35 à 38 heures 30 ! D’ailleurs, même avec ces remises en cause des droits des travailleurs, rien n’est garanti pour l’emploi, et c’est la direction elle-même qui le dit, prévoyant alors « que » 50 licenciements !

Quel marché de dupes ! Quelle arnaque !! La proposition de la direction c’est de donner aux travailleurs le choix entre la peste et le choléra. Baisser les salaires en « suspendant » le 13ème mois ? Alors qu’avec des salaires de 1.200 euros primes comprises pour 18 ans d’ancienneté, les fins de mois sont déjà difficiles pour les travailleurs et les travailleuses ? Augmenter le temps de travail, alors que des millions de travailleurs sont privés d’emploi ?

Le discours de la direction de Bourgeois n’est ni nouveau ni original : « à cause des 35 heures », l’entreprise ne pourrait pas se battre « à armes égales » avec la concurrence. Déjà en 1848, lorsqu’il était question de baisser la journée de travail à 10 heures quotidienne, les patrons prévoyaient la fermeture des usines à cause de la concurrence anglaise ! Pour la journée de huit heures, pour les congés payés, pour toutes les conquêtes sociales, le discours du patronat a toujours été le même ! Aujourd’hui, pour éviter les licenciements, il faudrait augmenter le temps de travail… et les patrons oublient que lors du passage aux 35 heures, il en ont profité pour embaucher des aides publiques, geler les salaires ou accroître la flexibilité.

Chez Bourgeois comme dans toutes les usines et entreprises, le discours est le même : précarité, licenciements, baisse des salaires, augmentation du temps de travail, etc. pour les ouvrières et les ouvriers, et pour les patrons et les actionnaires, des profits en hausse ! Et si la direction de Bourgeois utilise le prétexte de la « mondialisation » pour justifier les mesures anti-ouvrières, on notera que les mêmes discours sont tenus aux travailleurs d’autres pays. Dans toutes les entreprises, dans tous les pays, c’est la même chose : la dictature des bourgeois pour empocher toujours plus de profit grâce à l’exploitation de la classe ouvrière !

Mais si les patrons imposent leur pouvoir, ce ne sont pas les bourgeois qui font tourner les usines ! Ce ne sont pas les actionnaires qui produisent les richesses ! Tout ce qui existe dans ce monde, toutes les marchandises et tous les services, n’existent que grâce aux travailleurs et aux travailleuses. Alors oui, en entrant toutes et tous ensemble dans la lutte, nous pouvons faire en sorte que la peur change de camp, nous pouvons imposer notre volonté et nos propres intérêts contre ceux de la bourgeoisie !

Ce n’est pas tel ou telle candidat ou candidate à l’élection présidentiel qui changera quelque chose, mais bien nous, les travailleuses et les travailleurs, en nous regroupant et en luttant toutes et tous ensemble. Comme nous avions pu faire reculer le gouvernement et le patronat sur le CPE, nous pouvons les faire reculer sur les licenciements et la dégradation de nos conditions de vie.

Alors oui ! Organisons-nous pour l’interdiction des licenciements sous peine de réquisition des entreprises ! Luttons contre toutes les dégradations de nos conditions de vie et de travail ! Et comme Bourgeois parle des « difficultés » de l’entreprise, que les ouvrières et ouvriers aient accès à tous les livres de compte, que le secret bancaire soit levé, que les travailleurs puissent contrôler ce qu’il en ait réellement et s’il faut que les emplois soient maintenus en prenant sur les richesses personnelles de la famille Bourgeois et des actionnaires ! Parce que tout ce que possèdent les patrons, c’est le fruit de la sueur et du travail des salariés !

Les usines, les entreprises, la production, c’est nous et nous seuls, travailleuses et travailleurs qui les faisons tourner ! Les patrons ont besoin de nous, mais nous, nous n’avons pas besoin d’eux !

Et au-delà des luttes nécessaires à mener dès aujourd’hui pour défendre nos conditions de travail, nos salaires, nos emplois et nos conquêtes sociales, l’arrogance du patronat, son chantage aux licenciements, et sa course effrénée aux profits, amène à devoir nous poser la question suivante : qui doit diriger ce monde, ceux qui exploitent le travail des autres, les bourgeois, ou celles et ceux qui produisent les richesses, les travailleuses et les travailleurs ?
UL CNT Besançon, 21 novembre 2006